« C’est une si­tua­tion ubuesque »

L’im­pri­me­rie de la plaine de Mont­bri­son est dans la tour­mente

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Jean-Fran­çois Vernet jean-francois.vernet@cen­tre­france.com

L’im­pri­me­rie de la plaine de Mont­bri­son (IPM) est au bord du re­dres­se­ment ju­di­ciaire. En cause, l’ac­qui­si­tion d’une ma­chine en ob­so­les­cence pro­gram­mée en 2006 et une clause qui contraint JeanF­ran­çois Mau­rice à ver­ser en­core 32.000 € à l’un des trois prê­teurs. Une somme que l’en­tre­prise mont­bri­son­naise n’a pas en tré­so­re­rie…

«C’est notre tren­tième an­née d’exis­tence et je n’ai ja­mais eu d’im­payé. Nous sommes une pe­tite en­tre­prise avec quatre em­ployés que j’ai tou­jours payés. Mais ces gros groupes se fichent de mettre quatre per­sonnes au chô­mage. Ils conti­nuent à nous mettre la pres­sion. Ce sont des re­quins », lance, écoeu­ré, Jean­Fran­çois Mau­rice, le di­rec­teur de l’Im­pri­me­rie de la plaine de Mont­bri­son (IPM).

Voi­ci la pe­tite im­pri­me­rie mont­bri­son­naise condam­née par le tri­bu­nal de com­merce de Pa­ris à payer 26.000 € à Sie­mens, l’un des trois prê­teurs (lea­sers) qui a fi­nan­cé la lo­ca­tion de la ma­chine et 6.000 € à Fabre bu­reau­tique in­for­ma­tique, le four­nis­seur sté­pha­nois d’une ma­chine Xe­rox « en ob­so­les­cence pro­gram­mée », se­lon le di­rec­teur d’IPM. C’est cette im­pri­mante qui est à l’ori­gine de la mésa­ven­ture dans la­quelle IPM est plon­gée.

En 2006, l’im­pri­me­rie in­ves­tit, sous la forme d’une lo­ca­tion, dans une ma­chine de marque Xe­rox, pour une du­rée de cinq ans. « J’avais dé­jà loué trois ma­ chines lors des douze der­nières an­nées et ce­la s’était plu­tôt bien pas­sé », confie Jean­Fran­çois Mau­rice. À chaque fois, trois lea­sers se char­geaient de lui prê­ter de l’ar­gent. Mais cette ma­chine qua­li­fiée de « fan­tôme » par l’in­té­res­sé, s’est avé­rée être un mau­vais in­ves­tis­se­ment. « Au bout de deux ans et de­mi, on a dû in­ves­tir dans une autre, tout en conti­nuant de payer la lo­ca­tion de cette ma­chine to­ta­le­ment à l’ar­rêt. On a payé sur cinq ans 120.000 € de loyer et 60.000 € de main­te­nance pour un ap­pa­reil qui ne fonc­tion­nait pas », dé­ve­loppe­t­il. Mais l’his­toire ne s’ar­rête pas là. Une clause du contrat pré­voyait la pos­si­bi­li­té pour les lea­sers de se faire payer une an­née de plus, ce que Sie­mens dé­ci­da de faire. « Je n’avais pas connais­sance de cette clause, je fai­sais confiance à l’agent com­mer­cial que je cô­toyais de­puis douze ans. Quand à Sie­mens, c’est le mas­to­donte qui veut tout écra­ser. Je leur ai ver­sé 3.000 €. Je ne peux pas faire mieux si­non je mets quatre per­sonnes à la porte et je ferme bou­tique. C’est une si­tua­tion ubuesque. Pour ma part, j’ac­cuse sur­tout Fabre bu­reau in­for­ma­tique qui, se­lon moi, a mal fait son tra­vail de con­seil. Si c’est ce­la la re­la­tion client… », dé­plore­t­il.

Mais l’en­tre­pre­neur fo­ré­zien ne compte pas faire ap­pel de la dé­ci­sion du tri­bu­nal de com­merce de Pa­ris, faute de fi­nances. « J’ai sur­tout en­vie de sor­tir de cette si­tua­tion », as­sure­til, fa­ti­gué par cette his­toire.

MÉSA­VEN­TURE. Jean-Fran­çois Mau­rice es­père pou­voir sor­tir son en­tre­prise de cette af­faire qui dure de­puis 2006.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.