Le pe­tit oi­seau ne peut plus sor­tir

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Confi­ne­ment obli­ga­toire. Par me­sure de pré­cau­tion, la pré­fec­ture de la Loire in­vite les pro­prié­taires de basses-cours et les éle­veurs de vo­lailles à la vi­gi­lance pour évi­ter la pro­pa­ga­tion du vi­rus H5N8.

L e Sud­Ouest de la France tousse et c’est toute la fi­lière avi­cole qui va­cille. À ce jour, le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture a re­le­vé 109 foyers tou­chés par la grippe aviaire, es­sen­tiel­le­ment dans les dé­par­te­ments du Gers, des Landes, du Tarn et Lot­et­Ga­ronne.

Le risque ju­gé « éle­vé sur l’en­semble du ter­ri­toire mé­tro­po­li­tain » a in­ci­té la pré­fec­ture de la Loire à prendre les me­sures de pré­cau­tion qui s’im­posent en obli­geant les 423 éle­vages de vo­lailles do­mes­tiques ou de gi­biers au confi­ne­ment. Na­tha­lie Guer­son est di­rec­trice dé­par­te­men­tale de la pro­tec­tion des po­pu­la­tions (DDPP). Se­lon elle, « il y a une vraie mo­bi­li­sa­tion à avoir car on a pu consta­ter une franche ex­pan­sion de la ma­la­die, avec un grand bond vers le Nord (deux foyers ont été dé­tec­tés dans les Deux­Sèvres, N.D.L.R). Dans le Sud­Ouest, ça flambe de fa­çon ga­lo­pante. Ces me­sures toutes bêtes qui consistent à en­fer­mer les poules peuvent per­mettre d’évi­ter que toute la fi­lière avi­cole ne soit tou­chée. Tout un cha­cun, à son échelle, peut en­di­guer cette ma­la­die. C’est très im­por­tant. Les éle­veurs in­ves­tissent dans des bâ­ti­ments aux normes, il se­rait dom­mage que ces ef­forts soient mis à mal par la lé­gè­re­té d’un par­ti­cu­lier », sou­ligne­t­elle.

Dans le dé­par­te­ment, deux sus­pi­cions ont vu le jour dans deux basses­cours dif­fé­rentes, mais elles se sont par la suite ré­vé­lées né­ga­tives. « Ce­la prouve que les vé­té­ri­naires lancent bien des si­gnaux d’alerte quand il y a des mor­ta­li­tés qui posent question », fait re­mar­quer Na­tha­lie Guer­son.

L’in­quié­tude ne semble pas avoir ga­gné les rangs des éle­veurs de vo­lailles li­gé­riens, pour qui, il est vrai, la pé­riode la plus im­por­tante cor­res­pon­dant aux fêtes de fin d’an­née est pas­sée. À Pon­cins, Syl­vie Bruel sou­ligne qu’à ce jour, « on n’a plus de vo­lailles. On re­com­mence au prin­temps. D’ici là, tout ce­la se­ra ter­mi­né. De toute fa­çon, nous ne met­tons ja­mais ni l’eau ni les ali­ments en ex­té­rieur », pré­cise l’éle­veuse. Même son de cloche du cô­té des Du­puy, à Mont­bri­son. « En cette pé­riode de l’an­née, nos vo­lailles res­tent de toute fa­çon en­fer­mées. Elles res­sor­ti­ront avec les beaux jours. On ne s’in­quiète pas plus que ce­la, chaque an­née c’est la même ren­gaine… »

Des dé­ro­ga­tions pour cer­tains pro­fes­sion­nels

S’il n’existe pas de dé­ro­ga­tion pos­sible pour les dé­ten­teurs non pro­fes­sion­nels, cer­tains éle­veurs, qui ne peuvent ré­pondre pour des rai­sons de bien­être de l’ani­mal au confi­ne­ment ou à la pro­tec­tion par des fi­lets de leurs ani­maux, peuvent de­man­der une dé­ro­ga­tion en pas­sant par leur vé­té­ri­naire sa­ni­taire. Na­tha­lie Guer­son pré­cise que les de­man­deurs doivent « res­pec­ter toutes les me­sures de bio­sé­cu­ri­té : on ali­mente à l’in­té­rieur, on ba­laie toutes les écla­bous­sures de si­los, l’agri­cul­teur doit dis­po­ser d’un sas sa­ni­taire, avoir une blouse spé­ci­fique… En somme, il suf­fit de res­pec­ter les condi­tions d’hy­giène re­quises. C’est comme le la­vage des mains pour évi­ter d’être conta­mi­né par la grippe hu­maine », ré­sume la di­rec­trice de la DDPP. ■

Deux sus­pi­cions dans des basses cours qui se sont ré­vé­lées né­ga­tives

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION / LAURE BRU­NET

PRÉ­VEN­TION. Pou­lets, fai­sans, oies... Grippe aviaire oblige, Tous les oi­seaux vont de­voir pas­ser l’hi­ver confi­nés pour évi­ter une pro­pa­ga­tion du vi­rus par les oi­seaux sau­vages.

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