Une Es­cale-dé­cou­verte ap­pré­ciée

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Forez Est -

Par­mi la ving­taine d’Es­cales­dé­cou­vertes pro­po­sées, tout l’été, par l’Of­fice de tou­risme de Fo­rez­enLyon­nais, il en est une par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­ciée et de­man­dée chaque an­née : la vi­site de la base des ra­dars al­le­mands. Une soixan­taine de per­sonnes, en ma­jo­ri­té is­sues des Monts du Lyon­nais, cô­té Loire et cô­té Rhône, s’y sont pres­sées alors que plu­sieurs di­zaines d’autres ont été re­fu­sées.

Plus au­cune photo de l’époque

Tous ces par­ti­ci­pants ont écou­té at­ten­ti­ve­ment les ex­pli­ca­tions de Jean­Claude Voute, d’Aveize, qui ac­com­pagne cette vi­site de­puis quatre ans, ac­com­pa­gné par la fa­mille Du­puy, pro­prié­taire des ter­rains. Jean­Émile Du­puy se sou­vient de cette pé­riode où il avait 16 ans… En avril 1943, les Al­le­mands ont dé­ci­dé d’ins­tal­ler des ra­dars à Cha­zelles­sur­Lyon : deux ra­dars de grande dé­tec­tion à La Mor­nan­dière pour contrô­ler le tra­fic jus­qu’à Mi­lan, et deux ra­dars de pré­ci­sion à La Qui­nar­dière jus­te­ment. Ces deux bases abri­taient une des plus puis­santes sta­tions de ra­dio dé­tec­tion de la France oc­cu­pée.

Mais de ces ins­tal­la­tions, il ne reste que des ruines, hé­las, et pas de photo. Mais si quelque lec­teur dé­tient une de ces images d’époque, il est prié de se faire connaître à l’Of­fice de tou­risme de Fo­rez­enLyon­nais.

Sur ce vaste ter­rain fut ins­tal­lé un ca­ser­ne­ment pour 400 à 500 hommes. Il en res­tait seule­ment 250 fin août 1944 lors du dé­man­tè­le­ment de la base. Sur des vides sa­ni­taires en pierres, les construc­tions en bois ont été in­cen­diées par les Al­le­mands, à leur dé­part… Ne res­tent que des ruines man­gées par la vé­gé­ta­tion, des che­mi­nées or­phe­lines et une belle cave.

Les anec­dotes de Jean-Claude Voute

Et tant de sou­ve­nirs, d’anec­dotes rap­por­tés par M.Du­puy : le sou­ve­nir de cet Ober­leut­nant Wolf­gang Reiff qui jouait du vio­lon de­vant chez lui et qui veilla à ce que tout se passe bien avec la po­pu­la­tion lo­cale, la vi­site de son épouse après son dé­cès ac­ci­den­tel en voi­ture en fé­vrier 1945, le pas­sage des sol­dats qui mon­taient aux bains douches de Cha­zelles, le dé­part le 20 août par Che­vrières plu­tôt que par Cha­zelles. Et en­core au­jourd’hui, des trou­vailles dans les ter­rains de di­verses pièces de guerre…

Jean­Claude Voute, pas­sion­né de la Se­conde Guerre mon­diale, a re­la­té les dif­fé­rents épi­sodes de la Ré­sis­tance dans les Monts du Lyon­nais, de la chasse al­le­mande sur les avions et no­tam­ment la dé­tec­tion de ce­lui de Saint­Exu­pé­ry.

Mal­gré les pre­mières gouttes de l’orage qui s’an­non­çait, les vi­si­teurs n’étaient pas pres­sés de quit­ter le site, sus­pen­dus aux lèvres de leurs chro­ni­queurs et avides d’en savoir da­van­tage… Cer­tains avaient même dé­jà fait cette vi­site.

SOU­VE­NIRS. Jean-Claude Voute pré­sente la plaque d’en­trée du camp : « Ter­rain mi­li­taire, pas­sage in­ter­dit, on tire sans ap­pel ».

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