Louise Ga­gnaire évoque ses an­nées d’école

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Portes Du Forez -

L’as­sem­blée gé­né­rale des an­ciens élèves des écoles pu­bliques, jeu­di 19 jan­vier, a don­né lieu à quelques sé­quences sou­ve­nirs. Mor­ceaux choi­sis avec Louise Ga­gnaire, née De­lorme en 1931.

« L’école pu­blique des filles se trou­vait rue du Onze no­vembre, avec une grande cour en­ca­drée par deux préaux. Il y avait quatre classes qui per­met­taient de pas­ser pro­gres­si­ve­ment de la ma­ter­nelle au cer­ti­fi­cat d’études. J’ai donc connu quatre ins­ti­tu­trices : Mme Du­mou­lin, Mlle Ma­ran­dé, Mlle Bréas­son et Mlle De­van qui était très sé­vère pour sa classe du “cer­tif”. Toutes les de­moi­selles étaient lo­gées sur place, dans les étages. Elles s’éloi­gnaient ra­re­ment de Su­ry ; il n’y avait qu’un car al­ler­retour chaque jour vers SaintÉ­tienne. On al­lait en classe jus­qu’à 16 h 30, y com­pris le sa­me­di mais pas le jeu­di. Et il ne fal­lait pas es­pé­rer quelque sor­tie dans la na­ture : on res­tait à s’en­traî­ner à la lec­ture, à l’écri­ture et au cal­cul… L’ins­ti­tu­trice de la grande classe sé­lec­tion­nait les élèves aptes à pré­sen­ter le cer­ti­fi­cat et les fai­sait tra­vailler en consé­quence. J’ai ob­te­nu mon di­plôme à 13 ans mais j’ai dû res­ter en classe jus­qu’à 14 ans avant d’al­ler en ap­pren­tis­sage cou­ture, c’était la loi. Bien sûr, je garde beau­coup de sou­ve­nirs de cette époque, sur­tout de mes ca­ma­rades mais nous n’étions pas heu­reuses, c’était la guerre. De nom­breux pères n’étaient pas là et les bis­cuits­vi­ta­mines comme le lait ajou­té d’eau dis­tri­bués à l’école ne nous nour­ris­saient guère… » ■

TÉ­MOIN. Louise Ga­gnaire.

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