Les sou­ve­nirs de trois an­ciens de la Fnaca

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Portes Du Forez -

Le lun­di après­mi­di est sou­vent pré­texte à re­trou­vailles à la Fnaca. Mar­cel Fo­rest, pré­sident des an­ciens à Su­ry, leur ouvre la porte de l’Es­pace ren­contre pour une par­tie de cartes au­tour d'une tasse de ca­fé ou d'une in­fu­sion. L’oc­ca­sion de ren­con­trer trois an­ciens com­bat­tants. Jean Vincent fut ap­pe­lé dans le Cons­tan­ti­nois de mai 1957 à fin mai 1959. Pla­cé sous l'au­to­ri­té d'un co­lon­nel, char­gé du ma­té­riel, il ne garde pas de mau­vais sou­ve­nirs de ses an­nées en Al­gé­rie, ayant bé­né­fi­cié de plu­sieurs per­mis­sions.

Bien dif­fé­rent fut le sort de Jean Si­mon, ex­pé­dié dans l'Ora­nais du 1er juin 1956 au 30 mars 1958. Ayant cô­toyé trop de mi­sère et trop de drames hu­mains, le Su­ry­quois se ré­fu­gie sou­vent dans le si­lence.

Mais Jean Be­nan fut le plus mal­chan­ceux des trois. C'est en Ka­by­lie, dans le sec­teur de Ti­zi Ou­zou, qu'il vé­cut de dé­cembre 1955 à oc­tobre 1957. Avec la fa­meuse Wi­laya 3 du FLN, il connut l’en­fer, chaque ex­pé­di­tion dans les mon­tagnes étant sy­no­nyme d'attentat meur­trier. Les routes en la­cets étaient truf­fées de bombes à re­tar­de­ment. Seuls les di­manches ap­por­taient quelque ré­pit lorsque, après cent ki­lo­mètres de par­cours ris­qué, ces sol­dats sur la dé­fen­sive étaient cha­leu­reu­se­ment ac­cueillis dans des fa­milles Pieds Noirs d'Al­ger. Jean Be­nan, qui pu­blie au­jourd'hui le jour­nal de la Fnaca, n'a rien ou­blié de tous ces drames. ■

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.