La pas­sion du mo­dé­lisme à l’an­cienne

Voi­ci dix ans que Pas­cal Hen­rot a re­joint l’aé­ro­mo­dèl club fo­ré­zien, ba­sé à l’aé­ro­drome

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Forez Est - Jean-Fran­çois Ver­net jean-francois.ver­net@cen­tre­france.com

Membre de l’aé­ro­mo­dèl club de­puis 2007, Pas­cal Hen­rot a re­noué avec sa pas­sion d’en­fance pour l’aé­ro­mo­dé­lisme, une fois la re­traite ar­ri­vée. De­puis, il s’éclate à fa­bri­quer des avions, de A à Z, de la construc­tion à l’en­vol.

Le lo­cal est d’une pro­pre­té in­ouïe et les ou­tils mé­ti­cu­leu­se­ment ran­gés à leur place. À l’aé­ro­mo­dèl club fo­ré­zien peut­être plus qu’ailleurs, on connaît l’im­por­tance des pe­tits dé­tails. C’est d’ailleurs l’es­sence même de cette pas­sion par­ta­gée par une qua­ran­taine de membres qui se réunissent ré­gu­liè­re­ment dans un ga­rage joux­tant l’aé­ro­drome de Chambéon.

Pas­cal Hen­rot fait par­tie du noyau dur, comme une di­zaine d’autres aé­ro­mo­dé­listes. Ce loi­sir, ce re­trai­té de la Poste l’a dé­cou­vert dès son plus jeune âge. « Je me sou­viens avoir dé­bu­té le mo­dé­lisme lorsque j’avais 12 ans. J’ai ça dans les doigts de­puis tou­jours. Tout ga­min, je re­gar­dais les vi­trines d’un grand ma­ga­sin de jouets à SaintÉ­tienne, Ran­don. J’étais en ex­tase », se re­mé­more­t­il. Sa car­rière pro­fes­sion­nelle et les im­pé­ra­tifs fa­mi­liaux l’ont contraint à mettre entre pa­ren­thèses cet amour de l’aé­ro­mo­dé­lisme qu’il gar­de­ra tou­jours dans un coin de sa tête, jus­qu’en 2007, an­née où Pas­cal Hen­rot a re­joint le club et ra­vi­vé son amour du tra­vail sur ma­quettes. Le sexa­gé­naire s’est spé­cia­li­sé dans la construc­tion d’avions. « Je les construis de A jus­qu’à Z, in­siste­t­il. Au­jourd’hui, les kits qu’on peut trou­ver dans les com­merces sont dé­jà tout faits. Alors que moi, je pars de la base en des­si­nant mes pièces sur or­di­na­teur, que je dé­coupe à l’aide d’une frai­seuse nu­mé­rique. Je ne connais­sais ab­so­lu­ ment rien à l’in­for­ma­tique, mais quand on aime quelque chose, on dé­ve­loppe plus fa­ci­le­ment des connais­sances », clame le mo­dé­liste, qui se qua­li­fie d’au­to­di­dacte. Son ap­proche de­mande une grande pa­tience. Se­lon Pas­cal Hen­rot, « il faut comp­ter un an et de­mi de tra­vail pour mon­ter un avion, du dé­cou­page des pièces à l’ins­tal­la­tion du mo­teur. » Une ap­proche « à l’an­cienne » d’une pas­ sion qu’il voit évo­luer. « À mes yeux, un avion ma­quette, ce n’est pas un jouet. Ça a une âme. Avec tous ces kits ache­tés dans n’im­porte quel ma­ga­sin, on perd la no­tion de construc­tion et une par­tie de l’âme du mo­dé­lisme. Les gens sont trop speed, ils veulent ache­ter et vo­ler tout de suite », re­grette­t­il, avant de ra­pi­de­ment re­ve­nir sur les mul­tiples as­pects po­si­tifs de cette pas­sion quelque peu en­com­brante : « J’ai chez moi un sous­sol pré­vu pour ran­ger deux voi­tures et de­mie. On n’en rentre plus qu’une, sou­rit­il. On touche à plein de do­maines : le bois, l’élec­trique, on s’in­té­resse au fonc­tion­ne­ment d’un mo­teur. Et quand il y a une étape dans la­quelle on se sent moins à l’aise, on peut comp­ter sur les col­lègues du club. » Le terme « sou­dé » semble avoir plu­sieurs si­gni­fi­ca­tions à l’aé­ro­mo­dèl club fo­ré­zien… ■

« Il faut comp­ter un an et de­mi pour fa­bri­quer un avion de A à Z »

MODÉLISTES. Pas­cal Hen­rot (à droite), ici ac­com­pa­gné de Pa­trice Fayard (à g.) et Phi­lippe Cruau, s’est spé­cia­li­sé dans les avions. Il as­sure no­tam­ment la ré­pa­ra­tion de Bi­dule 116, le re­mor­queur des pe­tits pla­neurs de l’aé­ro­mo­dèl club.

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