Où faire son plein gra­tui­te­ment ?

Le car­bu­rant, à Saint­Just­Saint­Ram­bert, est gra­tuit pour les au­to­mo­bi­listes conver­tis à l’élec­trique

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION.

ÉLEC­TRIQUE.

La com­mune de Saint­Just­Saint­Ram­bert, do­tée de bornes de re­charge place Ga­pian et Jean­Mon­net offre le plein aux pro­prié­taires de vé­hi­cules élec­triques.

LAN­CE­MENT.

L’ini­tia­tive, conduite en par­te­na­riat avec le Syn­di­cat des éner­gies de la Loire (Siel), de­vrait être éten­due à Su­ry­le­Com­tal et Mont­bri­son.

Plein de car­bu­rant of­fert : va­lable du 1er no­vembre 2016 au 31 dé­cembre 2017. Un ca­nu­lar ? Pas du tout : une idée du ré­seau pu­blic Mo­bi­loire.

La sta­tion la moins chère du dé­par­te­ment est à SaintJust­Saint­Ram­bert. Coût du plein de car­bu­rant : 0 €. Seule condi­tion pour bé­né­fi­cier de la gra­tui­té : dis­po­ser d’un vé­hi­cule élec­trique.

Ré­so­lu à boos­ter les éner­gies “propres”, le Siel (syn­di­cat in­ter­com­mu­nal des éner­gies de la Loire) pro­cède, de­puis quelques se­maines, à l’ins­tal­la­tion de bornes de re­charge des­ti­nées aux BMW i3, Hyun­dai Io­niq, Nis­san Leaf, Peu­geot iOn et autres Re­nault Zoé. Les sta­tions, pu­bliques, sont créées à la de­mande des com­munes moyen­nant un in­ves­tis­se­ment de 5.000 € (les frais réels ­ 13.000 € ­ sont en fait par­ta­gés à 50/50 avec le Siel qui prend éga­le­ment à sa charge les coûts de main­te­nance jus­qu’à la fin 2018).

La vo­lon­té, af­fi­chée, est d’of­frir à terme un maillage com­plet du ter­ri­toire même si le plan ini­tial pré­voyait en 2014 le dé­ploie­ment au­to­fi­nan­cé de 391 bornes de re­charge, soit une par com­mune. Trop cher, sans doute. L’in­ves­tis­se­ment se mon­tait à 5 millions d’eu­ros. Et peu per­ti­nent dans les zones ru­rales et de moyenne mon­tagne.

« L’ini­tia­tive doit ve­nir des col­lec­ti­vi­tés. À cha­cune de se dé­ci­der », glisse Na­bil Hrai­chi, tech­ni­cien mo­bi­li­té élec­trique au syn­di­cat. Saint­Just­Saint­Ram­bert, la pre­mière, s’est por­tée can­di­date. Alors que deux bornes d’ex­pé­ri­men­ta­tion avaient été ins­tal­lées à Cha­lain­le­Com­tal, au sor­tir de l’A72 et Ro­che­la­Mo­lière, cou­rant 2016, (sans grand suc­cès du reste), la mu­ni­ci­pa­li­té a inau­gu­ré en no­vembre la pre­mière vraie sta­tion du ré­ seau Mo­bi­loire. Place Ga­piand, à deux pas de la mé­dia­thèque et du Fa­mi­ly ci­né­ma, en pleine zone com­mer­ciale ; un em­pla­ce­ment stra­té­gique. Com­mode pour les usa­gers blo­qués le temps de la re­charge (1 h 30 en­vi­ron) et bé­né­fique à l’éco­no­mie lo­cale. « Du ga­gnant­ga­gnant », es­time le maire Olivier Jo­ly, ar­dent dé­fen­seur de la cause (une deuxième sta­tion a été inau­gu­rée la se­maine der­nière, place Jean­Mon­net).

En sept se­maines, la borne de la mé­dia­thèque a en­re­gis­tré 600 re­charges ef­fec­tuées par une tren­taine d’abon­nés. « On part de très loin, re­con­naît Olivier Jo­ly. La vente de voi­tures élec­triques double chaque an­née (+ 26 % en 2016, N.D.L.R.) mais il n’y a pas plus d’un mil­lier d’im­ma­tri­cu­la­tions dans la Loire. » D’où ce pe­tit bo­nus of­fert aux au­to­mo­bi­listes : leur plein gra­tuit, en sus du sta­tion­ne­ment, et ce jus­qu’au 31 dé­cembre 2017.

Le Siel ne prend pas de gros risques fi­nan­ciers : à 2 € la re­charge (le né­ces­saire pour par­cou­rir 400 km), les coûts reste­ ront maî­tri­sés. Mais la dé­marche in­ter­pelle. « C’est une offre de lan­ce­ment, sou­rit Olivier Jo­ly. Quand j’étais pe­tit, les stars du Mon­dial de l’au­to n’étaient autres que les pe­tits bo­lides. Puis les vé­hi­cules propres à forte au­to­no­mie leur ont vo­lé la ve­dette. Les com­por­te­ments des po­pu­la­tions changent. Notre mis­sion, en tant qu’élus lo­caux, est d’y ré­pondre.

Une po­li­tique glo­bale

Il n’est pas ques­tion d’ac­tions spo­ra­diques. Les bornes de re­charge font par­tie d’une po­li­tique glo­bale au même titre que l’éclai­rage in­tel­li­gent bou­le­vard Jean­Jau­rès (il ne se dé­clenche qu’en cas de pré­sence hu­maine, N.D.L.R.), la créa­tion de pistes cy­clables ou l’amé­na­ge­ment d’un par­king de co­voi­tu­rage au sor­tir de la 2 x 2 voies. Le dé­ve­lop­pe­ment du­rable, il y a ceux qui en parlent et qui ne font ja­mais rien et ceux qui oeuvrent ac­tion par ac­tion, à leur échelle, pour faire bou­ger les choses. »

L’ini­tia­tive a trou­vé un bel écho dans la plaine du Fo­rez (Su­ry­le­Com­tal, Mont­bri­son, Saint­Mar­cel­lin­en­Fo­rez ont ma­ni­fes­té leur in­té­rêt) tan­dis que Roan­nais Ag­glo­mé­ra­tion porte un gros pro­gramme d’in­ves­tis­se­ment (30 bornes d’ici la fin 2017 dont 4 sont dé­jà en ser­vice).

L’exé­cu­tif de Saint­Étienne Mé­tro­pole, qui a dé­jà créé trois sta­tions de son propre chef, ré­flé­chi­rait éga­le­ment à un dé­ve­lop­pe­ment plus consé­quent. Im­pos­sible, dé­sor­mais, de ne pas suivre le cou­rant. ■

Une « offre de lan­ce­ment » pour ten­ter d’in­fluer sur les pra­tiques

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