Moi, fan­toche et na­vrant

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping -

« Moi président, j’anéan­ti­rai le chô­mage, je so­lu­tion­ne­rai ef­fi­ca­ce­ment la ques­tion des ré­fu­giés, je ren­drai du pou­voir d’achat aux mé­nages. » Élec­teurs, ré­jouis­sez-vous, les can­di­dats aux pri­maires ont trou­vé la pa­na­cée. Ils se pré­sentent de­vant les Fran­çais en rangs serrés, comme les miss d’hier sur le pla­teau de TF1, pro­cla­mant au mi­cro leur voeu de paix dans le monde. Ils se mé­fient de leurs voi­sins de gauche, soup­çon­nés d’être en réa­li­té à la droite de la droite, fus­tigent les hé­si­ta­tions du centre, re­doutent les in­fil­trés des deux bords, s’aco­quinent avec les ex­trêmes. Ils brouillent les cartes et maî­trisent l’art de la rhé­to­rique à la per­fec­tion. Leur stra­té­gie a fait ses preuves : évi­ter les ques­tions qui fâchent, re­for­mu­ler pour im­po­ser leurs concepts, noyer le pois­son, bran­dir les chiffres comme au­tant d’armes lé­tales sans no­tion de pré­ci­sion et sur­tout, sur­tout, pro­fi­ter de la moindre oc­ca­sion pour ti­rer à vue. Der­nière en date : Kim Kar­da­shian vic­time d’agres­sion (en même temps on n’a pas idée de se pro­me­ner avec dix mil­lions de dol­lars en pen­den­tif), et c’est le tou­risme fran­çais qui va plon­ger pour cause d’in­sé­cu­ri­té, rien de moins. À part ça, des idées ? Des pro­po­si­tions ? Du fond, du vrai ? Prière de re­pas­ser. À trop mé­di­ter leurs pe­tites phrases as­sas­sines et leurs en­vo­lées dé­ma­go­giques, nos fu­turs re­pré­sen­tants (c’est bien là le drame) en ou­blient l’es­sen­tiel. Pi­tié, éle­vez un peu le débat. Sans quoi moi, ci­toyenne, je vous l’as­sure, je n’irai pas vo­ter.

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