Père et fils fa­briquent une douce li­queur

Marc et Sé­bas­tien Fo­ris­sier cultivent la ver­veine dans le Fo­rez

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Mo­nique Per­bet

La fa­mille Fo­ris­sier cultive la terre avec pas­sion, che­min des lièvres à Bon­son, de­puis plus de 70 ans. La troi­sième gé­né­ra­tion s’est lan­cée dans la cul­ture de la ver­veine.

À la suite du dé­part en re­traite agri­cole de sa mère, Char­lotte, Sé­bas­tien Fo­ris­sier a trans­for­mé une par­tie des ter­rains de cul­ture cé­réa­lière en cul­ture aro­ma­tique.

« Mon père et moi fa­bri­quons de la li­queur de ver­veine à par­tir de la re­cette tra­di­tion­nelle éla­bo­rée par mon ar­riè­re­grand­père, Jean, après la guerre, ex­plique­t­il. Le mé­tier est très dur. Nous sommes à la mer­ci des in­tem­pé­ries comme le gel, la sé­che­resse, la grêle. Nous culti­vons de la ver­veine of­fi­ci­nale, de la ver­veine ci­tron­nelle et de la ver­veine pure. Nous plan­tons aus­si du ba­si­lic, de l’ab­sinthe, de la mé­lisse, de la menthe sur plus d’un mil­lier de mètres car­rés ».

Le jeune ar­ti­san ne ta­rit pas d’éloges sur les ver­tus de la plante. « Elle est ré­pu­tée pour ses qua­li­tés re­laxantes et di­ges­tives en ti­sane ou en li­queur. Ses pro­prié­tés va­rient lors­qu’elle est uti­li­sée en ca­ta­plasme ou en huile es­sen­tielle. C’est bien pour ses ver­tus phar­ma­ceu­tiques qu’elle plaît à di­verses gé­né­ra­tions. Nous tra­vaillons à par­tir d’un ex­trait à froid. »

Les se­crets de fa­bri­ca­tion, dans la fa­mille, sont bien gar­dés. Tout juste ap­prend­on que Marc (le père) et son fils ne ra­massent que les feuilles sur la plante. « Elle pousse en plein champ et ce­la fait son ca­rac­tère. Les abeilles viennent la bu­ti­ner, au so­leil, dans le vent. »

Après la mise en bou­teille du pré­cieux breu­vage, sans co­lo­rant ni conser­va­teur, voi­là que dé­bute la pé­riode d’hi­ver­ nage. Marc, qui a fait of­fice de nour­rice tout l’été, peut en­fin res­pi­rer. « C’est lui qui fait gran­dir les plantes, glisse Sé­bas­tien. Il taille, bou­ture, re­pique au prin­temps en pleine terre les plants de ver­veine qui ont sup­por­té l’hi­ver. Dès le mois de mars, l’ac­ti­vi­té re­part de plus belle avec une cul­ture en pleine terre. Tout le désher­bage se fait à la main. Jus­qu’à la ra­masse des feuilles, c’est nous qui fai­sons le bou­lot. Après, sin­cè­re­ment, c’est la ver­veine qui oeuvre ».

Père et fils ne cachent pas l’at­trac­ti­vi­té de leur pro­duit, très re­cher­ché sur les foires et mar­chés. Ils se font même poètes. « La li­queur de ver­veine est ex­trê­me­ment fé­mi­nine. C’est une prin­cesse, une déesse, une muse dans la fa­çon dont elle va don­ner ses fleurs et se lais­ser gran­dir. Les Ro­mains l’ap­pe­laient la plante de Vé­nus. Ils avaient dé­jà trou­vé un sur­nom à cette herbe sainte ré­ser­vée aux épi­ce­ries fines, aux caves et aux res­tau­rants. » ■

Une plante re­cher­chée pour ses ver­tus mé­di­ci­nales

FA­MILLE. Chez les Fo­ris­sier, père et fils tra­vaillent main dans la main.

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