Vieux jeu

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Zapping -

Tem­pête sur la can­di­da­ture fran­çaise aux Jeux olym­piques 2024. Le co­mi­té a eu l’au­dace, l’aplomb, l’in­so­lence de pro­po­ser un slo­gan… en an­glais ! Certes la for­mule re­te­nue (Made for sha­ring, Ve­nez par­ta­ger dans notre bonne vieille langue) uti­li­sée en 1979 pour van­ter les bon­bons Quality street et plus ré­cem­ment par la marque Piz­za hut, se prête à la cri­tique. Mais lui in­ten­ter un pro­cès (au sens lit­té­ral du terme puis­qu’un col­lec­tif d’as­so­cia­tions a dé­ci­dé de por­ter plainte) pour son ca­rac­tère an­glo­phone dé­passe l’en­ten­de­ment.

De par­tout on crie à la vio­la­tion de la loi Tou­bon.

À la trans­gres­sion de la Cons­ti­tu­tion. À la « tra­hi­son ». À l’éra­flure d’un ego sur­di­men­sion­né ? De grâce un peu d’hu­mi­li­té. Aux membres du Front na­tio­nal, vent de­bout, sans doute fau­drait-il ex­pli­quer et rap­pe­ler que le fran­çais, pour in­dis­pen­sable que soit sa pré­ser­va­tion, n’est pas une langue in­ter­na­tio­nale. Que les Jeux olym­piques mo­bi­lisent plus de 10.000 ath­lètes is­sus de 200 na­tions. Et que les sub­ti­li­tés de l’im­par­fait du sub­jonc­tif peinent à s’im­po­ser aux spor­tifs sud-sou­da­nais et ko­so­vars, tout comme, d’ailleurs, aux po­pu­la­tions du ter­roir pré­ten­du­ment bou­le­ver­sées. On tire à bou­lets rouges sur la langue de Do­nal Trump (tiens, ce n’est plus la langue de Sha­kes­peare ; le pré­sident amé­ri­cain a dé­ci­dé­ment tout sa­li) ou­bliant l’ob­jec­tif pre­mier du co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion : convaincre 95 juges d’at­tri­buer les jeux à l’Hexa­gone. Avec la chance, à la clef, de dé­fendre une culture et une langue qui mé­ritent d’être par­ta­gées. To be conti­nued. Par­don. Af­faire à suivre.

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