Si­mu­la­tions d’at­ten­tat dans toutes les écoles du Fo­rez

Les élèves fo­ré­ziens ont tous fait l’ex­pé­rience du confi­ne­ment

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Les jeunes Li­gé­riens ont par­ti­ci­pé à un nou­vel exer­cice, cet au­tomne, pour pa­rer à un éven­tuel at­ten­tat-in­tru­sion. Une exi­gence du mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion na­tio­nale alors que l’État fran­çais a su­bi quatre at­taques sur son sol en deux ans.

L’alerte est don­née. Les élèves se fau­filent sous les tables, les chaises. On se bous­cule sous le bu­reau de la maî­tresse, trop exi­gu. Si­lence par­tout. Les mi­nutes passent, dix, puis quinze.

Écoles, col­lèges, ly­cées : tous ont ex­pé­ri­men­té, en ce dé­but d’an­née sco­laire, le nou­vel exer­cice at­ten­tat in­tru­sion sou­hai­té par le mi­nis­tère. État d’ur­gence oblige, les équipes en­sei­gnantes avaient une dead­line non né­go­ciable : les va­cances de la Tous­saint. Peu de temps, donc, pour re­pen­ser leur plan par­ti­cu­lier de mise en sû­re­té (PPMS) dont le prin­ci­pal ob­jec­tif était jus­qu’ici l’éva­cua­tion (dans le cadre d’un in­cen­die par exemple) et non le confi­ne­ment. Consé­quence ? Des scé­na­rios plus ou moins abou­tis. « Nous nous sommes conten­tés d’un confi­ne­ment simple », ad­met le pro­vi­seur du ly­cée Beau­re­gard à Montbrison, Ni­co­ las Cher­blanc. En at­ten­dant une si­mu­la­tion de grande am­pleur au deuxième tri­mestre (les gen­darmes se­ront mis dans la boucle).

Un simple confi­ne­ment au ly­cée Beau­re­gard

À Veauche en re­vanche, Ma­rie Char­nay­Du­fourt n’a pas mé­na­gé ses ef­forts. « J’ai réuni tous les pro­fes­seurs, les per­son­nels. Nous avons pré­ve­nu les pa­rents », ex­plique la prin­ci­pale du col­lège. Ai­dée de l’as­so­cia­tion Pla­nète risques, l’équipe a ima­gi­né une prise d’otages avec un in­ter­ve­nant dans le rôle de l’in­trus. « Il fal­lait voir comment fonc­tion­nait la chaîne d’alerte. Nous avons confi­né une classe en to­ta­li­té, mar­di 4 oc­tobre. » La ma­noeuvre n’a pas fait les af­faires du for­ce­né qui, du coup, s’est échap­pé à bord d’un vé­hi­cule en em­me­nant le prin­ci­pal et la caisse de l’éta­blis­se­ment. « On en a pro­fi­té pour éva­cuer le bâ­ti­ment, dé­clare Ma­rie Char­nay­Du­fourt. Ce­la a très bien fonc­tion­né. Les élèves ont joué le jeu et l’in­ter­ven­tion d’un tiers nous a per­mis d’ob­jec­ti­ver l’éva­lua­tion. »

Plus dé­li­cate était la ma­noeuvre en classes de pri­maire. Pour ne pas af­fo­ler les plus jeunes, on a “joué au loup” en ma­ter­ nelle. Unique re­com­man­da­tion : « apprendre aux élèves à se ca­cher et à faire des gestes si­len­cieux en s’ap­puyant sur des ri­tuels pour que les en­fants suivent leur en­sei­gnant ».

Armes in­ter­dites

Re­dou­tant peut­être le zèle de cer­tains pro­fes­seurs, l’aca­dé­mie li­gé­rienne avait in­sis­té pour qu’il ne soit fait usage d’au­cune « arme fac­tice ou réelle ». Il n’était pas ques­tion non plus de gé­né­rer de grands at­trou­pe­ments sur la chaus­sée sus­cep­tibles de mettre en dan­ger les en­fants. Pour de bon, cette fois.

L’ob­jec­tif, pour tout le monde, était en fait d’ap­pré­hen­der une nou­velle me­nace et les moyens d’y re­mé­dier : de l’étape du si­gnal (im­pos­sible d’uti­li­ser une corne de brume ou une alerte in­cen­die au risque de brouiller les mes­sages, com­mu­ni­ca­tion lu­mi­neuse en morse idéale mais dif­fi­ci­le­ment ap­pli­cable…) aux ré­ponses (im­pos­sible d’obs­truer une porte s’ou­vrant vers l’ex­té­rieur, ver­rous man­quants, cou­loirs trop étroits…)

« Les équipes édu­ca­tives vont de­voir ti­rer le bi­lan de leur ex­pé­rience, pré­cise le rec­to­rat de Lyon. On doit leur lais­ser le temps de l’amé­lio­ra­tion et de l’en­traî­ne­ment ».

PHO­TO LA VOIX DU NORD.

EN­FER­MÉS. Les élèves ont dû tes­ter, cet au­tomne, leurs ré­ac­tions et les pro­cé­dures de mise en sé­cu­ri­té en cas d’in­tru­sion mal­veillante dans leur éta­blis­se­ment. Dans La Loire, l’ins­pec­tion aca­dé­mique a pré­fé­ré gar­der cette pre­mière salve d’exer­cices confi­den­tielle et te­nir les mé­dias à l’écart. « Il se­rait contre­pro­duc­tif de ré­vé­ler les zones de confi­ne­ment aux per­sonnes mal­in­ten­tion­nées », nous a-t-on pré­ci­sé.

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