Près de 5.000 € de pré­ju­dice

Une Mont­bri­son­naise abu­sait d’un homme

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Huit mois ferme pour une qua­dra­gé­naire dé­jà « bien connue de la jus­tice » et condam­née à plu­sieurs re­prises. Elle a été re­con­nue cou­pable de faux, d’usage de faux et d’abus de confiance sur un ha­bi­tant de Saint-Jean-Soleymieux. Elle a pro­fi­té de la naï­ve­té de ce der­nier pour uti­li­ser son ché­quier. Lar­ge­ment.

Ni pré­ve­nue, ni vic­time à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne ce jeu­di 8 sep­tembre. Au re­gret de Ro­land Cuer car le pré­sident ne cache pas qu’il « au­rait bien ai­mé in­ter­ro­ger ce mon­sieur » qui a dé­po­sé une plainte il y a en­vi­ron un an.

39 chèques pour 4.700 €

Le 22 sep­tembre 2015 exac­te­ment. Aux gen­darmes, le mal­heu­reux a ex­pli­qué qu’il avait consta­té que plu­sieurs chèques avaient été « ti­rés » sur son compte alors qu’il n’a ja­mais fré­quen­té les com­merces de Saint­Jean­Soleymieux dans les­quels ces do­cu­ments avaient été dé­po­sés. Plu­sieurs bars no­tam­ment. Le même hom­ me a éga­le­ment ex­pli­qué qu’il avait ren­con­tré une femme en 2013 qui est très cer­tai­ne­ment im­pli­quée dans cette his­toire. Trois condam­na­tions fi­gurent au ca­sier ju­di­ciaire de cette Mont­bri­son­naise de nais­sance condam­née dès 2005 pour vol mais aus­si pour contre­fa­çon par la suite.

Au to­tal, les en­quê­teurs par­viennent à re­cen­ser 39 chèques entre jan­vier et juillet 2014 sur le compte d’une vic­time qui, as­sez vite, a eu des doutes. « Elle m’a dit qu’elle pen­sait que c’était une de ses amies et qu’elle al­lait ré­gler le pro­ blème », a ex­pli­qué l’homme, par­ti­cu­liè­re­ment naïf puis­qu’il a fal­lu un an et de­mi avant qu’il « com­mence à com­prendre » et se dé­cide à en­ta­mer une ac­tion ju­di­ciaire. « Le ché­quier dis­pa­rais­sait mais il re­ve­nait chaque fois, alors… », a ten­té d’ex­pli­quer le plai­gnant.

5.000 € avec la carte ban­caire mais…

« C’est après être al­lé voir les com­mer­çants qu’il a dû ad­mettre qu’il s’était fait ber­ner, pour­suit le pré­sident. On ima­gine quel type de re­la­tion de­vaient en­tre­te­nir ces deux­là… », glisse le ma­ gis­trat qui évoque un pré­ju­dice de 4.700 € pour les chèques mais éga­le­ment de 5.000 € pour des pré­lè­ve­ments et des paie­ments ef­fec­tués avec la carte ban­caire « ca­chée sur l’ar­moire ». Mais là, im­pos­sible de prou­ver que le pro­prié­taire a été du­pé. Sur­tout que le bon code a été uti­li­sé.

La pré­ve­nue a fi­ni par re­con­naître qu’elle avait bien fal­si­fié la si­gna­ture sur les chèques et elle a « pro­po­sé des so­lu­tions pour rem­bour­ser. Comme cette ins­crip­tion à un concours de be­lote (sou­rire)… C’en est presque co­mique », avoue le pré­sident Cuer. Un échéan­cier a fi­ni par être éta­bli : 100 € par mois et un pre­mier ver­se­ment en mai 2016. Suf­fi­sant pour que la vic­time re­tire sa plainte.

Pour cette femme « dé­jà bien connue, condam­née à des jours­amendes pour des faits si­mi­laires, qui a bé­né­fi­cié d’une peine as­sor­tie d’un sur­sis­mise à l’épreuve (SME) jus­qu’en juin 2015 et que rien ne semble ar­rê­ter », la sub­sti­tut du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, Anne­Laure de La­coste avait re­quis quatre mois ferme. Elle a éco­pé du double.

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