Jess, 1,58 mètre de ta­lents conden­sés

La me­neuse de re­vue peau­fine le nou­veau spec­tacle du ca­ba­ret Élé­gance à Re­nai­son

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Au­re­lie Mar­cha­dier au­re­lie.prud­homme@cen­tre­france.com

Aus­si à l’aise au chant qu’en danse, ce poids plume s’est fait une place de choix dans l’uni­vers feu­tré du ca­ba­ret. À quelques heures du lan­ce­ment de la nou­velle re­vue en Roan­nais, Jess lève une part du mys­tère.

Les muscles sont en­do­lo­ris. Les yeux un peu cer­nés. « Les gens n’ima­ginent pas le tra­vail der­rière les strass et les paillettes… » Après des jours de ré­pé­ti­tion, la fa­tigue se fait sen­tir. Pour­tant, Jess ne se dé­par­tit pas de son large sou­rire. Elle tré­pigne même à l’idée de re­trou­ver la scène re­nai­so­naise. Ce sa­me­di 17 sep­tembre, avec une quin­zaine d’autres ar­tistes, Jessica Spitalieri pré­sen­te­ra le tout nou­veau spec­tacle du ca­ba­ret Élé­gance.

Un ren­dez­vous à ne pas man­quer pour cette me­neuse de re­vue qui va de nou­veau de­voir jon­gler entre vo­ca­lises et grands écarts. « Con­ju­guer le chant et la danse s’avère com­pli­qué. Il faut po­ser les ap­puis tout en gar­dant le souffle. C’est un rôle très phy­sique et on ne m’a pas épar­gnée avec ces nou­velles cho­ré­gra­phies », sou­ligne la jeune femme qui en re­de­mande… 2 h 30 de show dont elle va res­sor­tir « vi­dée ». « Par­fois, je n’ar­rive même plus à mar­cher après une re­pré­sen­ta­tion », confesse l’ar­tiste qui, pour­tant, ne s’ima­gine pas ailleurs que sur les planches. « Ce qui m’in­té­resse, ce n’est pas d’être cé­lèbre ou d’en­re­gis­trer des al­bums. C’est de par­ta­ger avec le pu­blic. Cap­ter le re­gard. Quand on s’éclate sur la piste, on em­mène les spec­ta­teurs avec nous. La scène, c’est sans fi­let », s’en­thou­siasme­t­elle.

Son éner­gie dé­bor­dante et son peps com­mu­ni­ca­tif ont très vite sé­duit les res­pon­sables de Pa­ris Spec­tacle, à l’ori­gine de la pro­duc­tion d’une ving­taine de shows par an. « Jess a ta­pé à la porte une pre­mière fois à 15 ans, mais à l’époque elle était trop jeune », ra­conte Fré­dé­rick Ar­no, res­pon­sable de la struc­ture et éga­le­ment ar­tiste et co­di­rec­teur du ca­ba­ret roan­nais. « Comme nous sommes en per­pé­tuelle au­di­tion avec nos 45 ar­tistes, nos che­mins se sont re­croi­sés il y a dix ans. » Pour ne plus s’éloi­gner.

Au­près de Pa­ris Spec­tacle, Jess en­chaîne en ef­fet les shows : co­mé­dies mu­si­cales pour en­fants, spec­tacles pour se­niors, va­rié­tés, re­vues iti­né­rantes, et de­puis deux ans ca­ba­ret. « Nous avons vite re­pé­ré qu’elle avait à la fois des qua­li­tés es­thé­tiques ­ ce qui est im­por­tant dans notre mi­lieu ­, de dan­seuse avec un réel sens de l’es­pace et une ai­sance sur scène ain­si que des ap­ti­tudes vo­cales. C’est qu’elle maî­trise le chant, la pe­tite ! », sou­ligne le res­pon­sable. Une double cas­quette qui lui a ou­vert grandes les portes d’une re­vue « à plumes », et ce mal­gré sa pe­tite taille. « 1,58 m, ça peut être un frein mais comme je porte des ta­lons très hauts sur scène, la per­cep­tion est dif­fé­rente. Et puis, la meilleure taille, c’est quand on a les pieds qui touchent le sol, non ? », tranche Jessica, amu­sée.

Ce tem­pé­ra­ment a per­mis à ce jo­li brin de femme pu­dique de s’élan­cer, en string et sans sou­tien­gorge, de­vant près de 400 per­sonnes. « La pre­mière fois dé­nu­dée, ça a été com­pli­qué, un peu gê­nant, confesse­telle. Mais sur scène, nous nous met­tons dans la peau du per­son­nage et très vite, on ou­blie ! » Son mé­tier, Jessica le conjugue en ef­fet au plu­riel. Celle qui tient le mi­cro la joue col­lec­tif. « Il n’y a pas de con­ cur­rence. Une re­vue ne plai­ra pas si on est “per­so”. On est un groupe, on évo­lue et on vit le mo­ment en­semble. » Si, plus jeune, elle a sou­vent oc­cu­pé le de­vant des pro­jec­teurs, Jess ap­pré­cie au­jourd’hui cet es­prit d’équipe. « J’avais fait le tour des shows en so­li­taire. » Des concerts dans les res­tau­rants à dix ans à peine aux pre­mières par­ties comme de­vant 10.000 per­sonnes en ou­ver­ture de Shei­la, en pas­sant par ses per­for­mances en danses spor­tives, Jessica a fait du che­min.

Du sept jours sur sept

Pour au­tant, pas ques­tion de re­lâ­cher la pres­sion. Outre sa col­la­bo­ra­tion avec Pa­ris Spec­tacle, l’ar­tiste of­fi­cie en pa­ral­lèle à Lyon, où elle vit, comme pro­fes­seur de danses de sa­lon, de zum­ba, de ca­ba­ret mais aus­si en tant que coach vo­cal dans un stu­dio et même cho­ré­graphe pour miss… « C’est vrai que je bosse sept jours sur sept. Je ne me re­pose ja­mais vrai­ment mais je fais ce que j’aime et ce­la né­ces­site bien quelques pe­tits sa­cri­fices. »

L’en­traî­ne­ment re­prend dé­jà. À peine le temps de gri­gno­ter un sand­wich en plein mi­lieu de l’après­mi­di. Le compte à re­bours est en­clen­ché. L’émo­tion se­ra d’au­tant plus forte pour Jess ce sa­me­di soir, jour de pre­mière, qu’à mi­nuit elle au­ra 30 ans pile. Un évé­ne­ment qu’elle va sa­vou­rer sur scène, évi­dem­ment.

« Par­ta­ger avec le pu­blic. Cap­ter le re­gard… La scène, c’est sans fi­let. »

PHO­TO : CH­RIS­TIAN VERDET

REBOND. En­fant, Jess s’ima­gi­nait dan­seuse étoile. Un rêve frei­né par sa pe­tite taille. Stop­pant le sport-études, elle a fi­na­le­ment choi­si de faire du chant sa prio­ri­té tout en pour­sui­vant ses ap­pren­tis­sages (fla­men­co, mo­dern jazz…) « Après le clas­sique, on peut tout dan­ser. C’est l’école de la ri­gueur. »

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