Pri­son ferme pour le chauf­fard ré­cal­ci­trant

Un chauf­fard ré­ci­di­viste a me­na­cé des po­li­ciers

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice -

Trois per­sonnes qui por­taient secours à un au­to­mo­bi­liste vic­time d’une sor­tie de route à Bois­set-SaintP­riest, en no­vembre der­nier, avaient ap­pe­lé les gen­darmes. Ivre et sans per­mis de conduire, le chauf­fard se­cou­ru vou­lait être ra­me­né chez lui au plus vite afin d’évi­ter tout contrôle.

« Tout ça, c’est à cause de ma ma­la­die. Je souffre de schi­zo­phré­nie et de troubles de la per­son­na­li­té. Je suis sui­vi sur le plan psy­chia­trique et pour l’al­coo­lisme. J’ai dé­jà fait dix­sept ou dix­huit hos­pi­ta­li­sa­tions et quatre cures de dés­in­toxi­ca­tion. Je ne me rap­pelle de rien. »

Une voi­ture au fos­sé

La dé­fense du pré­ve­nu qui com­pa­raît à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne est claire : res­pon­sable mais pas cou­pable. Ce qua­dra­gé­naire est pour­sui­vi pour une ré­ci­dive de conduite d’un vé­hi­cule sous l’em­pire d’un état al­coo­lique (CEA) dou­blée de ré­bel­lion et d’ou­trages à trois gen­darmes ap­pe­lés pour une in­ter­ven­tion sur un ac­ci­dent de la route.

Il est un peu plus de quatre heures du ma­tin ce 13 no­vembre quand trois per­sonnes qui cir­culent en voi­ture à Bois­set­SaintP­riest s’ar­rêtent pour por­ter secours à un au­to­mo­bi­liste dont la voi­ture est au fos­sé. Leur acte de ci­visme est mal ré­com­pen­sé : loin de les re­mer­cier, la vic­time se montre as­sez agres­sive et me­na­çante. Elle re­pousse le conduc­teur dans son vé­hi­cule et ré­clame à être rac­com­pa­gnée chez elle.

In­sultes et ten­ta­tives de coups

Quand une pa­trouille de trois gen­darmes ar­rive sur place, le ré­cal­ci­trant re­fuse de quit­ter l’ha­bi­tacle. Les mi­li­taires vont être contraints de l’ex­traire et lui an­noncent qu’ils vont l’em­me­ner jus­qu’à la bri­gade de Saint­Jean­So­ley­mieux. L’homme se re­belle, couvre les mi­li­taires d’in­sultes, tente de leur don­ner des coups, se cogne la tête (ce qui va né­ces­si­ter d’ap­pe­ler les sa­peurs­pom­piers)… Pas d’autre so­lu­tion que de le me­not­ter. Il est ma­ni­fes­te­ment ivre, ce que confir­me­ront les tests pas­sés plus tard (deux grammes d’al­cool dans le sang), à l’hô­pi­tal de Mont­bri­son où il est ac­cueilli pour soi­ gner sa bles­sure à la tête. Là, il de­mande à al­ler aux toi­lettes qui sont oc­cu­pées. Le pa­tient s’énerve, in­ju­rie l’in­fir­mière et la gen­dar­mette qui l’as­sistent, les me­nace…

Les trois mi­li­taires se portent par­tie ci­vile à l’au­dience. Deux ré­clament 500 € de dom­mages et in­té­rêt. Une montre et un té­lé­phone por­table ont été abî­més dans la mê­lée. La femme, elle, de­mande 600 € au titre du pré­ju­dice mo­ral.

« Ce qui me gêne, c’est l’at­ti­tude du pré­ve­nu à l’au­dience, ex­plique An­dré Merle. Il est ma­lade mais il a eu suf­fi­sam­ment de clair­voyance pour ten­ter de convaincre les gens ve­nus lui por­ter secours de le ra­me­ner chez lui pour évi­ter un contrôle. Sa ma­la­die n’est qu’un pa­ravent de sa res­pon­sa­bi­li­té. Je crois que là, il faut dire stop », es­time le pro­cu­reur ad­joint de la Ré­pu­blique qui re­quiert huit mois de pri­son, l’an­nu­la­tion du per­mis de conduire du pré­ve­nu, l’in­ter­dic­tion de re­pas­ser l’exa­men avant dix­huit mois et 150 € pour la contra­ven­tion liée à la vi­tesse ex­ces­sive ayant en­traî­né la sor­tie de route.

« Sa ma­la­die n’est qu’un pa­ravent de sa res­pon­sa­bi­li­té. »

Mis­sion im­pos­sible pour la dé­fense

Si le ma­gis­trat est si « sé­vère », c’est que le ca­sier ju­di­ciaire du qua­dra­gé­naire est char­gé : plus d’une di­zaine de condam­na­tions dé­jà pro­non­cées dont la grande ma­jo­ri­té liée à de la dé­lin­quance rou­tière. Ain­si, en dé­cembre 2015, il a éco­pé d’une peine de pri­son as­sor­tie d’un sur­sis­mise à l’épreuve (SME) pen­dant trois ans. Et ce jour­là, son per­mis de conduire a été an­nu­lé…

Dans ces con­di­tions, mis­sion im­pos­sible pour son avo­cate, Me Fré­dé­rique Fer­re­ro, de dé­fendre une cause presque per­due. Son client a été condam­né à six mois ferme, 1.000 € de dom­mages et in­té­rêts à ver­ser aux par­ties ci­viles et 150 € d’amende. L’an­nu­la­tion du per­mis a été consta­tée avec in­ter­dic­tion de le re­pas­ser avant un an et de­mi. ■

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