Gilles Fayard n’a ja­mais pla­qué le rug­by

Gilles Fayard di­rige les avants de l’équipe pre­mière des fé­mi­nines de Lyon de­puis cette sai­son

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Ben­ja­min Ber­thol­let ben­ja­min.ber­thol­let@cen­tre­france.com

L’an­cien pi­lier vit en Isère et en­traîne dans le Rhône. Entre deux dé­par­te­ments et entre vie pro­fes­sion­nelle et vie spor­tive, il trouve tou­jours le temps de re­ve­nir là où il a dé­cou­vert le rug­by, à Chauffailles, dans le Brion­nais.

Pour lui, l’his­toire a com­men­cé ici sur ce ter­rain de rug­by au­jourd’hui en friche, aux lignes ef­fa­cées et aux po­teaux rouillés. Gilles Fayard s’est ini­tié à l’ova­lie sur cette pe­louse de Chauffailles (Saône­et­Loire) avant que la vie et le rug­by le portent ailleurs.

Même loin, l’en­traî­neur des fé­mi­nines du Lou reste chez lui à Chauffailles. La rencontre avec une vieille connais­sance rug­bys­tique aux abords du stade té­moigne de cette ac­coin­tance presque éter­nelle. « Je re­viens ré­gu­liè­re­ment puisque mes pa­rents ha­bitent ici », ra­conte ce­lui qui vit et tra­vaille à La Tour­du­Pin en Isère.

L’an­cien pi­lier fait aus­si par­tie des Cram­pons rouillés. L’as­so­cia­tion des an­ciens du rug­by à Chauffailles or­ga­nise no­tam­ment le mar­ché aux puces des Cram­pons fin juillet, qui at­tire 20.000 per­sonnes.

L’an­cien joueur a la pa­role fa­cile lors­qu’il s’agit de se li­vrer. Pour ce na­tif de La Clayette, Chauffailles re­pré­sente un quar­tier gé­né­ral, in­dé­bou­lon­nable peu im­porte son af­fec­ta­tion. Ac­tuel­le­ment, Gilles Fayard par­tage son temps entre La Tour­du­Pin et Lyon. Cette an­née, le Chauf­faillon est en charge des avants de l’équipe pre­mière fé­mi­nine de Lyon, qui évo­lue en 1re di­vi­sion Élite 2 (voir ci­des

sous). L’ex­rug­by­man a en­ta­mé sa troi­sième sai­son au Lou après avoir en­traî­né la ré­serve deux ans du­rant. Avant son ex­pé­rience lyon­naise, le tech­ni­cien s’oc­cu­pait des filles de Bour­goin­Jal­lieu. « J’ai com­men­cé dans le rug­by fé­mi­nin avec les équipes du co­mi­té du Lyonnais », se sou­vient ce père de trois… filles et dont une est sous ses ordres.

Son ex­pé­rience avec le coa­ching re­monte à plus loin lors­qu’il était en charge des jeunes à La Tour­du­Pin. « Des hommes aux femmes, j’ai été obli­gé de m’adap­ter car le jeu n’est pas tout à fait le même », in­dique­til. « Chez les filles, je re­trouve le rug­by que j’ai pra­ti­qué. Le jeu est dif­fé­rent d’une équipe à l’autre, c’est moins sté­réo­ty­pé que chez les mas­cu­lins. »

Pas­ser les di­plômes pour en­traî­ner était la suite lo­gique de ce pas­sion­né de rug­by.

« Une grosse sur­prise pour mes pa­rents »

Le Chauf­faillon ne ve­nait pour­tant pas d’une famille es­tam­pillée “ova­lie”. « J’ai fait du foot mais ça ne me plai­sait pas. J’y al­lais les mains dans les poches », ra­conte­t­il. « Je me suis en­suite ins­crit au rug­by et ça a été une grosse sur­prise pour mes pa­rents. » Gilles Fayard a ain­si pro­fi­té de la créa­tion d’une équipe de jeune pour se lan­cer. « J’ai sau­té sur l’oc­ca­sion. »

Sur le ter­rain, le gaillard a mon­tré tout de suite de grosses qua­li­tés. « Pe­tit, il était dé­jà très puis­sant », confirme Mar­cel Bret­ton son pre­mier en­traî­neur.

Le pi­lier est en­suite par­ti jouer à Di­goin puis au Creu­sot en 1984. En no­vembre 1986, il dis­pute sa pre­mière par­tie en 1re di­vi­sion groupe A, l’élite de l’époque. Cinq ans plus tard, il pour­suit à Bour­goin­Jal­lieu tou­jours au plus haut ni­veau avant de prendre sa re­traite à La Tour­du­Pin en 2005. Le joueur au­ra connu huit sé­lec­tions en équipe de France uni­ver­si­taire. « J’ai par­ti­ci­pé à la pre­mière coupe du monde en 1988 », sou­ligne­til. Il a même fait par­tie de la sé­lec­tion na­tio­nale mi­li­taire à trois re­prises.

Sport, tra­vail et Chauffailles

Toute sa vie, Gilles Fayard a dû conci­lier sport et tra­vail. Au­jourd’hui, il jongle entre la pré­pa­ra­tion des séances, les en­traî­ne­ments et son em­ploi de chef de pro­jet dans un ly­cée. Entre les deux, il trouve le temps de ren­trer « au pays ». « C’est un bon col­lègue qui n’hé­site pas à res­ter avec les co­pains », constate Mar­cel Bret­ton, qui est aus­si le pré­sident des Cram­pons rouillés. Fi­dèle, Gilles Fayard re­vien­dra mi­no­vembre pour pré­pa­rer la pro­chaine ma­ni­fes­ta­tion de l’as­so­cia­tion. L’en­traî­neur ne change pas ses ha­bi­tudes.

Avec les filles, il re­trouve le jeu qu’il a pra­ti­qué

PHOTO B.B

VÉ­CU. Gilles Fayard a connu la 1re di­vi­sion avec Le Creu­sot et Bour­goin-Jal­lieu. Dé­sor­mais en­traî­neur, il met son ex­pé­rience au ser­vice du rug­by fé­mi­nin. Toute sa car­rière et mal­gré l’éloi­gne­ment, il est res­té fi­dèle à Chauffailles où il fait par­tie des Cram­pons rouillés, l’as­so­cia­tion des an­ciens rug­by­men de la ville.

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