La ligne fer­ro­viaire se­ra-t-elle sus­pen­due jus­qu’en 2019 ?

La SNCF a an­non­cé « la sus­pen­sion sine die » de la cir­cu­la­tion fer­ro­viaire entre Thiers et Mont­bri­son

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Sé­go­lène Per­ret se­go­lene.per­ret@cen­tre­france.com

Nou­veau re­bon­dis­se­ment dans le feuille­ton de la ligne fer­ro­viaire entre Mont­bri­son et Thiers, via Boën. Tan­dis que la SNCF an­nonce sa sus­pen­sion jus­qu’en 2019 au mi­ni­mum, les élus ré­gio­naux et lo­caux ne désarment pas.

«Les der­nières tour­nées d’ins­pec­tion des ou­vrages et de la voie réa­li­sées par SNCF Ré­seau confirment le diag­nos­tic du mau­vais état de l’in­fra­struc­ture entre Thiers et Mont­bri­son. Les cir­cu­la­tions fer­ro­viaires sont donc sus­pen­dues sur ce seg­ment », a an­non­cé la SNCF dans un com­mu­ni­qué, ven­dre­di 29 juillet. Lun­di, Pa­trick Mi­gno­la, vice­pré­sident dé­lé­gué aux transports à la Ré­gion Au­vergne Rhônes­Alpes, s’est dé­cla­ré « sur­pris de la dé­ci­sion de la SNCF […] car il avait tou­jours été ques­tion d’une sus­pen­sion pro­vi­soire, tem­po­raire pen­dant l’été, mais pas dé­fi­ni­tive ».

Le ser­vice de sub­sti­tu­tion par au­to­car se pour­suit

Les trois al­lers­re­tours quo­ti­diens entre Boën­sur­Li­gnon et Saint­Étienne, em­prun­tés par une soixan­taine de voya­geurs en gare boën­naise, ne re­pren­dront donc pas en sep­tembre et le ser­vice de sub­sti­tu­tion par au­to­car mis en place de­puis le 1er juin se pour­sui­vra.

La Ré­gion ne semble pour­tant pas l’en­tendre de cette oreille : « Pour la por­tion Saint­Étien­neC­ler­mont­Fer­rand, nous consi­dé­rons qu’il est in­en­vi­sa­geable que le train n’aille pas jus­qu’à Boën. Nous res­tons vi­gi­lants pour que les uti­li­sa­teurs ne soient pas les per­dants de ces sup­pres­sions de lignes tout en main­te­nant la des­serte des usa­gers par la mise en place de cars entre Thiers et Mont­bri­son. […] Ac­tuel­le­ment, nous sommes en pleine né­go­cia­tion et en plein tra­vail sur le dou­lou­reux pro­blème des pe­tites lignes », a in­sis­té Pa­trick Mi­gno­la.

Guillaume Bou­vier, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion SNCF Ré­seau Au­vergne Rhône­Alpes, jus­ti­fie le choix de l’en­tre­prise fer­ro­viaire : « Nous avons pris cette dé­ci­sion au re­gard de la sé­cu­ri­té des per­sonnes. Compte te­nu de la dé­gra­da­tion im­por­tante de la ligne, il est im­pé­ra­tif de réa­li­ser des tra­vaux. Sur cette ligne, il y a une cen­taine de ki­lo­mètres cri­tiques qui im­posent des ra­len­tis­se­ments, dont cinq ki­lo­mètres à re­faire au nord de Mont­bri­son ; à Champ­dieu par exemple, le train est li­mi­té à 60 km/h ». De tels tra­vaux ont bien évi­dem­ment un coût : « 8 à 10 mil­lions d’eu­ros pour per­mettre la cir­cu­la­tion entre Boën et Saint­Étienne, sa­chant qu’un ki­lo­mètre de voie re­nou­ve­lée re­ pré­sente près d’un mil­lion d’eu­ros ». Et Guillaume Bou­vier d’as­su­rer : « Si le con­seil ré­gio­nal dé­cide, avec l’État, d’af­fec­ter cette somme pour re­faire la voie, on fe­ra les tra­vaux à par­tir de 2019 pour que Boën soit le ter­mi­nus de cette ligne, la por­tion Boën­Thiers étant en­core plus vé­tuste. D’ici­là, la ligne est sus­pen­due jus­qu’en 2019. »

Une de­mande d’au­dit

À l’image de nom­breux élus du ter­ri­toire concer­nés par cette pro­blé­ma­tique, Ro­bert Re­geffe, conseiller mu­ni­ci­pal boen­nais et dé­lé­gué com­mu­nau­taire, n’a pas l’in­ten­tion de bais­ser les bras face à la SNCF, lui qui a lan­cé une pé­ti­tion il y a quelques mois, co­or­don­né les ren­ contres d’élus et en­voyé des cour­riers dans les mai­ries pour aler­ter élus et ha­bi­tants. Si le mon­tant des tra­vaux an­non­cé par la SNCF lui semble dé­me­su­ré, d’où « une de­mande d’au­dits pour avoir les vrais coûts », les dif­fé­rentes col­lec­ti­vi­tés prêtes à s’unir pour dé­ga­ger un fi­nan­ce­ment lui font gar­der es­poir de voir la si­tua­tion évo­luer. Il se ré­jouit éga­le­ment de « la vo­lon­té af­fi­chée de la Ré­gion de main­te­nir cette ligne ». Pa­trick Mi­gno­la ayant an­non­cé la mise en place « d’un plan d’en­ver­gure pou sau­ver la plu­part de ces pe­tites lignes ; à la fin du mois d’août, des ar­bi­trages vont être faits par la SNCF et nous res­te­rons vi­gi­lants sur ce point ».

3.500 si­gna­tures sur la pé­ti­tion pour sau­ver la ligne

Der­nier mo­tif de sa­tis­fac­tion pour l’élu boën­nais : « Nous sommes heu­reux que la mo­bi­li­sa­tion ne fai­blisse pas et de mon­trer qu’une pe­tite com­mune comme Boën est ca­pable de fé­dé­rer les éner­gies. » Au­jourd’hui, la pé­ti­tion lan­cée sur In­ter­net pour sau­ver la ligne compte quelque 2.700 si­gna­tures, Ro­bert Re­geffe an­non­çant un to­tal de 3.500 si­gna­tures en comp­tant celles re­cueillies dans les mai­ries.

Pro­chain épi­sode en sep­tembre.

PHO­TO : CA­MILLE MAZOYER

DÉ­CLA­RA­TION. « Pour la por­tion Saint-Étienne/Clermont-Fer­rand, nous consi­dé­rons qu’il est in­en­vi­sa­geable que le train n’aille pas jus­qu’à Boën », a in­sis­té Pa­trick Mi­gno­la, vice-pré­sident dé­lé­gué aux transports à la Ré­gion Au­vergne Rhônes-Alpes.

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