La Ré­gion veut pro­fes­sion­na­li­ser le bio

2,7 M€ consa­crés chaque an­née au sec­teur avec l’ob­jec­tif de 30 % de cer­ti­fiés en plus d’ici 2021

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lu­do­vic Daim

Au­vergne Rhône-Alpes ne veut pas pas­ser à cô­té d’un mar­ché de 6,9 Md€ en 2016 qui lui per­met­trait, se­lon elle, de sau­ver ses pay­sans.

Au­vergne Rhône­Alpes compte 3.937 ex­ploi­ta­tions agri­coles conver­ties à l’Agri­cul­ture bio­lo­gique (AB) éten­dues sur 145.992 hec­tares, soit 5 % de ses terres. Le Con­seil ré­gio­nal veut 30 % d’agri­cul­teurs bio en plus d’ici 2021.

« Notre ré­gion est plus adap­tée au mar­ché bio, avec beau­coup d’herbe et une bonne tech­nique d’éle­vage, qu’au mar­ché de grande pro­duc­tion, en lait par exemple, car on ne pour­ra ja­mais al­ler cher­cher du prix comme en Bre­tagne », ex­plique Do­mi­nique Des­pras, agri­cul­teur et conseiller ré­gio­nal cen­triste dé­lé­gué à l’agri­cul­ture bio­lo­gique. La Ré­gion a ain­si dé­ci­dé de consa­crer 2,7 M€ par an au bio jus­qu’en 2021.

« C’est le plus gros bud­get consa­cré à l’agri­cul­ture bio­lo­gique par une Ré­gion ra­me­né à l’ha­bi­tant », com­mente M. Des­pras. « Le plus gros bud­get consa­cré à l’agri­cul­ture bio­lo­gique »

Les aides iront moins aux struc­tures mais plus di­rec­te­ment aux pay­sans pour les ac­com­pa­gner vers la conver­sion (diag­nos­tic, étude de via­bi­li­té, aide tech­nique, sou­tien à l’in­ves­tis­se­ment) ou pour suivre ceux dé­jà cer­ti­fiés AB (main­tien des com­pé­ tences, in­no­va­tion).

Deuxième ré­gion fran­çaise en sur­face de pro­duc­tion dé­diée au bio, troi­sième en nombre de pro­duc­teurs, Au­vergne Rhône­Alpes a en­core une large marge de pro­gres­sion au re­gard d’un mar­ché na­tio­nal qui ex­plose, avec 6,9 Md€ en 2016, soit 1 Md€ de plus en un an. « Il y a une de­mande so­cié­ta­le­ment très forte de bonne ali­men­ta­tion. Nous per­dons des agri­cul­teurs. Le bio peut être une ma­nière de re­créer des em­ plois, de la vie dans nos cam­pagnes. Mais le risque, c’est que ces em­plois soient créés dans d’autres ré­gions fran­çaises voire eu­ro­péennes », met en garde Do­mi­nique Des­pras.

Les cir­cuits courts sub­ven­tion­nés

« Cer­tains de nos ly­cées servent des pro­duits bio à la can­tine en pro­ve­nance d’autres pays eu­ro­péens », ap­puie Émi­lie Bon­ni­vard, vice­pré­si­dente (Les Ré­pu­bli­cains) de la Ré­gion en charge de l’agri­cul­ture. Les cir­cuits courts sont bien sûr in­dis­so­ciables d’une agri­cul­ture bio et rai­son­née. L’as­sem­blée ré­gio­nale a dé­blo­qué 2 M€ en 2015 et 3,2 M€ en 2016 en leur fa­veur. 50 % des agri­cul­teurs lo­caux écoulent en ef­fet au moins une par­tie de leur pro­duc­tion en vente di­recte. Pour al­ler au bout des choses, le plan ré­gio­nal passe aus­si par la struc­tu­ra­tion des fi­lières et des ac­teurs éco­no­miques, sou­vent ato­mi­sés.

« C’est grâce aux as­so­cia­tions pion­nières que l’agri­cul­ture bio­lo­gique en est là, re­con­naît M. Des­pras. Mais il faut al­ler vers plus de pro­fes­sion­na­lisme si on veut réel­le­ment ex­ploi­ter son po­ten­tiel éco­no­mique. » « Ce plan concerne tous les types de pro­duc­tions, quelle que soit la taille, la fi­lière. Il ne s’agit pas de faire de po­li­ tique sur le dos de l’agri­cul­ture. On tra­vaille tous en­semble, de fa­çon co­hé­rente et com­plé­men­taire, au bé­né­fice des agri­cul­teurs », as­sure Mme Bon­ni­vard. ■

PHO­TO BEP

CAD­DIE. « Il y a une de­mande so­cié­ta­le­ment très forte de bonne ali­men­ta­tion, de bons pro­duits », dit Do­mi­nique Des­pras, conseiller ré­gio­nal dé­lé­gué à l’agri­cul­ture bio­lo­gique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.