Les in­con­tour­nables de la fête entre people et bons plans

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Place aux jeunes. 100.000 vi­si­teurs sont at­ten­dus, ce week-end, à la fête du livre de SaintÉ­tienne. Par­mi eux, de nom­breux 15-35 ans, es­pèrent les or­ga­ni­sa­teurs qui mul­ti­plient les es­paces à leur in­ten­tion.

La fête du livre sté­pha­noise pour­suit sa mue. Re­mise aux bons soins d’Isa­belle Ra­bi­neau en 2012, l’or­ga­ni­sa­tion, d’abord chan­ce­lante, a do­té l’une des plus an­ciennes ma­ni­fes­ta­tions de France d’une vé­ri­table iden­ti­té. La 31e édi­tion prend le vi­rage de la jeu­nesse dans l’ob­jec­tif avoué de rac­cro­cher les 15­35 ans. Ils mé­prisent l’écrit, ne jurent que par l’écran, dé­sertent les rayons lit­té­raires : faux, faux, ar­chi­faux. Ils consomment dif­fé­rem­ment.

« Ils sont de re­tour en li­brai­rie, glisse Isa­belle Ra­bi­neau, très af­fa­més de spin­offs (oeuvres de fic­tion fo­ca­li­sées sur les per­son­nages se­con­daires d’un pre­mier ré­cit, N.D.L.R.), d’ou­vrages liés aux ré­seaux so­ciaux ». Mieux en­core. Ils par­ti­cipent à l’aven­ture créa­tive d’au­teurs ­An­na Todd en est un bel exem­ple­dont le ta­lent s’ex­prime d’abord sur le Net, se nour­rit des échanges avec la com­mu­nau­té. « Le cô­té au­teur/lec­teur iso­lé n’existe plus, constate Isa­belle Ra­bi­neau. Sauf dans l’acte de lec­ture en lui­même ».

Les clefs de la ma­ni­fes­ta­tion ont été confiées, dans cet es­prit, à une jeune mar­raine, Agnès Mar­tin­Lu­gand. Re­pé­rée par l’édi­teur Mi­chel La­fon après avoir pu­blié sur la toile, elle oc­cupe dé­sor­mais les têtes de gon­doles et bien­tôt les salles obs­cures ; son best­sel­ler Les gens heu­reux lisent et boivent du ca­fé se­ra pro­chai­ne­ment adap­té au ci­né­ma.

La créa­tion d’un stu­dio jeunes adultes, place Jean­Jau­rès, sur le mo­dèle d’une co­lo­ca­tion, ré­pond aux mêmes im­pé­ra­tifs. Des fau­teuils, des mange­de­bout, une ter­rasse pour des temps de ren­contre pri­vi­lé­giés et in­ti­mistes avec les écri­vains. « Comme des co­pains de fac », glisse Marc Chas­sau­bene, ad­joint sté­pha­nois à la culture. « De ma­nière gé­né­rale, les dé­am­bu­la­tions de­vant des tables ne cor­res­pondent plus aux at­tentes », re­marque Isa­belle Ra­bi­neau. La preuve avec le suc­cès gran­dis­sant des mots en scène. « C’est une ma­nière ori­gi­nale de pré­sen­ter les nou­veau­tés de la ren­trée lit­té­raire, les écrits qu’on juge les plus beaux, les plus ori­gi­naux. » Les textes, dé­cla­més sous le ciel boi­sé de la Gayo­la (place JeanJau­rès) par les com­pa­gnies de théâtre lo­cales de­meurent l’une des ani­ma­tions in­con­tour­nables de la fête. Un ra­vis­se­ment.

Tour­né vers l’ave­nir, à la pointe des nou­veaux usages et des grandes ré­flexions du XXIe, le ren­dez­vous n’en ou­blie pas ses ra­cines et les pi­vots de l’aire Jacques Plaine : la mon­tée des So­leils d’au­tomne, les ani­ma­tions de la rue Praire, les grands cha­pi­teaux en centre­ville. « On es­saie de don­ner un es­prit très Sté­pha­nois à la fête, sou­ligne Marc Chas­sau­bene. Nous ha­bi­tons une ville de tra­di­tions, certes, mais aus­si à l’avant­garde et culti­vons en per­ma­nence cette dua­li­té ».

« Les dé­am­bu­la­tions de­vant des tables ne cor­res­pondent plus aux at­tentes »

PHO­TO VILLE DE SAINT-ÉTIENNE.

MOTS EN SCÈNE. Les meilleures oeuvres de la ren­trée prennent vie grâce aux com­pa­gnies de théâtre sous le toit du Ma­gic mir­rors, place Jean-Jau­rès, une ani­ma­tion en­tiè­re­ment gra­tuite.

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