Des pa­piers vo­lés ou trou­vés ?

Un qua­dra­gé­naire in­ter­pel­lé après un feu dans un squat

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Pri­son avec sur­sis pour un in­di­vi­du in­ter­pel­lé après un dé­but d’in­cen­die dans un squat, à Saint-Étienne, dans la nuit du 11 au 12 août. In­con­nu des ser­vices de po­lice, ce qua­dra­gé­naire avait été re­trou­vé en pos­ses­sion de plu­sieurs do­cu­ments vo­lés. Lui af­firme les avoir ra­mas­sés par terre.

Comment un homme d’une qua­ran­taine d’an­nées, pos­sé­dant un ca­sier ju­di­ciaire vierge, peut­il se re­trou­ver en com­pa­ru­tion im­mé­diate de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne pour de simples vols avec dé­gra­da­tion ? La faute à « une pé­riode d’es­ca­lade en ma­tière de dé­lin­quance », ré­vé­le­ra Ma­rielle Ro­mier, sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, lors de ses ré­qui­si­tions.

« Ra­mas­ser par terre c’est vo­ler ? »

In­ter­pel­lé dans la nuit du 11 au 12 août alors que sa­peurs­pom­piers et po­li­ciers in­ter­viennent pour un dé­but d’in­cen­die dans un squat, place Ju­lesGuesde à Saint­Étienne, cet in­di­vi­du a été re­trou­vé en pos­ses­sion de di­vers do­cu­ments dé­cla­rés vo­lés quelques jours plus tôt.

Deux per­sonnes ont por­té plainte pour des vols com­mis dans leur vé­hi­cule res­pec­tif, rue des Frè­resC­happe, dans le même quar­tier. L’un était ou­vert mais l’autre a eu la vitre ar­rière bri­sée. Ché­quier, carte grise, at­tes­ta­tion d’as­su­rance, au­to­ra­dio, por­te­feuille, ti­ckets res­tau­rant, lu­nettes de so­leil… Plu­sieurs de ces pa­piers ont été trou­vés sur un homme qui ex­plique aux en­quê­teurs avoir trou­vé tout ça « dans la rue » et qu’il a mis le tout dans ses poches. « Si ra­mas­ser quelque chose par terre, c’est vo­ler, alors oui, j’ai vo­lé », iro­nise­t­il. « Oui mon­sieur, prendre quelque chose qui ne vous ap­par­tient pas, c’est du vol », lui ré­pond la pré­si­dente du tri­bu­nal, Mu­riel Guillet.

L’ar­gu­ment semble faire mouche. Le pré­ve­nu pré­fère à pré­sent contes­ter les dé­gra­da­tions. « Je n’ai rien cas­sé », com­mente un homme qui ad­met que l’une des voi­tures était ou­verte. Quant à l’in­cen­die du squat, il l’a in­vo­ lon­tai­re­ment dé­clen­ché en « met­tant le feu à quelques pa­piers pour avoir un peu de lu­mière ». Il n’est d’ailleurs pas pour­sui­vi pour ces faits­là.

Pri­vé de gaz, ex­ploi­té au tra­vail

Ce qua­dra­gé­naire, do­mi­ci­lié à La Grand­Croix, ne vit plus dans l’ap­par­te­ment qu’il loue dans la val­lée du Gier. « J’ai eu une grosse fac­ture à payer et j’ai un échéan­cier mais on m’a cou­pé le gaz », dé­clare ce­lui qui per­çoit le re­ve­nu de so­li­da­ri­té ac­tive (RSA) et une aide per­son­na­li­sée au lo­ge­ment (APL). À la barre, il avoue qu’il tra­vaille sur les mar­chés, au noir, trois fois par se­maine, à rai­son d’une tren­taine d’eu­ros par jour de tra­vail. « Je n’ai rien vo­lé, rien dé­truit, rien dé­gra­dé », conclut­il.

Troi­sième garde à vue de­puis le dé­but du mois

« Des pro­pos pas ex­trê­me­ment cré­dibles », es­time Ma­rielle Ro­mier qui pense qu’« une ex­per­tise psy­cho­lo­gique ou psy­chia­trique pour­rait être utile » pour cet homme qui avoue une in­sta­bi­li­té de­puis qu’il a dé­cou­vert le corps de sa mère qui s’est sui­ci­dée. La sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique re­quiert « trois mois de pri­son as­sor­tis d’un man­dat de dé­pôt à l’en­contre de ce qua­dra­gé­naire qui a dé­jà été pla­cé en garde à vue à deux re­prises de­puis le dé­but du mois ; des af­faires de vols re­con­nus qui se­ront ju­gées en fé­vrier pro­chain.

Pour Me Phi­lippe Ci­ze­ron, c’est un in­ci­dent sur­ve­nu en gare de SaintÉ­tienne Châ­teau­creux qui a « com­plè­te­ment per­tur­bé » son client. « Le train est par­ti avec son vé­lo et son sac alors qu’il avait quit­té le wa­gon quelques mi­nutes », ex­plique l’avo­cat d’un homme qu’il juge « ex­ploi­té avec un sa­laire de “ma­nard ”. Il a com­pris l’aver­tis­se­ment. »

Re­laxé pour les dé­gra­da­tions com­mises sur un vé­hi­cule, son client a été condam­né à trois mois de pri­son avec sur­sis­mise à l’épreuve (SME) pen­dant deux ans et obli­ga­tion de tra­vail et de soins.

SI­NISTRE. Le vo­leur pré­su­mé avait été in­ter­pel­lé lors d’un in­cen­die dans un squat de Saint-Étienne, place Jules-Guesde.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.