Deux nuits pour mieux connaître les chauves-sou­ris

La 20e Nuit in­ter­na­tio­nale de la chauve­sou­ris a lieu les 26 et 27 août dans le dé­par­te­ment

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ju­lien Gar­don

Deux soi­rées per­met­tront aux cu­rieux d’ap­prendre beau­coup sur ces pe­tits mam­mi­fères vo­lants en­core trop mé­con­nus.

Pi­pis­trelle com­mune, bar­bas­telle d’Eu­rope ou noc­tule com­mune, « les chauves­sou­ris font l’ob­jet de nom­breux pré­ju­gés. Le but de l’opé­ra­tion est de sen­si­bi­li­ser les gens. » Pour Mé­la­nie Hi­goa, char­gée de mis­sion pa­tri­moine na­tu­rel à la Frap­na Loire et spé­cia­liste des chau­ves­sou­ris, il s’agit de « dé­mys­ti­fier les pré­ju­gés concer­nant ces pe­tites bêtes ». La 20e Nuit in­ter­na­tio­nale de la chauve­sou­ris de­vrait y contri­buer.

Long­temps igno­rées par le monde des cher­cheurs « Lors d’un ser­vice ci­vique, j’ai re­cher­ché des co­lo­nies de re­pro­duc­tion. Puis je me suis pas­sion­née pour cette es­pèce » MÉ­LA­NIE HI­GOA Frap­na Loire

Non, elles ne s’ac­crochent pas aux che­veux. Elles ne pompent pas le sang non plus… Pour Mé­la­nie Hi­goa, toutes ces mé­con­nais­sances sont dues au fait que les chauves­sou­ris ont long­temps été igno­rées par les cher­cheurs. « Ce­la fait moins d’une tren­taine d’an­nées que le monde des na­tu­ra­listes s’y in­té­resse et les étu­die. Du coup, il y a en­core énor­mé­ment de choses à dé­cou­vrir les concer­nant. »

Mais les re­cherches ef­fec­tuées ont d’ores et dé­jà mis en avant quelques élé­ments, no­tam­ment les dif­fé­rents ha­bi­tats. « À la belle sai­son, elles se re­groupent en co­lo­nies de re­pro­duc­tion, dans les ca­vi­tés des arbres ou dans les grottes. Les mâles sont moins exi­geants, il ne leur faut pas grand­chose. Comme l’ar­rière d’un vo­let, par exemple. »

L’hi­ver en re­vanche, les chauves­sou­ris hi­bernent pour éco­no­mi­ser leur mé­ta­bo­lisme et re­prendre de l’éner­gie, car les res­sources ali­men­taires se font rares. « Elles se nichent alors dans des ca­vi­tés d’arbre ou dans des tun­nels d’an­ciennes voies fer­ro­viaires. Cer­taines pré­fèrent res­ter dans des bâ­ti­ments désaf­fec­tés. »

Le sys­tème d’écho­lo­ca­li­sa­tion

nt la chasse, les chauves­sou­ris se nour­rissent ex­clu­si­ve­ment d’in­sectes ce qui, autre pré­ju­gé, la dis­tingue du ron­geur. « Si vous avez une chauve­sou­ris dans votre gre­nier, elle ne s’at­ta­que­ra pas à l’iso­la­tion », pour­suit Mé­la­nie Hi­goa. Sa zone de pré­da­tion se si­tue dans les bois ou les bo­cages, par­fois même sous les lam­pa­daires en mi­lieu ur­bain.

Pour se dé­pla­cer, les chau­ves­sou­ris uti­lisent le sys­tème d’écho­lo­ca­tion, en émet­tant des ul­tra­sons. « Ceux­ci se pro­pagent, re­bon­dissent puis re­viennent. Ce­la leur per­met de sa­voir ce qu’il y a au­tour d’elles seule­ment à l’oreille. Ce sont les seuls mam­mi­fères à uti­li­ser ce sys­tème avec les dau­phins. Ce sont en tout cas les seuls mam­mi­fères vo­lants qui existent. »

Si elles uti­lisent l’écho­lo­ca­tion, les chauves­sou­ris ne sont pas aveugles. Même mu­nies de tout pe­tits yeux, « elles voient peu­têtre mieux que nous les hu­mains, car elles ar­rivent à re­pé­rer un insecte ».

« Une es­pèce me­na­cée »

C’est cet uni­vers que la Nuit in­ter­na­tio­nale des chauves­sou­ris per­met­tra de dé­cou­vrir afin d’en sa­voir plus sur un ani­mal à pro­té­ger. « Chaque fe­melle ne fait qu’un pe­tit par an, il n’y a donc pas de risque de pro­li­fé­ra­tion. Mais du coup, il s’agit d’une es­pèce me­na­cée. »

ÉCOPÔLE DU FO­REZ. Le site de Chambéon abri­te­ra la soi­rée du sa­me­di 27 août consa­crée aux chauves-sou­ris.

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