Montbrison, terre d’ac­cueil

Le Con­seil mu­ni­ci­pal s’est pen­ché sur la ques­tion des mi­grants

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrison Vivre Sa Ville - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Le Front na­tio­nal n’a pas eu gain de cause. Les élus ont re­je­té lun­di sa mo­tion « Ma com­mune sans mi­grants ». Un vote sans ap­pel.

Le con­seil mu­ni­ci­pal s’est dé­rou­lé sans ani­croche et sans grandes pas­sions, lun­di soir à l’Oran­ge­rie, la plu­part des dos­siers exa­mi­nés re­le­vant des af­faires cou­rantes.

Seule une ques­tion de Nor­bert Thi­zy, conseiller Front na­tio­nal, en fin de réu­nion, a fait l’ob­jet de longues al­lo­cu­tions, sans dé­bat ce­pen­dant. En jeu, l’adop­tion d’une mo­tion « Ma com­mune sans mi­grants », pré­sen­tée dans toutes les com­munes de France à l’ini­tia­tive du par­ti de Ma­rine Le Pen.

« Le gou­ver­ne­ment a an­non­cé vou­loir fer­mer la jungle de Ca­lais, a pré­ci­sé le re­pré­sen­tant de l’ex­trême droite lo­cale. 1.784 mi­grants se­ront trans­fé­rés en ré­gion Auvergne Rhône-Alpes. La Loire, à elle seule, de­vrait en ac­cueillir 400 alors qu’il n’y a pas d’ar­gent pour le dé­ve­lop­pe­ment du nu­mé­rique ou les sans do­mi­cile fixe. Que comp­tez­vous faire ? »

Le maire a sou­hai­té que chaque groupe po­li­tique puisse s’ex­pri­mer sur le su­jet. Les in­ter­ven­tions, ly­riques aux en­tour­nures, avaient été lon­gue­ment pré­pa­rées et les ré­fé­rences au pas­sé glo­rieux de la France se sont mul­ti­pliées. « Il faut trou­ver une ré­ponse so­li­daire et hu­ma­ni­taire à cette crise, drame pour les mi­grants mais aus­si pour la col­lec­ti­vi­té de Ca­lais qui ne peut à elle seule faire face, a dé­ cla­ré Li­liane Faure (par­ti so­cia­liste). Oui nous pou­vons le faire. Nous pou­vons le faire si nous sommes dans l’uni­té. Notre pays a aus­si connu la guerre, ses ré­fu­giés sur les routes… Des com­munes se sont dres­sées dans ces mo­ments ter­ribles. Nous pou­vons, par notre ac­tion, leur rendre hom­mage. »

« J’ai cette image bou­le­ver­sante d’un en­fant sur la plage, a ren­ché­ri le pre­mier ad­joint, Alain Gau­thier (en ré­fé­rence à la pho­to du pe­tit Ay­lan de­ve­nue une icône mon­diale, NDLR). Faire com­merce po­li­tique de la peur, c’est avoir la mé­moire courte. Ne confon­dons pas clan­des­tins et ré­fu­giés. Cet amal­game a quelque chose de men­son­ger au mo­ment où notre pays a be­soin de rai­son et d’apai­se­ment. Le de­voir d’hu­ma­ni­té s’im­pose à nous. Huit mil­lions d’ha­bi­tants en Auvergne­Rhône­Alpes, 1.784 ré­fu­giés : ce de­vrait être sup­por­table. »

Pour preuve, le maire a dres­sé l’état des lieux à Montbrison. La com­mune ac­cueille à ce jour une fa­mille sy­rienne ar­ri­vée il y a un an (les en­fants ont été sco­la­ri­sés, la fille aî­née parle le fran­çais et sa ma­man prend des cours), une fa­mille ira­kienne ins­tal­lée de­puis le 30 mai avec ses trois en­fants de 11, 10 et 3 ans et deux hommes ré­fu­giés d’ori­gine ti­bé­taine de­puis le mois de juillet. « On parle d’hommes et de femmes en dan­ger de mort, a rap­pe­lé Ch­ris­tophe Ba­zile. Une vé­ri­table chaîne de so­li­da­ri­té s’est créée en sous­pré­fec­ture et ne met nul­le­ment en pé­ril l’équi­libre de Montbrison. Nous ac­cueille­rons dans la me­sure de nos moyens. »

La mo­tion a été re­je­tée à l’una­ni­mi­té moins une voix, celle de Nor­bert Thi­zy.

Deux fa­milles et deux Ti­bé­tains ré­fu­giés en sous­pré­fec­ture

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION.

RÉ­FU­GIÉS. Les res­pon­sables po­li­tiques ne peuvent res­ter in­sen­sibles au drame de Ca­lais.

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