Chry­san­thème, fine fleur de la Tous­saint

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Les ci­me­tières se pré­parent à ac­cueillir la grosse af­fluence de l’an­née, en ce mar­di 1er no­vembre, jour de la Tous­saint. Cette date est en­tou­rée de­puis long­temps sur le ca­len­drier des hor­ti­cul­teurs, conscients de l’en­jeu éco­no­mique qu’elle re­pré­sente.

La tra­di­tion per­dure. Chaque 1er no­vembre, au coeur de l’au­tomne, les Fran­çais ar­pentent les che­mins qua­drillés des ci­me­tières pour se re­cueillir un ins­tant de­vant les tombes de leurs proches dis­pa­rus, qu’ils fleu­rissent pour l’oc­ca­sion de chry­san­thèmes, bruyères et autres com­po­si­tions flo­rales.

Dans les serres de Gé­rard Ver­net, l’agi­ta­tion tranche avec le calme et le si­lence des ci­me­tières en cette fin oc­tobre. De­puis le dé­but du mois, l’hor­ti­cul­teur mont­bri­son­nais est épau­lé par huit employés pour faire face à ce sur­plus d’ac­ti­vi­té. Les clients viennent choi­sir leurs plantes pen­dant que les ou­vriers pré­pa­ rent les com­mandes à des­ti­na­tion de fleu­ristes, de jar­di­ne­ries, de gros­sistes ou en­core de pompes fu­nèbres de la Loire et jus­qu’au Can­tal. C’est une course contre la montre qui se pré­sente à eux jus­qu’à la Tous­saint. Car le len­de­main, ces fleurs, sym­bo­liques n’au­ront plus la même cote. « Cette pé­riode re­pré­sente en gé­né­ral 40 % de mon chiffre d’af­faires an­nuel, ré­sume Gé­rard Ver­net. On fait 9.000 pots par an. Après, il faut les vendre… » À la vente au ma­ga­sin, viennent s’ajou­ter un stand de­vant le ci­me­tière de Mont­martre, à Saint­Étienne et des em­ pla­ce­ments sur les mar­chés de Mont­bri­son, Sury­le­Com­tal et Saint­Just­Saint­Ram­bert, sur les­quels il re­trouve Loïc Prat, des Serres de Ro­zet, même si, lui, vend plu­tôt sa pro­duc­tion à do­mi­cile, à Saint­Marcellin­enFo­rez. Pour lui aus­si, qui fait pous­ser 2.000 chry­san­thèmes, « la Tous­saint re­pré­sente une grosse pé­riode, même si l’ar­ri­vée du prin­temps reste la plus im­por­tante ».

La ca­ni­cule a ren­du la culture com­pli­quée

La quan­ti­té est là et la qua­li­té aus­si, mal­gré une an­née ju­gée très com­pli­quée du point de vue de la culture. « La pé­riode de ca­ni­cule est ar­ri­vée au mois d’août. Or, c’est ha­bi­tuel­le­ment l’époque où les chry­san­thèmes font leur pousse. Nous avons pu in­fluer sur la fer­ti­li­sa­tion, la tem­pé­ra­ture et l’obs­cur­cis­se­ment des plantes. Et la na­ture a fi­na­le­ment re­pris ses droits et elles ont fi­ni par fleu­rir », ex­plique, sou­la­gé, Gé­rard Ver­net.

Sous les serres, les clients peuvent consta­ter que les chry­san­thèmes mul­ti­co­lores oc­cupent une bonne par­tie des ran­gées. « C’est la grosse mode cette an­née », sou­lignent Gé­rard Ver­net et Loïc Prat. Car comme dans la dé­co­ra­tion ou les vê­te­ments, les goûts et les cou­leurs évo­luent, d’une an­née sur l’autre. Mieux, il existe un ca­bi­net de ten­dances, qui per­met aux hor­ti­cul­teurs de pré­pa­rer un an à l’avance leur pro­duc­tion en con­sé­quence. « Ils s’ins­pirent du De­si­gn, des sa­lons du meuble pour nous an­non­cer ce qui mar­che­ra dans six mois ou un an. » Pour les ré­frac­taires aux pots mul­ti­co­lores, les teintes pas­tel (mauve, blanc, rose) re­viennent à la mode. Voi­là qui chan­ge­ra du noir et orange, ces cou­leurs chères aux adeptes d’Hal­lo­ween...

Un ca­bi­net de ten­dances in­dique les cou­leurs qui, de­main, se­ront à la mode

TEN­DANCE. Cette an­née, les chry­san­thèmes mul­ti­co­lores de­vraient gar­nir les tombes li­gé­riennes, se­lon l’hor­ti­cul­teur mont­bri­son­nais Gé­rard Ver­net.

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