Un pi­lote qui porte haut le rêve « d’Icar »

Aux ma­nettes du 22e mee­ting aé­rien in­ter­na­tio­nal de Roanne, di­manche 11 sep­tembre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Au­ré­lie Mar­cha­dier au­re­lie.prud­homme@cen­tre­france.com

De­puis 2014, Flo­rian Chavroche cha­peaute l’or­ga­ni­sa­tion du mee­ting aé­rien pour l’In­ter­club aé­ro­nau­tique roannais (Icar). Dans le sillage de ce pi­lote de ligne chez Air France, une équipe de 300 bé­né­voles pas­sion­nés...

L e mo­ment est gra­vé dans sa mé­moire. Dans le ciel roannais, « par un mer­cre­di après­mi­di en­so­leillé », l’ado­les­cent d’une quin­zaine d’an­nées vit, à bord d’un Ro­bin DR­400, son bap­tême de l’air. « J’étais dans la troi­sième di­men­sion. On m’avait lais­sé un peu pi­lo­ter. Tout de­ve­nait pos­sible », se re­mé­more Flo­rian Chavroche. Une ex­pé­rience « ma­gique » qui conforte le jeune homme dans son rêve : de­ve­nir pi­lote de ligne.

Pa­tiem­ment, Flo­rian fait ses gammes au­près des Ailes roan­naises. As­si­du, le ga­min du Co­teau passe tout son temps libre sur le bord des pistes à re­gar­der les avions dé­col­ler de­puis l’as­phalte de Saint­Lé­ger­sur­Roanne. Au­près des clubs de la pla­te­forme, il ap­prend. Vite. À 17 ans, il ob­tient son bre­vet de pi­lo­tage pri­vé. « J’ai su vo­ler avant de sa­voir conduire. Per­sonne ne me croyait », sou­rit­il en­core. Le dé­but d’une longue pro­gres­sion dans les airs.

De di­plôme en for­ma­tion, Flo­rian en­chaîne en ef­fet les ex­pé­riences comme lors de son ser­vice na­tio­nal dans l’ar­mée de l’air où il oeuvre en tant qu’as­sis­tant de contrô­leurs aé­riens. « Un poste idéal pour re­pé­rer les er­reurs des pi­lotes à ne pas com­mettre ». Une fois ses bre­vets pro­fes­sion­nels en poche, il s’en­vole un temps pour les États­Unis, faute de dé­bou­chés dans l’Hexa­gone. « L’avia­tion était fan­tas­tique là­bas mais la France me man­quait trop », confesse­t­il. Il re­bon­dit alors dans sa ré­gion na­tale comme ins­truc­teur aux Ailes roan­naises du­rant six ans. « Un re­tour aux sources qui m’a per­mis d’en­ri­chir mon pi­lo­tage. »

Mais l’en­vie des vols au long cours et l’idée de de­ve­nir pi­lote de ligne le te­naillent. Au dé­but des an­nées 2000, il concré­tise alors son pro­jet : in­té­grer Air France, « La ré­fé­rence. C’est une com­pa­gnie qui per­met de pi­lo­ter les avions les plus mo­dernes et où il est pos­sible d’évo­luer en per­ma­nence ». Flo­rian Chavroche trans­porte dé­sor­mais quelque 500 pas­sa­gers à tra­vers le globe, aux ma­nettes du Boeing 777. Le « triple sept », un mythe.

Mais c’est en Roannais où il a ses at­taches qu’il fait es­cale. « C’est l’aé­ro­port de Roanne qui m’a per­mis d’évo­luer. Il s’agit certes d’une pe­tite pla­te­forme de pro­vince mais elle dé­borde d’ac­ti­vi­té grâce aux as­so­cia­tions qui la font vivre et gran­dir ». Et de rap­pe­ler : « Roanne et son aé­ro­port sont le ber­ceau de nom­breuses vo­ca­tions aé­ro­nau­tiques : mé­ca­ni­ciens, contrô­leurs, in­gé­nieurs, pi­lotes mi­li­taires et ci­vils… Les exemples se comptent par di­zaines. C’est une pé­pi­nière. Et le mee­ting aé­rien y est pour beau­coup ! ».

Dif­fi­cile en ef­fet d’évo­quer la car­rière du pi­lote sans par­ler du grand ras­sem­ble­ment bis­an­nuel or­ga­ni­sé par Icar, l’In­ter­club aé­ro­nau­tique roannais. « Pe­tit dé­jà, le mee­ting était le ren­dez­vous in­con­tour­nable de la fa­ mille ». De la vente de billets à la tour de contrôle, Flo­rian Cha­ve­roche s’est frot­té à tous les postes. De­puis 2014, il est même à la tête du co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion. « C’est un tra­vail col­lec­tif qui n’est pos­sible que grâce à l’in­ves­tis­se­ment des 300 bé­né­voles des six clubs or­ga­ni­sa­teurs », re­place le res­pon­sable de 44 ans. Pas de voyage sans équi­page et pas de mee­ting sans toutes ces pe­tites mains qui oeuvrent en coulisses !

De­puis un an, avec son co­mi­té, il s’ac­tive pour pro­po­ser un ren­dez­vous à la hau­teur des at­tentes. « Pas ques­tion de faire deux fois le même mee­ting ! Même s’il y a de la concur­rence entre les grandes concen­tra­tions aé­ro­nau­tiques fran­çaises, on es­saie de se co­or­don­ner et de re­nou­ve­ler le pla­teau. Cette an­née en­core, l’in­con­tour­nable Pa­trouille de France, fi­dèle, se­ra de la par­tie. C’est le clou du spec­tacle. 30 à 40 % des spec­ta­teurs viennent spé­cia­le­ment pour elle ». Du Haw­ker Hur­ri­cane de la Royal air force (RAF) aux War­birds qui pas­se­ront en ra­se­mottes, le pla­teau 2016 s’an­nonce de haut vol ce 11 sep­tembre.

Sé­cu­ri­té ren­for­cée en ce 11 sep­tembre

Soixante­dix aé­ro­nefs ci­vils et mi­li­taires sont at­ten­dus pour huit heures de show aé­rien. D’un pe­tit avion qui si­mu­le­ra une si­tua­tion de per­di­tion à un acro­bate qui dé­fie­ra la pe­san­teur en mar­chant sur les ailes en plein vol. « Le mee­ting, c’est comme un match de foot. Entre la té­lé et le ter­rain, il y a un monde : il faut écou­ter l’am­biance, les bruits des mo­teurs… », s’en­thou­siasme dé­jà Flo­rian Cha­ve­roche qui es­père at­ti­rer sur place le plus large pu­blic.

Reste une in­cer­ti­tude : en ce 11 sep­tembre, date an­ni­ver­saire des at­taques aé­riennes aux États­Unis, et après la sé­rie d’at­ten­tats sur le sol fran­çais, les spec­ta­teurs se­ront­t­ils au ren­dez­vous ? « On a éta­bli un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té très consé­quent et qui n’a rien à voir avec les autres édi­tions. C’est in­com­pa­rable », en­tend ras­su­rer l’or­ga­ni­sa­teur qui es­père sé­duire entre 15.000 à 20.000 vi­si­teurs. « La vraie réus­site se­rait de sus­ci­ter des vo­ca­tions, de don­ner en­vie aux gens de se lan­cer dans l’aé­ro­nau­tique en mon­trant que vo­ler, ce n’est pas si com­pli­qué », ré­sume le pas­sion­né.

« Pas ques­tion de faire deux fois le même mee­ting » « Roanne et son aé­ro­port, ber­ceau de nom­breuses vo­ca­tions aé­ro­nau­tiques »

SHOW. « L’ob­jec­tif est de pro­po­ser un spec­tacle aé­rien qui tienne le pu­blic en ha­leine 8 heures du­rant. »

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