Ma­rie Ron­del, guide du prieu­ré de Champ­dieu de­puis plus de dix ans

Ori­gi­naire de Champ­dieu, l’ani­ma­trice cultu­relle as­sure les vi­sites de­puis plus de dix ans

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

En plein coeur de Champ­dieu, l’un des vil­lages de ca­rac­tère du dé­par­te­ment de la Loire, trône fiè­re­ment le Prieu­ré bé­né­dic­tin. Un site vieux de 1.000 ans, qui at­tire la cu­rio­si­té de mil­liers de vi­si­teurs chaque an­née. Ma­rie Ron­del conte l’his­toire de cet édi­fice re­li­gieux de­puis 2006.

Champ­dieu fait par­tie des onze com­munes la­bel­li­sées Vil­lage de ca­rac­tère par le Dé­par­te­ment. Ses rues pa­vées, ses for­ti­fi­ca­tions res­tau­rées et son em­blé­ma­tique prieu­ré donnent à ce lieu des al­lures de vil­lage mé­dié­val. Il est le fruit de mille ans d’his­toire. À l’ori­gine, un groupe de moines au­ver­gnats est ve­nu fon­der le fa­meux prieu­ré et bâ­tir une église dans le plus pur style ro­man au­ver­gnat.

Tout ce­la, la Champ­dio­late Ma­rie Ron­del le sait sur le bout des doigts. L’ani­ma­trice cultu­relle, re­ve­nue en dé­cembre 2005 dans son pays na­tal, as­sure les vi­sites du prieu­ré et plus lar­ge­ment du vil­lage. Ins­tal­lée au sein de la Porte de Bise, ves­tige res­tau­ré des for­ti­fi­ca­tions si­tué à l’en­trée du vil­lage, elle ac­cueille et ren­seigne les vi­si­teurs avec un sou­rire et une bonne hu­meur com­mu­ni­ca­tifs. Plus à l’aise au mi­lieu des vieilles pierres qu’en pu­blic, ses études ne la pré­des­ti­naient pour­tant pas à de­ve­nir guide. Ti­tu­laire d’une maî­trise d’His­toire de l’art, après être pas­sée par le col­lège Ma­rio­Meu­nier et le ly­cée Beau­re­gard à Mont­bri­son, la jeune femme s’ima­gi­nait faire car­rière dans la res­tau­ra­tion de mo­nu­ments his­to­riques. « C’était mon sou­hait lorsque j’ai en­ta­mé ces études. Mais les écoles se si­tuent à Pa­ris et je ne me voyais pas vivre quatre ans là­bas », concède celle qui a sui­vi son cur­sus uni­ver­si­taire à Lyon.

Ma­rie Ron­del a fi­na­le­ment si­gné son Contrat d’ac­com­pa­gne­ment à l’em­ploi (CAE) ­ de­ve­nu CDI en 2007 ­ quelques se­maines seule­ment après être avoir quit­té les bancs de la fac. De nou­velles mis­sions lui ont pro­gres­si­ve­ment été confiées si bien qu’en dix ans, l’ac­cueil tou­ris­tique a gran­de­ment évo­lué. « La Porte de Bise ve­nait tout juste d’ou­vrir lorsque je suis ar­ri­vée. J’ai ra­pi­de­ment tra­vaillé sur l’ex­po­si­tion per­ma­nente sur “Moines et bâ­tis­seurs au­tour de l’an mil ”. En pa­ral­lèle, je gère le site In­ter­net de la com­mune, je me suis pen­chée sur les Noc­turnes au prieu­ré, que nous pro­po­sons chaque été. On a ré­cem­ment ou­vert le Tré­sor des prieurs… », dé­ve­loppe­t­elle. De­puis trois ans, Ma­rie Ron­del s’oc­cupe éga­le­ment des cas­tings pour les spec­tacles de ces soi­rées es­ti­vales. Des re­pré­sen­ta­tions théâ­trales qui suc­cèdent à ses vi­sites com­men­tées du prieu­ré, pour les­quelles elle avoue avoir en­core un lé­ger stress, mal­gré son ex­pé­rience et sa connais­sance du su­jet : « C’est à chaque fois une confron­ta­tion au pu­blic. On ne sait ja­mais sur qui on va tom­ber, quelles vont être les ré­ac­tions. Il y a par­fois des groupes un peu ta­tillons qui tentent de po­ser la ques­tion piège. Mais j’ai tou­jours une ré­par­tie, une blague pour bot­ter en touche », sou­rit la guide qui, mal­gré une ai­sance somme toute na­tu­relle, n’a ja­mais son­gé à s’es­sayer au théâtre pour rendre ses vi­sites en­core plus vi­vantes. « Mon dis­cours, c’est moi qui l’ai ré­di­gé. Je le dis avec mes in­to­na­tions et mes propres vannes. Je ne pour­rais pas feindre en ré­ci­tant un texte », sou­ligne­t­elle.

« Sym­pa de le voir à tra­vers le re­gard des vi­si­teurs »

Lors­qu’elle parle de « son » prieu­ré, Ma­rie Ron­del ne triche pas. « C’est su­per sym­pa de le voir à tra­vers le re­gard du pu­blic, qui porte un oeil neuf des­sus. Per­son­nel­le­ment, je le connais de­puis que je suis toute pe­tite. Pour moi, c’était d’abord la salle des fêtes du vil­lage, se re­mé­more­t­elle. Mais j’ai au­jourd’hui une re­la­tion très af­fec­tive avec le prieu­ré. S’il y a la moindre dé­gra­da­tion, je le prends contre moi. » À 35 ans et après plus de dix an­nées pas­sées au pied de son prieu­ré, comment la guide champ­dio­late en­vi­sage­t­elle la suite de sa car­rière ? « C’est dif­fi­cile de se pro­je­ter. Je ne me voyais pas for­cé­ment res­ter dix ans ici, mais plu­tôt re­joindre un site plus im­por­tant, un poste où il me se­rait de­man­dé moins de po­ly­va­lence. Mais le fait d’avoir chaque an­née des pro­jets per­met de gar­der de l’in­té­rêt et de re­le­ver de nou­veaux dé­fis. » Que les vi­si­teurs et les élus champ­dio­lats se ras­surent, la gar­dienne du prieu­ré n’a pas en­core fait ses va­lises.

« J’ai une re­la­tion très af­fec­tive avec le Prieu­ré… »

EN­FANT DU PAYS. Ma­rie Ron­del a gran­di à Champ­dieu avant de pour­suivre ses études à Lyon. Elle est re­ve­nue en 2005 pour conter aux vi­si­teurs l’his­toire de Champ­dieu, vil­lage de ca­rac­tère au riche pa­tri­moine ar­chi­tec­tu­ral.

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