« Il ne faut vrai­ment pas avoir de chance pour être fou­droyé »

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale L'actu -

Pour tout néo­phyte, la chasse aux orages re­vêt un ca­rac­tère énig­ma­tique. Da­vid Dre­vet dé­voile les des­sous de sa passion pour les éclairs.

Comment sait-on qu’un orage va avoir lieu à un en­droit et à un mo­ment pré­cis ? Il existe des ap­pli­ca­tions sur In­ter­net per­met­tant de re­cou­per les dif­fé­rentes pré­vi­sions ; on ar­rive qua­si­ment à sa­voir où il pleut en temps réel. Il y a aus­si une foule de ca­rac­té­ris­tiques à ana­ly­ser pour vé­ri­fier qu’un orage pour­rait se dé­clen­cher : la pré­sence d’hu­mi­di­té, le vent, le point de ro­sée… Si tous les té­moins sont au vert, on est ca­pable d’af­fi­ner le lieu à quelques ki­lo­mètres près, voire à quelques cen­taines de mètres.

Comment pou­vez-vous être sûr d’être au meilleur en­droit pour prendre le cli­ché ? Il faut étu­dier les cartes pour dé­tec­ter les points hauts, tout en res­pec­tant les règles de sé­cu­ri­té. J’uti­lise no­tam­ment Street view pour dé­fi­nir le meilleur spot, c’est­à­dire l’en­droit d’où on va se pos­ter.

Quels sont les risques que vous pre­nez ? Le risque prin­ci­pal est de se faire fou­droyer. Mais il y a aus­si le vent qui peut cas­ser des branches d’arbres et la grêle, éga­le­ment très dan­ge­reuse, y com­pris pour les voi­tures qui sont par­fois abî­mées. On peut se faire fou­droyer sur une zone très large et pas seule­ment sur le point d’im­pact de la foudre, ap­pe­lé po­wer flash. Il faut aus­si évi­ter la proxi­mi­té avec les lignes élec­triques et des trans­for­ma­teurs, les croix, les arbres, les an­tennes... Il est aus­si pré­fé­rable évi­ter de se po­si­tion­ner à flanc de col­line.

Quelles pré­cau­tions pre­nez-vous pour évi­ter les ac­ci­dents ? Il y a une marche à suivre quand on ar­rive sur un spot et res­pec­ter des consignes de sé­cu­ri­té. On doit se mettre à une dis­tance conve­nable de nos voi­tures, à 50 mètres maxi­mum, pour pou­voir se re­plier ra­pi­de­ment si la si­tua­tion de­vient trop dan­ge­reuse, no­tam­ment en cas de grêle. Le mieux est de se ga­rer sous un es­pace abri­té. On es­saie éga­le­ment d’évi­ter les lignes haute­ten­sion.

Avez-vous peur ? Sur le coup, on ne se rend pas tou­jours compte des dan­gers mais on les réa­lise après. C’est sûr qu’on prend un risque mais il ne faut vrai­ment pas avoir de chance pour être fou­droyé et la pro­ba­bi­li­té est mince, même si on prend des risques me­su­rés. Quand l’im­pact est à moins de 200 mètres, on sent par­fois de pe­tits pi­co­te­ments. Là, l’adré­na­line est à son maxi­mum.

Qu’est-ce qu’une pho­to d’éclairs réus­sie ? Lors­qu’on réa­lise des pho­tos de nuit, les éclairs vont sou­vent avoir des ra­mi­fi­ca­tions, contrai­re­ment aux pho­tos de jour où les ra­mi­fi­ca­tions se noient dans la lu­mière.

Quelles sont les dif­fé­rentes sortes d’éclairs ? Il y a les in­tra­nua­geux qui res­tent dans les nuages, l’im­pact et le spi­der, qui res­semblent à une toile d’arai­gnées et qui reste dans le ciel. Chaque pho­to est unique. On re­vient par­fois avec 200 ou 300 pho­tos mais seule­ment deux ou trois sont ex­ploi­tables..

Quelle mé­thode uti­li­sez­vous ? De jour, on uti­lise le dé­tec­teur d’éclairs ; de nuit, on fait des pauses longues de 30 se­condes. On ac­tive le dia­phragme de l’ap­pa­reil pho­to avec la té­lé­com­mande, toutes les trente se­condes.

Quel est le coût de cette passion ? L’équi­pe­ment mi­ni­mum com­prend un ap­pa­reil pho­to (bridge), un tré­pied et une té­lé­com­mande. On peut trou­ver l’en­semble pour moins de 200 eu­ros mais le ré­sul­tat fi­nal dé­pend beau­coup du coût de l’équi­pe­ment.

PHO­TO : DA­VID DRE­VET- DR

SÉ­CU­RI­TÉ. « Il y a une marche à suivre quand on ar­rive sur un spot pour suivre les consignes de sé­cu­ri­té ».

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