« Il faut pen­ser à l’in­té­rêt gé­né­ral »

Le pré­sident de la nou­velle in­ter­com­mu­na­li­té Jean­Mi­chel Merle an­nonce les pre­miers chan­tiers

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Intercommunalités : Les Lignes ont bougé dans le F - Jean-Fran­çois Ver­net jean-francois.ver­net@cen­tre­france.com

Le pré­sident de la com­mu­nau­té de com­munes Fo­rez Est fraî­che­ment élu, Jean-Mi­chel Merle, dé­voile les dos­siers es­sen­tiels qui at­tendent ses pre­miers mois de man­dat.

■ Quels sont les chan­tiers prio­ri­taires que vous al­lez lan­cer ? Nous al­lons ra­pi­de­ment de­voir ré­gler le pro­blème des ZAIN (Zones d’ac­ti­vi­tés d’in­té­rêt na­tio­nal), qu’il s’agisse d’Opé­ra parcs ou de celles de Feurs ou Bal­bi­gny, avec le re­trait du Dé­par­te­ment. La Ré­gion a pris la com­pé­tence éco­no­mique, mais on ne connaît pas en­core sa po­si­tion. Il va éga­le­ment fal­loir mettre en place ra­pi­de­ment l’or­ga­ni­gramme ad­mi­nis­tra­tif. On va se re­trou­ver avec 130 agents mi­ni­mum. L’idée est d’uti­li­ser au maxi­mum les com­pé­tences de cha­cun en conser­vant une cer­taine proxi­mi­té. Nous al­lons aus­si nous pen­cher sur l’har­mo­ni­sa­tion des com­pé­tences et de la fis­ca­li­té.

Y a-t-il de grandes dis­pa­ri­tés entre les cinq an­ciennes in­ter­com­mu­na­li­tés con­cer­nant la fis­ca­li­té ?

C’est de l’ordre de trois ou quatre points. De toute fa­çon, il y au­ra un lis­sage. À nous d’en dé­ter­mi­ner la du­rée.

Vous évo­quez le per­son­nel ad­mi­nis­tra­tif. Avez-vous eu l’oc­ca­sion d’échan­ger avec le per­son­nel de l’an­cienne com­mu­nau­té de com­munes du Pays de Saint-Gal­mier (CCPSG), trau­ma­ti­sé par les der­nières an­nées de ges­tion ?

J’en ai ren­con­tré une par­tie entre le 1er et le 8 jan­vier, tout comme j’ai vu ceux de Feurs en Fo­rez et de Fo­rez en Lyon­nais, afin de les ras­su­rer par rap­port à ce qu’ils al­laient faire et où ils al­laient le faire. En pra­tique, cha­cun conti­nue­ra à ac­com­plir ses mis­sions, au même en­droit pen­dant 6 à 8 mois. ■ Et après ? On s’est en­ga­gé à main­te­nir sur cha­cun des ter­ri­toires une pré­sence de l’in­ter­com­mu­na­li­té, no­tam­ment con­cer­nant les points ren­contre em­ploi, la pe­tite en­fance…

Vous avez an­non­cé vou­loir un nou­veau di­rec­teur gé­né­ral des ser­vices (DGS). Pour­quoi ce choix ?

Chaque in­ter­com­mu­na­li­té avait son propre DGS. Dans la nou­velle or­ga­ni­sa­tion, ils de­ vien­dront DGS ad­joints, gé­re­ront cha­cun une com­pé­tence et se­ront cha­peau­tés par un DGS prin­ci­pal. ■ Ce­lui de la CCPSG ne fait pas par­tie du pro­jet ? Il ne sou­haite pas conti­nuer son rôle de DGS.

On a sen­ti, lors du pre­mier con­seil com­mu­nau­taire, que les élus étaient en­core at­ta­chés au ter­ri­toire de leur an­cienne com­mu­nau­té…

■ L’un des plus gros chal­lenges au­tour de la créa­tion de Fo­rez Est va être de pas­ser de cinq ter­ri­toires par­fai­te­ment en place qui ont plus de vingt an­nées d’exis­tence et aux­quels les élus sont at­ta­chés à un seul. Je sou­haite que chaque élu ou­blie un peu son at­ta­che­ment pour pen­ser à l’in­té­rêt gé­né­ral, que ce soit pour des ques­tions éco­no­miques, cultu­relles… On ne pour­ra de toute fa­çon pas dire oui à tout le monde, ni ré­pondre à toutes les sol­li­ci­ta­tions. On se­ra ame­né à faire des choix et, par consé­quent, créer des frus­tra­tions.

Les voi­sins vont scru­ter votre tra­vail. Fo­rez Est a les atouts pour vivre dans cette confi­gu­ra­tion ?

Dé­fendre le ter­ri­toire, c’est dé­mon­trer qu’il peut conti­nuer à vivre tel qu’il est. La prio­ri­té, c’est l’em­ploi. Pou­voir tra­vailler où on ha­bite. Pour le reste, on a une cer­taine at­trac­ti­vi­té avec un bon ni­veau de qua­li­té de vie, les pay­sages, le monde as­so­cia­tif… Il va fal­loir prou­ver avec tous ces atouts qu’on n’a pas be­soin de se re­grou­per avec d’autres. On va toute­ fois tra­vailler cer­tains dos­siers avec Loire Fo­rez, no­tam­ment pour avoir, comme on le sou­haite, un Fo­rez fort, ce qui ne veut pas dire un Fo­rez unique. Mais ces deux in­ter­com­mu­na­li­tés ne re­pré­sentent­elles qu’une étape avant une fu­sion ? Je ne sais pas si dans dix ou quinze ans il n’y au­ra qu’une en­ti­té. On voit bien, ce­ci dit, qu’on va tou­jours vers “du plus gros”, à l’image de la fu­sion des ré­gions. Mais pas­ser d’un coup à une in­ter­com­mu­na­li­té à 130 com­munes, était­ce gé­rable ? Je pose la ques­tion.

Vous avez at­tri­bué une vice-pré­si­dence à Nor­bert Du­pey­ron, maire de Che­vrières, char­gé de pré­pa­rer le dé­part de six com­munes vers les Monts du Lyon­nais au 1er jan­vier 2018. C’est une sa­crée par­ti­cu­la­ri­té de Fo­rez Est…

« Prou­ver qu’on n’a pas be­soin de se re­grou­per »

Nor­bert Du­pey­ron a lut­té jus­qu’au bout pour dé­fendre l’ap­par­te­nance au Si­mo­ly. Une fois l’ar­rê­té du pré­fet pa­ru, il a joué le jeu à fond de Fo­rez Est en par­ti­ci­pant à toutes les réunions de tra­vail. Il a sem­blé op­por­tun qu’il y ait quel­qu’un au sein de l’exé­cu­tif qui gère ce dé­part des six ou sept com­munes. D’où cette dé­lé­ga­tion spé­ci­fique, qui s’étein­dra quand il par­ti­ra. ■

ÉLEC­TION. Jean-Mi­chel Merle, nou­veau pré­sident de Fo­rez Est.

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