Ou­bliez tout ce que vous croyez sa­voir sur l’agri­cul­ture…

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale -

Qu’évoque pour vous le tra­vail à la ferme ? Une tren­taine de vaches à l’étable, une traite aux au­rores, de fas­ti­dieuses tâches ma­nuelles… Ré­vi­sez vos clas­siques, l’agri­cul­ture a chan­gé d’ère.

La ferme des dé­lices, à SaintCyr­les­Vignes a 200 ans d’âge. Et plus rien de com­pa­rable avec la pe­tite bi­coque des ori­gines éle­vant trois vaches, quelques poules et co­chons. L’as­so­cia­tion des fa­milles Gi­raud et Vial, en 2015, a pro­pul­sé le GAEC au rang des grandes ex­ploi­ta­tions. 180 hec­tares de cultures rai­son­nées (es­sen­tiel­le­ment de la lu­zerne) as­surent l’au­to­no­mie ali­men­taire (à 90 %) de son trou­peau de lai­tières, 180 Prim’Hol­stein, aux­quels il faut ajou­ter 200 veaux et gé­nisses nés dans l’an­née. Rap­por­tée au nombre de sa­la­riés (ils sont huit à en vivre), la taille de l’ex­ploi­ta­tion n’a rien d’ex­cep­tion­nel mais les éco­no­mies d’échelle dues à la mu­tua­li­sa­tion ont per­mis d’in­ves­tir.

Ro­bot de traite

La ferme est do­tée d’im­pres­sion­nants dis­po­si­tifs tech­niques : un sé­chage en grange de 180 tonnes, une uni­té de méthanisation mais aus­si un ro­bot de traite. Les vaches, libres d’al­ler et ve­nir sous les hauts pla­fonds de la sta­bu­la­tion, ne sont plus as­treintes aux longues files d’at­tente. « En 2010, se rap­pelle Cé­line Gi­raud, il fal­lait 2 h 30, ma­tin et soir, pour traire 60 lai­tières. Les bêtes en de­ve­naient ner­veuses à force de pié­ti­ner. Au­jourd’hui elles se pré­sentent au ro­bot lors­qu’elles le sou­hai­ tent (une pe­tite frian­dise les in­cite à re­joindre le dis­po­si­tif qui ne se dé­clenche qu’après iden­ti­fi­ca­tion de l’ani­mal via une puce élec­tro­nique pla­cée dans son col­lier, six heures mi­ni­mum de­vant sé­pa­rer chaque pas­sage) ».

« Nous contrô­lons le poids des vaches et la tem­pé­ra­ture du lait en temps réel, in­dique Lio­nel Vial. L’ana­lyse des don­nées nous per­met de dé­tec­ter une in­flam­ma­tion des ma­melles deux jours plus tôt mais aus­si de pro­gram­mer une mise en re­pro­duc­tion. Nous pas­sons moins de temps à la traite et pa­ra­doxa­le­ment nous sommes da­van­tage à l’écoute des ani­maux. »

Les nais­sances, elles aus­si, se gèrent en mode 2.0 : une pe­tite sonde aver­tit l’agri­cul­teur par SMS d’un vê­lage im­mi­nent. « La force phy­sique n’est plus un pré­re­quis, constate Cé­line Gi­raud. Le fer­mier s’est chan­gé, au fil du temps, en tech­ni­cien. » ■

STA­BU­LA­TION. 180 vaches com­posent le trou­peau du GAEC.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.