Une fa­mille au ser­vice de l’agri­cul­ture

Jean­Hec­tor (1738­1793) et Em­ma­nuel (1830­1902) de Pon­cins

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Ju­lien Gar­don

La fa­mille de Pon­cins, ou de Mon­taigne, a beau­coup oeu­vré pour le Fo­rez. No­tam­ment en ce qui concerne l’agri­cul­ture.

é à Mont­bri­son, Jean­Hec­tor de Pon­cins a beau avoir em­bras­sé une car­rière mi­li­taire, il s’est in­té­res­sé de très près à la ques­tion de l’agri­cul­ture. Grand pro­prié­taire, il a beau­coup ré­flé­chi sur une ques­tion qui, au XVIIIe siècle, com­men­çait à pas­sion­ner les ca­té­go­ries les plus ai­sées de la so­cié­té fran­çaise.

Le marquis consi­dé­rait d’ailleurs l’agri­cul­ture comme l’un des deux pi­liers de l’État, avec l’ar­mée. Il s’est donc at­te­lé à amé­lio­rer ce sec­teur, non sans avoir d’abord fait un cons­tat sans conces­sion.

Le Fo­rez peu­plé de « sque­lettes am­bu­lants »

À cause de l’état sa­ni­taire dé­plo­rable des étangs, le Fo­rez est peu­plé de « sque­lettes am­bu­lants », dans une ré­gion où l’es­pé­rance de vie est très basse. La fièvre fait des ra­vages consi­dé­rables, pous­sant à en­ter­rer les morts en de­hors des ci­me­tières, dans des villes qui servent « de ré­cep­tacle aux fu­miers, aux ani­maux cre­vés et à toutes les im­mon­dices qu’on y met en dé­pôt »… Pour lui, « les villes de Mont­bri­son et de Feurs sont des cloaques non seule­ment ca­pables d’en­tre­te­nir la fièvre, mais même d’in­tro­duire la peste dans le pays ».

Dans un ou­vrage qu’il a dé­dié au roi, Le Grand OEuvre de l’agri­cul­ture ,il livre le fruit de ses ré­flexions, pré­co­ni­sant le dé­ve­lop­pe­ment des prai­ries ar­ti­fi­cielles, l’éta­blis­se­ment de clô­tures, le re­boi­se­ment des terres, une bonne uti­li­sa­tion du fu­mier ou en­core l’amé­na­ge­ment des berges des cours d’eau. Il pré­co­nise éga­le­ment l’en­sei­gne­ment agri­cole au col­lège et lors de la messe do­mi­ni­cale.

Pour fa­ci­li­ter l’ac­ti­vi­té agri­cole, il in­vente même la bêche de 18 pouces, « l’ins­tru­ment le plus par­fait et la base de la meilleure agri­cul­ture ». Autre idée sur­gie de l’es­prit de cet homme in­ven­tif, l’uti­li­sa­tion, en temps de paix, des mi­li­taires pour les tâches agri­coles. Pour Jo­seph Ba­rou, de Vil­lage de Fo­rez, l’homme a d’ailleurs « tou­jours con­ duit ses gens comme une ar­mée en cam­pagne », avec pour leit­mo­tiv « ordre et cé­lé­ri­té ».

Plus tard, le fils de JeanHec­tor, Jean­Pierre, de­vien­dra pré­sident de la So­cié­té d’agri­cul­ture et de com­merce de Mont­bri­son et maire de Feurs (18081816), puis son pe­tit­fils, Em­ma­nuel, ce­lui de SaintCyr­les­Vignes. Mais c’est dans le do­maine agri­cole qu’il lais­se­ra, lui aus­si, une em­preinte im­por­tante dans le Fo­rez, puis­qu’il a lan­cé 1884 le Co­mice de Feurs.

À l’ori­gine de la So­cié­té hip­pique

In­con­tour­nable au­jourd’hui, ce ren­dez­vous or­ga­ni­sé trois se­maines avant Pâques était alors ou­vert aux es­pèces bo­vines, ovines, por­cines et à la vo­laille, per­met­tant à la viande de se re­trou­ver, plus tard, sur les tables des fêtes de Pâques. Et ain­si d’ai­der les pro­duc­teurs.

Éga­le­ment fon­da­teur du Syn­di­cat de la Loise pour l’as­sè­che­ment des ma­rais, le marquis Em­ma­nuel de Pon­cins est à l’ori­gine, en 1857 avec Fran­cisque Ba­laÿ, de la créa­tion de la So­cié­té d’en­cou­ra­ge­ment pour l’éle­vage des che­vaux de la Loire, de­ve­nue la So­cié­té hip­pique de la Loire. Et ce mal­gré de nom­breuses ré­ti­cences, mais grâce à de so­lides ap­puis. Près de 160 ans plus tard, le « Chan­tilly du Fo­rez » est plus vi­vant que ja­mais.

Ar­ticle réa­li­sé avec Vil­lage de Fo­rez, le groupe d’his­toire du centre so­cial de Mont­bri­son, d’où pro­viennent les illus­tra­tions.

JEAN-HEC­TOR DE PON­CINS. Le marquis a beau­coup oeu­vré pour l’agri­cul­ture lo­cale, in­ven­tant no­tam­ment la bêche de 18 pouces.

EM­MA­NUEL DE PON­CINS. Le pe­tit-fils de Jean-Hec­tor de Pon­cins, Cyr-les-Vignes, a lan­cé le Co­mice de Feurs en avril 1884.

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