Pe­tit tra­fic fo­ré­zien entre amis

Six pré­ve­nus condam­nés dont quatre à de la pri­son ferme

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Six hommes im­pli­qués dans un tra­fic de pro­duits stu­pé­fiants ont été condam­nés à des peines de pri­son. Quatre ont éco­pé de sanc­tion ferme. Leur in­ter­pel­la­tion à l’aube en oc­tobre 2014 à Saint-Cy­prien n’était pas pas­sée in­aper­çue.

I ls ont entre 23 et 42 ans au­jourd’hui. Tous se disent « ran­gés » et af­firment avoir tour­né la page. Et tous as­surent qu’il n’y avait « au­cun ré­seau struc­tu­ré » mais juste un simple pe­tit tra­fic entre connais­sances ou amis, ré­si­dant pour la plu­part dans le Fo­rez.

Un hé­li­co­ptère et 120 gen­darmes

Deux ans après une vaste opé­ra­tion de gen­dar­me­rie qui s’était dé­rou­lée au pe­tit ma­tin à Saint­Cy­prien et à Saint­Mar­cel­lin­enFo­rez et qui avait concer­né quelque 120 mi­li­taires, as­sis­tés par un hé­li­co­ptère, six hommes ont été ju­gés par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne pour leur im­pli­ca­tion pré­su­mée dans un tra­fic de pro­duits stu­pé­fiants. Neuf per­sonnes avaient été pla­cées en garde à vue après des in­ter­pel­la­tions me­nées sur com­mis­sion ro­ga­toire d’un juge d’ins­truc­tion sté­pha­nois, no­tam­ment chez un fer­railleur et dans un cam­pe­ment de gens du voyage.

L’en­quête avait dé­mar­ré en oc­tobre 2013, suite au té­moi­gnage d’un gar­çon de 17 ans. Ce consom­ma­teur avait re­çu des me­naces car il était dans l’in­ca­pa­ci­té de payer ses dettes. Des écoutes té­lé­pho­niques avaient per­mis aux gen­darmes d’iden­ti­fier une di­zaine de per­sonnes im­pli­quées dans un ré­seau agis­sant prin­ci­pa­le­ment aux abords des boîtes de nuit. Par­mi eux, un tren­te­naire, ges­tion­naire d’une en­tre­prise oeu­vrant dans la ré­cu­pé­ra­tion, et son four­nis­seur, un qua­dra­gé­naire do­mi­ci­lié dans la val­lée du Gier et au­jourd’hui par­ti re­faire sa vie dans le sud de la France. Tous les deux, déjà bien connus de la jus­tice, ont ef­fec­tué de la dé­ten­tion pro­vi­soire dans ce dos­sier.

70 à 120 € le gramme de co­caïne

Au­tour d’eux, quelques re­ven­deurs, par­fois consom­ma­teurs eux­mêmes, et un tra­fic éta­bli au­tour de la re­vente de can­na­bis et de co­caïne, for­cé­ment plus ren­table avec des ta­rifs os­cil­lant entre 70 et 120 € le gramme.

À la barre, les pré­ve­nus ont tous re­con­nu leur im­pli­ca­tion mais ce­lui qui semble à la tête de ce ré­seau a nié toute ex­tor­sion bien que plu­sieurs té­moi­gnages aient fait état de sa vio­lence et de ses me­naces. Comme ce client con­traint de se mettre à ge­nou et qui, arme sur la tempe, s’était vu de­man­der à com­bien il es­ti­mait la va­leur de ses doigts ? Où ce­lui­ci dont la dette était pas­sée en quelques se­maines d’un peu plus de 1.000 € pour 12 grammes de poudre blanche à 6.000 € avec les re­tards de paie­ment ?

Avec dix condam­na­tions à son ca­sier ju­di­ciaire, es­sen­tiel­le­ment pro­non­cées par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mont­bri­son, l’homme est déjà bien connu des gen­darmes et de la jus­tice. S’il a fait ce qu’il ap­pelle « une conne­rie », c’est qu’il de­vait « faire face à un re­dres­se­ment fis­cal », ex­plique­t­il à Fré­dé­ric Pa­ris.

Le tra­fic de drogues pour faire face à un re­dres­se­ment fis­cal

« Des couillons » ose la dé­fense

« Mais com­ment se fait­il alors que les en­quê­teurs aient re­trou­vé 10.698 € sur le compte ban­caire de votre épouse, 21.422 € sur le vôtre, 3.365 € en espèces chez vous ain­si que des armes en plus de 40 grammes de co­caïne et 264 grammes de ré­sine de can­na­bis ? », de­mande le président du tri­bu­nal. Même dé­fense pour son four­nis­seur, gé­rant de so­cié­té qui évoque des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières et qui a re­fu­sé de don­ner le nom de son propre four­nis­seur par peur de re­pré­sailles.

Cer­tains avo­cats de la dé­fense ont qua­li­fié ce dos­sier de « mon­tagne qui a ac­cou­ché d’une toute pe­tite sou­ris » au terme d’« une ins­truc­tion longue mais pas très four­nie ». Leurs clients ­ « des couillons » a osé Me An­tho­ny Suc ­ ont tous été condam­nés à des peines al­lant de deux ans ferme et 2.500 € d’amende à neuf mois avec sur­sis.

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