La Fo­ré­zienne Anne­Fré­dé­rique Royon pri­vée de Jeux pa­ra­lym­piques

La ca­va­lière fo­ré­zienne ne par­ti­ci­pe­ra fi­na­le­ment pas aux JO de Rio mais…

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Anne-Fré­dé­rique Royon au­rait dû faire par­tie de la dé­lé­ga­tion fran­çaise qui s’est en­vo­lée pour les Jeux pa­ra­lym­piques de Rio. Un clash sur­ve­nu avec le staff lors des cham­pion­nats d’Eu­rope de pa­ra-dres­sage en 2015 a bru­ta­le­ment chan­gé la tra­jec­toire de la ca­va­lière de Gré­zieux-le-Fromental. Elle ne re­grette rien mais rêve d’un re­tour écla­tant sur la scène in­ter­na­tio­nale.

lle af­firme qu’elle se­ra de­vant sa té­lé­vi­sion « si une chaîne re­trans­met le concours de pa­ra­dres­sage » et as­sure qu’elle ne cultive au­cune ran­coeur. En tout cas, pas à l’en­contre des quatre ca­va­liers qui dé­fen­dront les cou­leurs de la France lors des Jeux pa­ra­lym­piques de Rio qui dé­butent ce jeu­di. Anne­Fré­dé­rique Royon est moins ca­té­go­rique vis­à­vis de la dé­lé­ga­tion tri­co­lore qui en­cadre et ac­com­pagne celles et ceux dont elle au­rait dû être la co­équi­pière. Le conflit est pa­tent, la­tent. Il date d’il y a un an.

« Je ne pou­vais plus tra­vailler avec ces gens-là »

À cette époque, la ca­va­lière de Gré­zieux­le­Fromental est qua­li­fiée pour les cham­pion­nats d’Eu­rope de pa­ra­dres­sage qui se dé­roulent à Deau­ville. Tra­jec­toire ful­gu­rante que celle de cette Stéphanoise de nais­sance, re­pé­rée en 2012 au Cadre noir de Sau­mur, la pres­ti­gieuse École na­tio­nale d’équi­ta­tion (ENE), lors d’un stage de dé­tec­tion pour ca­va­liers han­di­sports. À quelques heures du dé­but de la com­pé­ti­tion, elle ap­prend qu’elle ne fe­ra fi­na­le­ment pas par­tie de l’équipe de France alors qu’elle est consi­dé­rée comme l’une des meilleures ca­va­lières de l’Hexa­gone.

« Ce­la fai­sait deux ans que je mon­tais un peu par­tout en France et en Eu­rope pour ga­gner des points pour cette équipe et que je m’en suis re­trou­vée ex­clue sans au­cune ex­pli­ca­tion, lâche Anne­Fré­dé­rique Royon dans un rire amer. Je l’ai très mal vé­cu. » Au point de re­fu­ser toute nou­velle convo­ca­tion en équipe na­tio­nale et de fi­nir par ti­rer un trait sur son rêve : par­ti­ci­per aux Jeux pa­ra­lym­piques de Rio. « Je ne re­grette rien, as­sure la ca­va­lière. Je ne pou­vais plus tra­vailler avec ces gens­là. »

Huit ans plus tôt, la vie de cette jeune femme de 26 ans qui se des­ti­nait à une car­rière de pro­ fes­seur de phi­lo­so­phie ou de fran­çais a dé­jà bas­cu­lé, au sens propre comme au fi­gu­ré. Un jour de jan­vier 2004, la voi­ture que condui­sait son ami de l’époque, a dé­ra­pé sur une route du Roan­nais. Pluie ver­gla­çante et traces d’hy­dro­car­bures. Le des­tin.

Anne­Fré­dé­rique Royon a été gra­ve­ment bles­sée. Té­tra­plé­gique. Dix jours de co­ma et un an d’hos­pi­ta­li­sa­tion du­rant le­quel elle se lie d’ami­tié avec une ki­né­si­thé­ra­peute qui l’aide à re­mon­ter à che­val ; sa pas­sion de­puis que son oncle, alors gé­rant d’un parc ani­ma­lier à Cour­zieu, dans le Rhône, l’a fait mon­ter pour la première fois. « J’avais trois ans, ex­plique Anne­Fré­dé­rique Royon. Je ne m’en rap­pelle pas mais mes pa­rents m’ont ra­con­té que j’ai pleu­ré dès qu’on m’a obli­gé à des­cendre. »

Elle pra­ti­que­ra l’équi­ta­tion de 9 à 16 ans, mul­ti­pliant les stages équestres et les sor­ties à che­val, mais elle se­ra contrainte d’ar­rê­ter pour se consa­crer à ses études. Car l’ado­les­cente est brillante. Bac­ca­lau­réat scien­ti­fique pour la ly­céenne pas­sée par le col­lège de Val­be­noîte et le ly­cée Claude­Fau­riel qui, après la ren­contre avec son pre­mier pro­fes­seur de phi­lo­so­phie, dé­cide fi­na­le­ment de re­non­cer à l’Ins­ti­tut na­tio­nal des sciences ap­pli­quées (In­sa) de Lyon pour une pré­pa­ra­tion aux lettres.

Avec Qua­ter­boy, la ca­va­lière du Forez est per­sua­dée de pos­sé­der un che­val d’ex­cep­tion

Cette le­çon de vo­lon­té, de dé­ter­mi­na­tion et de cou­rage est ré­com­pen­sée dès 2013 avec une mé­daille d’or aux cham­pion­nats de France de pa­ra­dres­sage. La ca­va­lière fo­ré­zienne tra­vaille avec l’écuyer Marc­An­dré Mo­rin et sa nou­velle ju­ment, J’adore. C’est le dé­but d’une col­la­bo­ra­tion fruc­tueuse mar­quée par l’in­té­gra­tion en équipe de France, deux ans seule­ment après ses pre­miers pas dans la dis­ci­pline. La suite, c’est une car­rière in­ter­na­tio­nale pro­met­teuse bru­ta­le­ment stop­pée. Où plu­tôt mise entre pa­ren­thèses car cette femme de 38 ans n’est pas du genre à re­non­cer dé­fi­ni­ti­ve­ment.

Voi­là main­te­nant deux ans que la ca­va­lière de Sport et loi­sirs équestres du Mont­bri­son­nais (Slem) tra­vaille sous la hou­lette de Cé­dric Mo­ran­din, ca­va­lier pro­fes­sion­nel de dres­sage. Ce Lan­dais de nais­sance est ve­nu s’ins­tal­ler à Cha­lain­d’Uzore pour suivre son épouse qui

MON­TURE. La ca­va­lière de Sport et loi­sirs équestres du Mont­bri­son­nais (Slem) tra­vaille de­puis deux ans avec Qua­ter­boy.

DUO. « Un che­val, ça ne triche pas », dixit Anne-Fré­dé­rique Royon.

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