Sou­ve­nirs du com­merce « Chez Bar­tho »

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Pays D'astrée -

Jeanne Bar­thé­lé­my, dite « Jean­not », a te­nu le bar épi­ce­rie de L’Hô­pi­tal­sous­Ro­che­fort de 1968 à 1978, avant Mo­nique Thomas puis Ca­thy et Yves Don­jon. Au­jourd’hui dé­cé­dée, c’est son époux, Ma­rius Bar­thé­lé­my, ancien maire de Saint­Lau­rentRo­che­fort, et ses en­fants, qui portent les sou­ve­nirs des dix an­nées de ce com­merce de proxi­mi­té, sur­nom­mé « Chez Bar­tho ».

Une époque ré­vo­lue

À l’époque, les lo­caux étaient loués à la pro­prié­taire Ma­ri­nette Pé­thot qui les avait en­suite cé­dés à la mu­ni­ci­pa­li­té de L’Hô­pi­tal. À l’in­té­rieur, la dis­po­si­tion était lé­gè­re­ment dif­fé­rente : la cui­sine oc­cu­pait la pièce cen­trale (dé­vo­lue au bar, chez Ca­thy et Yves Don­jon). Dans l’épi­ce­rie, Jean­not ven­dait de tout : des ber­lin­gots de lait frais aux magazines en vi­trine. Sa fille, Mo­nique, se rap­pelle les pre­miers pro­duits sur­ge­lés. Sa soeur, Mi­chèle, donne avec pré­ci­sion les noms des four­nis­seurs : la crè­me­rie Vial­lon de Chal­ma­zel, la char­cu­te­rie Co­quard de Ro­zier­en­Don­zy, la dro­gue­rie Des­ser­tines à Feurs et aus­si un gros­siste pour les pan­toufles et la mer­ce­rie.

Les pro­duits longue conser­va­tion étaient li­vrés par la chaîne Spar, à 4 heures du matin. Avant de par­tir à l’usine Gau­chon, Ma­rius ai­dait son épouse à mettre en rayon et à trier dans la re­mise. Jean­not pro­po­sait aus­si des fruits du pri­meur Pa­tu­ral de L’Hô­pi­tal, ain­si que des vien­noi­se­ries (fonds de tartes et gé­noises) et pe­tits gâ­teaux de Mon­sieur La­fay du ha­meau d’An­zon à SaintLaurent. On uti­li­sait des sacs en pa­pier pour em­bal­ler les courses.

Au bis­trot, la bois­son était four­nie par Ki­ki Mai­ son, de Boën, au­jourd’hui à la re­traite.

Proxi­mi­té

Les clients du com­merce de Jean­not ve­naient es­sen­tiel­le­ment de L’Hô­pi­tal, des Dé­bats et des ha­meaux des Mon­tagnes à Saint­Laurent. « À L’Hô­pi­tal­sous­Ro­che­fort, les com­merces étaient nom­breux, dé­taille Ma­rius, bou­lan­ge­ries, bou­che­rie, bu­reau de ta­bac, ma­ga­sins de vê­te­ments et de ba­zar. La vie au vil­lage était très ani­mée. Deux écoles, pu­blique et libre, ac­cueillaient les en­fants de la com­mune et des ha­meaux voi­sins. Il y avait sou­vent des ma­riages ; les voi­sins des ma­riés avaient cou­tume de faire une « table » à la sor­tie de l’église, on y ser­vait des bois­sons ache­tées chez Jean­not. Après la messe, le bis­trot était « bour­ré de monde » ex­plique Ma­rius. Son fils An­dré, au­jourd’hui maire des Dé­bats­Ri­viè­red’Or­pra, se rap­pelle : « On rem­plis­sait des cho­pines de ro­sé pen­dant des heures ! ». « À ce mo­ment, il y avait du peuple, se rap­pelle Ma­rius. II fal­lait se le­ver le matin, et puis c’est tout. Il n’y avait pas de chô­mage, on ne sa­vait pas ce que c’était ». ■

NOS­TAL­GIE. « On se connais­sait tous, ex­plique Ma­rius Bar­thé­lé­my, cha­cun pre­nait tous ses pro­duits ici, on n’al­lait pas cou­rir en ville ».

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