Bo­bèche, poète des rues et chan­son­nier mont­bri­son­nais

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrisonnais Vie Locale -

D’où vient le sur­nom de Bo­bèche don­né à Jean-Ma­rie Gi­raud, poète et chan­son­nier des rues, né à Mont­bri­son en 1844 ?

Peut­être, avec un brin de mo­que­rie, est­ce dû à son style mar­gi­nal quand, vê­tu de redingote et cha­peau me­lon, il va de porte en porte ré­ci­ter ou chan­ter ses poèmes et com­plaintes en échange de quelque obole. Il écrit aus­si à la de­mande pour une fête fa­mi­liale ou une cé­ré­mo­nie pu­blique.

Amou­reux de la dive bou­teille, il qué­mande pour « sa cuite », en rai­son de « la soif qui l’étreint tout le jour » dans un poème où il se dé­peint « Bo­bèche, rê­veur so­li­taire » ré­cla­mant la pi­tié pour son « mal­heu­reux sort ».

Dès seize ans et or­phe­lin de père, il ap­prend le mé­tier de char­ron qu’il exerce en­core quand il se ma­rie en 1876 avec Ma­rie Bou­let, une ou­vrière ma­te­las­sière, qui lui donne dix en­fants dont la moi­tié dé­cède en bas âge. Comme son dur la­beur lui pro­voque de ter­ribles dou­leurs, il va voir la « dame de l’ap­pa­ri­tion » à Val­len­sanges et s’en trouve sou­la­gé au point qu’il se met à écrire des vers ré­gu­liè­re­ment à par­tir de 1895.

Ses poèmes ne sont ja­mais édi­tés, Bo­bèche se contente de les faire im­pri­mer sur une feuille vo­lante qu’il dis­tri­bue dans les rues de Mont­bri­son au bon vou­loir de qui veut bien les ache­ter.

L’écri­vain Paul Léau­taud connaît Bo­bèche dès 1904 mais ce n’est qu’en 1921 qu’il écrit à son su­jet dans la re­vue lit­té­raire « Le Mer­cure de France ». Trop tard pour la gloire de Bo­bèche qui est mort en 1913 dans l’hos­pice des ma­lades.

BO­BÈCHE. Un poète bien connu des col­lec­tion­neurs et des car­to­philes.

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