Au temps de l’âge d’or des ci­né­mas

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays D'astrée -

La tra­di­tion ci­né­ma­to­gra­phique est bien pré­sente dans la com­mune. Pour preuve, deux ci­né­mas exis­taient dans les an­nées 1950 : L’En­tract, qui per­dure en­core au­jourd­hui, et Le Royal, qui a fonc­tion­né une di­zaine d’an­nées. Sans ou­blier l’ac­tion de l’ami­cale laïque de 1968 à 1982.

Ci­né­ma muet en 1925

Tout com­mence en 1909 avec la construc­tion d’une grande salle de spec­tacle, avec des gra­dins, à l’em­pla­ce­ment ac­tuel du ci­né­ma L’En­tract. L’ini­tia­tive re­vient au cu­ré Bou­da­rel, en ac­cord avec la fa­mille De Cha­bert. En 1923, l’as­so­cia­tion L’étoile de Boën, char­gée de la mu­sique, du bas­ket, de la gym­nas­tique, du pa­tro­nage et du théâtre, voit le jour et prend les rênes de la salle. En 1925, un ap­pa­reil de ci­né­ma muet est ache­té tan­dis que le pre­mier film par­lant, Le chan­teur de Sé­ville, est pro­je­té en oc­tobre 1932.

Le ci­né­ma se dé­ve­loppe. On dé­nombre 270 places en 1940, avec trois séances par se­maine au rythme de 29 se­maines par an. C’est aus­si l’époque de la cen­sure et les res­pon­sables de la pa­roisse coupent cer­tains pas­sages ju­gés im­mo­raux. En juin 1942, L’étoile est rem­pla­cée par Le Foyer.

En 1950, Cha­bert vend l’en­semble des bâ­ti­ments à une so­cié­té im­mo­bi­lière. De gros tra­vaux sont en­tre­pris dans la salle et un bail de quinze ans est pas­sé avec le co­mi­té des oeuvres pa­rois­siales.

En 1986, Le Foyer de­vient L’En­tract. Ce ci­né­ma as­so­cia­tif pro­pose au­jourd’hui en­core des séances plu­sieurs jours dans la se­maine. La salle a été en­tiè­re­ment ré­no­vée et offre un vrai confort aux spec­ta­teurs.

L’ère du Royal

Quant au se­cond ci­né­ma qui a exis­té dans la com­mune, son his­toire re­monde à 1947. Cette an­née­là, Mme La­fay loue un lo­cal de 150 m² rue du 11 no­vembre à M. Mar­ce­lier pour y ins­tal­ler une salle de ci­né­ma où sont pro­je­tés des films mo­dernes, no­tam­ment des nou­veau­tés du ci­né­ma ita­lien. Les an­ciens s’en souviennent bien, confiant qu’ils pou­vaient voir le des­sus des ge­noux des filles dans les films pro­je­tés au Royal, con­trai­re­ment à ceux du Foyer. Ain­si en 1956, pen­dant que Le Foyer pro­jette Les éva­dés, Le Royal pro­pose Une femme pour une nuit, avec Gi­na Lol­lo­bri­gi­da. Cette salle fonc­tionne au moins jus­qu’en 1956. Après cette date, la presse n’en fait plus men­tion. Au­jourd’hui, res­tée en l’état, de beaux dé­cors sub­sistent à l’in­té­rieur.

L’ami­cale laïque a elle aus­si joué un rôle im­por­tant dans la dif­fu­sion de films dans la com­mune. À sa re­fon­da­tion en 1968, elle crée un ci­né­club pour adultes : une séance est or­ga­ni­sée une fois par mois à la can­tine sco­laire. La pro­jec­tion de films en­ga­gés po­li­ti­que­ment et so­cia­le­ment est gé­né­ra­le­ment sui­vie d’une dis­cus­sion ani­ mée par des en­sei­gnants ; un fonc­tion­ne­ment qui per­dure jus­qu’en 1975.

Une salle, ré­ser­vée au ci­né­club en­fants, est en­suite amé­na­gée à l’ami­cale. Dix films par an y sont pro­je­tés jusque dans les an­nées 1982, An­toine Cui­si­nier as­su­rant les pro­jec­tions. À l’oc­ca­sion de Noël, l’ami­cale of­frait une séance ré­créa­tive à tous les élèves de la ma­ter­nelle au CM2. De nom­breuses écoles du can­ton ont pu pro­fi­ter de ce ser­vice grâce à l’ami­cale qui prê­tait gra­tui­te­ment le ma­té­riel et le film. ■

L’ami­cale laïque entre en scène en 1968

UN DEUXIÈME CI­NÉ­MA. L’en­trée ac­tuelle du Royal.

EN­TRACT. Le ci­né­ma pour­suit son che­min et per­met aux ha­bi­tants de pro­fi­ter d’une belle offre ci­né­ma­to­gra­phique.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.