Ba­layer de­vant sa porte

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping - Pierre-Oli­vier Vé­rot

Puisque le monde est dé­ci­dé­ment trop com­plexe. Puisque les phé­no­mènes qui semblent le conduire à sa perte nous dé­passent de si haut. Puisque même les ré­vo­lu­tion­naires ont du mal à par­ler du « grand soir ». Parce que l’on se sent de plus en plus mi­sé­rables face aux en­jeux et aux dé­fis qui nous at­tendent. Parce que les puis­sants le sont chaque jour da­van­tage. Et sur­tout parce que, face à tous ces écueils, la ten­ta­tion est forte de lais­ser tom­ber, de se foutre de tout, de mettre ses propres mi­sères sur le dos des autres. L’idée est au contraire de re­prendre la main sur ce qui est à notre por­tée. Nous consta­tons la dé­gra­da­tion de notre en­vi­ron­ne­ment ? Nous n’al­lons pas chan­ger la po­li­tique in­dus­trielle chi­noise ou le mode de vie amé­ri­cain, mais com­men­çons par faire l’ef­fort de trier nos dé­chets, de consom­mer lo­cal, de prendre en compte cette don­née dans nos achats. Notre so­cié­té est une ma­chine à ex­clure et à di­vi­ser ? Ten­tons, à notre échelle, dans notre quo­ti­dien, de ne pas par­ti­ci­per à l’os­tra­ci­sa­tion et à la mé­fiance gé­né­ra­li­sées. Nos contem­po­rains nous déses­pèrent par­fois (sou­vent) ? Ac­cep­tons que nous au­rons du mal à les chan­ger et ef­for­çons-nous de pas­ser le maxi­mum de temps avec ceux qui nous donnent le sou­rire, nous font ré­flé­chir, nous émeuvent. Su­bir, râ­ler, bais­ser les bras, tout ce­la est fac­teur de frus­tra­tions. Agir est au contraire un bon an­ti­dote à l’ai­greur. Et même si on le fait un peu, c’est tou­jours ça de pris, un pe­tit ef­fort et un soup­çon de cou­rage dont on pour­ra se fé­li­ci­ter. Ba­layer de­vant sa porte, c’est rendre une toute pe­tite par­celle du monde un peu plus propre.

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