Le pré­sident dé­voile son pro­jet pour re­dres­ser le club

Le pré­sident de l’US Feurs Éric Co­gnet livre sa stra­té­gie pour le club, à l’aube de l’as­sem­blée gé­né­rale

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Après plu­sieurs an­nées de ter­gi­ver­sa­tions di­verses à la tête du club, l’US Feurs tente de re­trou­ver un pro­jet co­hé­rent et un peu de sé­ré­ni­té. Avec la for­ma­tion en éten­dard…

Vous avez pris la pré­si­dence du club en oc­tobre 2014. Quel re­gard por­tez-vous sur la si­tua­tion de l’US Feurs ? D’un point de vue fi­nan­cier, nous sommes par­tis pour sup­por­ter les dettes du pas­sé pen­dant cinq ans. La pre­mière an­née, il a fal­lu sau­ver les meubles. L’an pas­sé était une an­née de tran­si­tion. Il a fal­lu dé­fi­nir un pro­jet sur le­quel l’USF pou­vait par­tir. Et l’état des lieux n’était pas très ré­jouis­sant. Nous n’avons plus d’équipes de jeunes en Ligue et des édu­ca­teurs ne sont pas di­plô­més. À notre ar­ri­vée, nous avions beau­coup d’am­bi­tion. Il a vite fal­lu ré­ajus­ter. On re­part sur un pro­jet beau­coup plus lé­ger.

Quel est-il, ce nou­veau pro­jet ?

Au re­gard des res­tric­tions bud­gé­taires, de la dé­fec­tion pro­gres­sive des bé­né­voles qui né­ces­site une pro­fes­sion­na­li­sa­tion des en­ca­drants, il faut se struc­tu­rer pour que l’édu­ca­tif puisse s’ex­pri­mer. On es­père ob­te­nir des ré­sul­tats spor­tifs dans un dé­lai de trois à quatre ans. Il est très dif­fi­cile de bâ­tir un pro­jet sur le long terme, mais puisque nous ne pou­vons pas at­ti­rer des joueurs de bon ni­veau sans ré­mu­né­ra­tion, il faut por­ter notre at­ten­tion sur la for­ma­tion. C’est un tra­vail de longue ha­leine. On es­saye de construire ce pro­jet en par­te­na­riat avec nos par­te­naires lo­caux, éco­no­miques so­ciaux et spor­tifs. Quand on voit qu’il existe des contrats fé­dé­raux pour cer­tains joueurs en Hon­neur et que le mer­ca­to d’hi­ver existe aus­si chez les ama­teurs, on se pose for­cé­ment des ques­tions. Nous, nous vou­lons jouer sur les deux ta­bleaux : être pré­sent dans la me­sure de nos ca­pa­ci­tés mais sans faire de fo­lie. Il faut res­ter lu­cide par rap­port à l’en­vi­ron­ne­ment éco­no­mique qui est fra­gile.

Comment at­ti­rer des joueurs pour votre équipe une, re­lé­guée en Hon­neur ré­gio­nal cette an­née ? Nous jouons sur d’autres fac­teurs que l’as­pect fi­nan­cier. Nous tra­vaillons sur l’hu­main, l’in­ser­tion so­ciale, l’em­ploi. Ces trois va­leurs per­mettent de com­pen­ser l’ar­gent en par­tie. L’idée pro­fonde est de créer un mi­cro­cosme d’in­té­rêts com­muns. Chez nous, un joueur qui n’a pas de for­ma­tion peut s’in­sé­rer dans le monde du tra­vail, en trou­vant un em­ploi chez un de nos par­te­naires, par exemple. Et ce­la, pour nous, c’est aus­si fort que d’ob­te­nir des ré­sul­tats spor­tifs.

Qu’est-ce qui vous a mo­ti­vé à re­prendre les rennes d’un club au bord du dé­pôt de bi­lan ? Je fais ce­la par pur et simple plai­sir et par convic­tion. J’ai si­gné ma pre­mière li­cence à l’US Feurs en 1990. J’ai joué en Hon­neur avant de de­ve­nir édu­ca­teur de cette équipe. Je me suis éloi­gné du club lors­qu’un pro­jet am­bi­tieux s’est im­po­sé au dé­but des an­nées 2000, pour faire mon­ter le club en CFA 2. J’es­ti­mais le pou­voir éco­no­mique in­co­hé­rent par rap­port à la taille de la ville et la for­ma­tion était né­gli­gée. J’ai alors mon­té un pro­jet au Loire Nord FC. Puis quand Feurs s’est re­trou­vé en dif­fi­cul­té, j’ai pro­po­sé mes ser­vices. Au­jourd’hui, l’équipe di­ri­geante est ma­jo­ri­tai­re­ment com­po­sée d’an­ciens joueurs de l’USF des an­nées 90. L’es­prit du club est ba­sé sur un maillot, une culture et la for­ma­tion, qui fonc­tion­nait à l’époque. J’étais sûr de moi sur ce su­jet il y a quinze ans, je le suis en­core au­jourd’hui.

Les pre­miers ré­sul­tats de votre po­li­tique sont-ils dé­jà per­cep­tibles ? Le pôle for­ma­tion est en évo­lu­tion constante, avec cette vo­lon­té payante de mettre des édu­ca­teurs di­plô­més. On a struc­tu­ré une belle équipe, sous l’égide d’un res­pon­sable tech­ni­ que, Ke­vin Gi­raud. Un gros in­ves­tis­se­ment a été fait sur les pe­tits et on com­mence à res­sen­tir une pro­gres­sion dans la qua­li­té du tra­vail four­ni. À l’in­verse, on dé­plore un creux gé­né­ra­tion­nel chez les U 17 et U 19, du fait du manque de for­ma­tion, ces der­nières an­nées.

Pou­vez-vous nous pré­sen­ter Bru­no Dau­mur, le coach de l’équipe une ? Bru­no est un édu­ca­teur que j’ai cô­toyé à Loire Nord FC. Comme moi, il a pas­sé le di­plôme d’édu­ca­teur sur le tard. Il est ar­ri­vé l’an pas­sé, en tant qu’ad­joint d’Oli­vier Ju­rine et avait en charge l’équipe deux, en PHR. C’est une per­sonne qui pos­sède des va­leurs fortes et pour qui le foot­ball est une pas­sion. Il a sou­hai­té vivre un pro­jet d’un ni­veau su­pé­rieur à ce qu’il a connu jus­qu’à pré­sent. Il se sen­tait mûr pour ac­cep­ter ce chal­lenge.

Après deux jour­nées, Feurs est en tête de son groupe DHR. Ce­la vous donne des idées ? Si on n’a pas les moyens fi­nan­cier et spor­tif d’al­ler plus loin, on se sa­tis­fe­ra de ce ni­veau, sa­chant que notre équipe 2, en PHR, est im­por­tante pour notre for­ma­tion. On ne re­fu­se­ra pas la mon­tée si on est en ca­pa­ci­té de l’ob­te­nir. Mais tout en gar­dant notre co­hé­rence.

On sent une sé­ré­ni­té re­trou­vée à la tête du club… Nous cher­chons sur­tout à re­trou­ver une vraie con­vi­via­li­té au sein de l’US Feurs. Il reste à pé­ren­ni­ser cette image…

« L’es­prit du club est ba­sé sur un maillot, une culture et sur la for­ma­tion »

FI­DÈLE. Joueur puis édu­ca­teur dans les an­nées 90 au sein de l’US Feurs, Éric Co­gnet est re­ve­nu en tant que pré­sident, en oc­tobre 2014.

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