La bou­lan­ge­rie de Cé­line Mar­ti­non ré­fé­ren­cée au Gault et Millau

Cé­line Mar­ti­non a sé­duit les cri­tiques du guide en sep­tembre

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Ins­tal­lée rue du 8 mai 1945 à Saint-Just-Saint-Ram­bert, Cé­line Mar­ti­non, 30 ans, at­tire la lu­mière des pro­jec­teurs de­puis sa no­mi­na­tion au Gault et Millau. Elle ne s’y ha­bi­tue pas.

De na­ture gour­mande, Cé­line Mar­ti­non ne pou­vait ima­gi­ner écrire son ave­nir ailleurs que dans la pâte à chou.

Ori­gi­naire de Mont­bri­son (elle a fait toute sa sco­la­ri­té à la Ma­de­leine), la Pon­tram­ber­toise s’est orien­tée, très jeune, vers la pâ­tis­se­rie en in­té­grant le CFA (centre de for­ma­tion des ap­pren­tis) Les Mou­li­niers à Saint­Étienne.

BEP, CAP, Bac Pro l’ont conduite chez dif­fé­rents em­ployeurs, au Pe­tit dé­lice à Veauche puis chez Mon­sieur Du­four à SaintMar­cel­lin­en­Fo­rez avant son dé­part pour le Sud de la France.

Ses di­plômes en poche, c’est à Mar­seillan plage qu’elle choi­sit de s’éta­blir pour trois ans. Far­niente et bai­gnade sont re­lé­gués au pla­card. « En sai­son, c’est du bou­lot, glisse­t­elle, pla­cide. Six jours, voire sept jours sur sept. Dans des la­bos non cli­ma­ti­sés. » Mais la jeune fo­ré­zienne, dure à la tache, en­caisse tran­quille­ment, suf­fi­sam­ment so­lide pour se mé­na­ger une place dans ce mé­tier d’hommes.

Une convo­ca­tion mise… à la pou­belle

En 2011, à 24 ans, elle re­vient s’éta­blir à Saint­JustSaint­Ram­bert. Monte sa boîte, em­bauche du monde : un bou­lan­ger, un pâ­tis­sier, deux ven­deuses et forme un ap­pren­ti. Tur­no­ver oblige (« il est dif­fi­cile, dans nos mé­tiers, de trou­ver des gens fiables et mo­ti­vés »), elle se lève en­ core au­jourd’hui à deux heures du ma­tin pour gui­der les gestes de son em­ployé au four­nil. Alors, for­cé­ment, il ne lui reste pas grand temps libre. « Le tra­vail, c’est mon loi­sir, as­sène­t­elle, sou­rire aux lèvres. C’est vrai­ment un mé­tier de pas­sion. Il faut s’in­ves­tir. »

Avec une soeur ins­tal­lée en coif­fure à Mont­bri­son (elle tient le sa­lon MC coif­fure), la fa­mille a fait car­rière dans le com­merce. Avec suc­cès. Voi­ci quatre mois, Cé­line Mar­ti­non a re­çu les hon­neurs du Gault et Millau. In­cré­dule, la jeune femme a d’abord je­té la convo­ca­tion à la re­mise des ré­com­penses, pen­sant à une pu­bli­ci­té.

« C’est un mé­tier de pas­sion, il faut s’in­ves­tir »

« Je ne m’y at­ten­dais pas du tout. Je fais mon bou­lot, sim­ple­ment, sans me sou­cier des autres. Je ne prends ja­mais le temps de concou­rir à quoi que ce soit, je pré­fère me consa­crer à ma clien­tèle. Je n’avais pas vi­sé ce livre… Mais il est cer­tain que c’est for­te­ment mo­ti­vant quand il faut se le­ver le ma­tin. »

La com­mune de SaintJust­Saint­Ram­bert, dé­jà ré­pu­tée pour ses com­merces de bouches et no­tam­ment ses bou­lan­ge­ries pâ­tis­se­ries, a trou­vé rue du 8 mai un nou­veau maître de gour­man­dise et d’humilité. Dif­fi­cile de se par­ta­ger le gâ­teau ? Même pas. « À cha­cun ses mé­thodes de tra­vail et ses four­nis­seurs », confie Cé­line Mar­ti­non, trop oc­cu­pée à do­rer ses ga­lettes pour convoi­ter la part des autres. ■

AU FOUR ET AU MOU­LIN. Cé­line Mar­ti­non trace sa route au coeur d’une pro­fes­sion do­mi­née par la gente mas­cu­line.

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