La fourme bio de Ber­trand Griot n’ap­pa­raît plus sur les stands

Le pro­duc­teur de Saint­Bon­net­le­Cour­reau a stop­pé sa pro­duc­tion de fro­mages et yaourts

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Six moins un. Il n’y a plus que cinq pro­duc­teurs de fourme de Mont­bri­son, de­puis le choix de Ber­trand Griot d’ar­rê­ter sa pro­duc­tion de fro­mages au pro­fit des lé­gumes bio.

On n’aper­çoit plus le stand de Ber­trand Griot sur le mar­ché de Mont­bri­son de­puis la fin du mois d’août. C’est la ferme Plagne qui a ré­cu­pé­ré son em­pla­ce­ment du sa­me­di ma­tin. une tonne de tome. « Si on ne se concentre que sur la pro­duc­tion de fro­mage, c’est une ac­ti­vi­té tout à fait viable et ren­table, as­sure­t­il. On peut se dire que sur les 500 ou 600 tonnes de fourmes de Mont­bri­son pro­duites es­sen­tiel­le­ment par les in­dus­triels, on pour­rait bien en faire 10 % en bio même si, d’un point de vue pu­re­ment tech­nique, il est très dif­fi­cile de fa­bri­quer de la fourme de Mont­bri­son. Et plus lar­ge­ment, les normes d’hy­giène sont de­ve­nues ex­ces­sives. C’est très contrai­gnant et je ne pense pas que la Di­rec­tion de la pro­tec­tion de la po­pu­la­tion soit aus­si stricte avec les grands groupes qui vendent des pes­ti­cides au grand pu­blic », lance­t­il, au pas­sage.

Reste une pro­duc­trice de fourme bio

Par­mi les cinq pro­duc­teurs de fourme de Mont­bri­son res­tants, seule Ca­the­rine Griot joue en­core la carte bio. Pour elle, l’ar­rêt de son ho­mo­logue n’a pas en­gen­dré d’ac­ti­vi­té sup­plé­men­taire : « On conti­nue de tra­vailler à notre échelle, car nous sommes une pe­tite en­tre­prise. Notre vo­lon­té de pro­mou­voir notre fro­mage grâce à l’AOP est in­tacte. C’est très im­por­tant pour dé­fendre notre ter­ri­toire. Quand on voit les dif­fi­cul­tés que ren­contrent les pro­duc­teurs de lait, on se dit que l’Ap­pel­la­tion d’ori­gine pro­té­gée est une bonne chose pour nos pro­duc­teurs du ter­ri­toire », clame la fro­ma­gère, qui pro­duit en­vi­ron quatre tonnes de fourmes par an.

Jean­Yves Bon­ne­foy, conseiller dé­par­te­men­tal et Grand maître des Com­pa­gnons de la fourme, dé­plore la perte d’un pro­duc­teur mais veut gar­der l’as­pect po­si­tif et la bonne fourme du fro­mage AOP : « Les ré­sul­tats, en termes de ton­nage, sont en­cou­ra­geants et nous de­vrions battre le re­cord de 2015 », an­nonce­t­il. Le président du Syn­di­cat de la fourme, Paul Du­champt, a en ef­fet in­di­qué qu’à la fin du pre­mier se­mestre, les ventes étaient su­pé­rieures de dix tonnes par rap­port aux 542 tonnes ven­dues en 2015. Même à cinq, le dé­fi semble jouable…

« Fa­bri­quer du fro­mage, c’est une ac­ti­vi­té tout à fait viable »

FIN. Ber­trand Griot (au centre en rouge) ali­men­tait le col­lège Ma­rio-Meu­nier avec sa fourme bio.

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