La car­rière Sar­maize, un pan de mé­moire

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays D'astrée -

La mu­ni­ci­pa­li­té a ap­prou­vé une dé­li­bé­ra­tion concer­nant l’ac­qui­si­tion de deux par­celles si­tuées à De­vieu, ap­pe­lées aus­si ter­rain Sar­maize (du nom du pro­prié­taire) à l’en­trée de Boën, vers le pont Ter­ray, lors du con­seil mu­ni­ci­pal du 16 dé­cembre. Une grande car­rière a été ex­ploi­tée à cet en­droit jus­qu’en sep­tembre 1969. L’oc­ca­sion de re­ve­nir sur son his­toire.

L’État ré­qui­si­tionne la car­rière en 1914

C’est en 1904 que JeanBap­tiste Sar­maize com­mence l’ex­trac­tion d’un por­phyre bleu de grande qua­li­té sur une par­celle ro­cheuse. L’ex­trac­tion se fait à la main et avec l’aide de ta­che­rons. En 1914, Jean­Bap­tiste est mo­bi­li­sé et la par­celle ré­qui­si­tion­née par l’État. Un concas­seur est ins­tal­lé et les ma­té­riaux tombent di­rec­te­ment dans les wa­gons du train La Ga­loche, qui re­lie Boën à Roanne. Pen­dant cette pé­riode, l’ex­trac­tion se fait sous le contrôle de l’en­tre­prise de ma­çon­ne­rie Ga­tier, de Boën. Tous ces ma­té­riaux ex­traits des car­rières de la ré­gion partent pour les champs de ba­taille de l’Est.

Zoé Sar­maize, épouse de Jean­Bap­tiste, ren­contre quelques dif­fi­cul­tés pour re­cou­vrer ses droits de pro­prié­té sur la par­celle lorsque la ré­qui­si­tion est le­vée. En 1918, au re­tour de la guerre, Jean­Bap­tiste Sar­maize re­vient à son af­faire. Mal­heu­reu­se­ment le concas­seur a été dé­mon­té et en­le­vé. Ai­dé de tâ­che­rons, il re­prend ses ou­tils ma­nuels.

L’en­tre­prise pros­père jus­qu’en 1969

En 1922, il fait l’ac­qui­si­tion d’une nou­velle par­celle. Une ins­tal­la­tion de concas­sage cri­blage avec des tré­mies est mise en place. Son fils, Re­né, re­joint l’en­tre­prise et en no­vembre 1938 et une nou­velle par­celle vient s’ajou­ter. La car­rière de l’en­tre­prise Sar­maize père et fils se com­pose désor­ mais de quatre par­celles.

En 1939, avec la guerre, la car­rière s’ar­rête de nou­veau. Deux des ca­mions sont ré­qui­si­tion­nés et les deux fils sont mo­bi­li­sés. En 1942­1943, Mar­cel, l’un des deux, fait re­dé­mar­rer l’en­tre­prise ; mal­heu­reu­se­ment son frère Re­né, pri­son­nier en Al­le­magne, dé­cède en 1941. En 1955, Ro­ger Sar­maize, fils de Re­né, pour­suit l’ac­ti­vi­té avec son oncle Mar­cel et son cou­sin Georges. La pro­duc­tion aug­mente et passe à plus de 55 m3 par jour. Un ma­té­riel mo­derne (trac­to­pelle, pel­le­teuse, com­pres­seur, ca­mions) per­met de consti­tuer des stocks de ma­té­riaux pour les com­mandes de très court dé­lai. En 1969, l’en­tre­prise cesse dé­fi­ni­ti­ve­ment son ac­ti­vi­té suite au dé­cès de Mar­cel Sar­maize. ■

CAR­RIÈRE. Un par­king de­vrait être construit afin de rem­pla­cer ce­lui de la place Sy­ve­ton, qui se­ra trans­for­mé en es­pace vert.

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