Une ma­jo­ri­té d’arbres creux ou ma­lades ave­nue Al­sace-Lor­raine

L’abat­tage des 87 pla­tanes de l’ave­nue Al­sace­Lor­raine s’est ter­mi­né jeu­di 13 oc­tobre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Les bû­che­rons de l’Of­fice na­tio­nal des fo­rêts (ONF) ont ef­fec­tué l’abat­tage des pla­tanes pro­gram­mé dans le cadre de la ré­no­va­tion de l’ave­nue Al­sace-Lor­raine. Ce dos­sier sus­cite tou­jours une op­po­si­tion mais un col­lec­tif de sou­tien est aus­si né.

La phase cer­tai­ne­ment à la fois la plus spec­ta­cu­laire et la plus dou­lou­reuse du chan­tier de ré­no­va­tion de l’ave­nue Al­sace­Lor­raine est ter­mi­née. L’Of­fice na­tio­nal des fo­rêts (ONF), man­da­té par la Com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion Loire Fo­rez (Calf) et la Ville de Montbrison, a pro­cé­dé à l’abat­tage des 87 pla­tanes qui bor­daient cet axe em­blé­ma­tique de la sous­pré­fec­ture de la Loire.

L’ac­cès des ri­ve­rains tou­jours main­te­nu

La pré­pa­ra­tion de cette sé­quence avait dé­bu­té le 22 sep­tembre der­nier avec l’éla­gage des arbres. Moins de deux se­maines plus tard, les bû­che­rons de l’ONF avaient pro­cé­dé aux pre­mières dé­coupes. Les branches d’abord puis le tronc en­suite. Le bruit ca­rac­té­ris­tique des tron­çon­neuses s’est éteint le 13 oc­tobre quand le tronc du der­nier pla­tane, si­tué au car­re­four des ave­nues Al­sace­Lor­raine et de la Li­bé­ra­tion, a été dé­po­sé sur le bas­cô­té avant d’être em­por­té avec quelques­uns de ses congé­nères vers sa der­nière de­meure. Comme les autres, il ter­mi­ne­ra en bois de chauf­fage.

Scène d’au­tant plus triste qu’elle s’est dé­rou­lée sous un ciel si bas qu’il faut lui par­don­ner. Il n’y avait d’ailleurs pas foule pour as­sis­ter à cet adieu. Il faut dire que les Mont­bri­son­nais avaient dé­jà eu tout le loi­sir de suivre la be­sogne des bû­che­rons du­rant les jours pré­cé­dents. La cir­cu­la­tion a été cou­pée mais le pas­sage des ri­ve­rains tou­jours main­te­nu, tout comme l’ac­cès à la crèche et à La Mu­sar­dière, le centre de post­cure, deux po­li­ciers mu­ni­ci­paux y veillaient.

La voie semble au­jourd’hui bien nue à l’oeil de ceux qui avaient l’ha­bi­tude de la voir cer­née de part et d’autre, presque étouf­fée, par les feuillus. La pers­pec­tive toute en­tière de l’ave­nue s’en trouve chan­gée. Plu­sieurs ré­si­dents ont re­dé­cou­vert la lu­mière dans les pièces qui longent l’ar­tère. Ils ima­gi­ nent dé­jà leur bon­heur quand le so­leil re­vien­dra bai­gner leurs ou­ver­tures et plon­ger dans leur in­té­rieur. D’autres dé­plorent en­core et tou­jours la dis­pa­ri­tion de ces pla­tanes qui leur of­frait une ombre bien­fai­trice au coeur de l’été.

Rien, ni per­sonne ne les fe­ra chan­ger d’un avis qui de­meure res­pec­table. Mais le constat est là, im­pla­cable : si neuf pla­tanes étaient ma­lades, comme l’avait éta­bli un diag­nos­tic préa­lable, 43 se sont ré­vé­lés creux et ris­quaient, à plus ou moins long terme, de tom­ber. C’est un peu plus que ne le pen­saient les spé­cia­listes. La ma­jo­ri­té de ces pla­ta­nus était donc mal en point, 35 « seule­ment » étant sains.

Im­pos­sible de cou­per les uns sans dé­na­tu­rer « cet ali­gne­ment double ar­chi­tec­tu­ré, le long d’une ave­nue tra­cée en 1867 pour des­ser­vir la nou­velle gare de Montbrison, mise en ser­vice deux ans plus tôt », dé­crit par Lio­nel Staub et Fran­çois Pa­liard, les ex­perts fon­ciers qui, il y a quelques an­nées, ont réa­li­sé l’étude du parc ar­bo­ré de la Ville de Montbrison (plus de 1.900 arbres sur 22 sites d’étude, NDLR) ». Ils avaient évo­qué « deux op­tions : un re­nou­vel­le­ment « dans les trous », en­vi­sa­ geable mais dif­fi­cile à mettre en oeuvre sans re­nou­ve­ler l’er­reur de plan­ter ces arbres trop près des bâ­tis » ou alors « une re­struc­tu­ra­tion de l’ave­nue » sans omettre « la ques­tion du re­ver­dis­se­ment ». Ils avaient ima­gi­né « une seule ran­gée d’arbres au lieu de deux » ou alors « un em­pié­te­ment sur la chaus­sée avec un im­pact fort sur la cir­cu­la­tion au­to­mo­bile (avec peut­être un seul sens de cir­cu­la­tion et une ou­ver­ture pié­tonne et cy­clable pos­sible) » ; le choix fait par Ch­ris­tophe Ba­zile et son équipe.

Pro­chaine étape, le ro­gnage des souches

Dé­sor­mais, la pro­chaine étape se dé­rou­le­ra dé­but no­vembre avec le ro­gnage en pro­fon­deur des souches et des ra­cines avant le dé­mar­rage, une di­zaine de jours plus tard, des tra­vaux d’en­fouis­se­ment des ré­seaux secs et de l’éclai­rage pu­blic. Cette der­nière phase s’éta­le­ra sur quatre mois avant que les ser­vices tech­niques ne puissent se lan­cer dans l’amé­na­ge­ment ur­bain de l’ave­nue.

Sous le re­gard bien­veillant d’un co­mi­té de sou­tien de ri­ve­rains qui s’est créé sous la hou­lette de Mi­chel Plan­tain, Mi­chel Con­de­mine et Jean Mag­di­nier, en ré­ac­tion aux prises de po­si­tion ex­trê­mistes d’un col­lec­tif d’op­po­sants qui a (presque) tout ten­té pour s’op­po­ser au choix ef­fec­tué par l’équipe mu­ni­ci­pale. En vain.

Un co­mi­té de sou­tien de ri­ve­rains créé en ré­ac­tion au col­lec­tif d’op­po­sants

UR­BA­NISME. La dis­pa­ri­tion des arbres change toute la pers­pec­tive sur l’ave­nue Al­sace-Lor­raine.

DÉ­COUPE. 43 pla­tanes se sont ré­vé­lés creux et dan­ge­reux.

SÉ­CU­RI­TÉ. Les spé­cia­listes de l’ONF ont dé­cou­pé les branches avant de s’at­ta­quer au tronc des pla­tanes.

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