Du bon usage des ré­seaux so­ciaux…

Les élus li­gé­riens livrent leur re­gard sur l’in­té­rêt des ré­seaux so­ciaux et leur uti­li­sa­tion

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

Ils sont dé­pu­tés, maires, conseillers ré­gio­naux, dé­par­te­men­taux et uti­lisent ré­gu­liè­re­ment les ré­seaux so­ciaux. Mise en scène, ré­ac­tion, lieu de li­ber­té d’ex­pres­sion, moyen de s’adres­ser aux élec­teurs… Ces élus li­gé­riens dé­voilent leur ma­nière mé­tho­dique d’uti­li­ser Fa­ce­book ou Twit­ter.

Les tweets ra­va­geurs de Do­nald J. Trump du­rant la cam­pagne des pré­si­den­tielles amé­ri­caines et ceux de ses pre­mières se­maines au pou­voir dé­montrent, si be­soin était, la puis­sance des ré­seaux so­ciaux.

Toutes pro­por­tions gar­dées, Twit­ter, ré­seau so­cial au « pe­tit oi­seau bleu » et Fa­ce­book, qu’on ne pré­sente plus, re­pré­sentent de vrais moyens de com­mu­ni­ca­tion pour les élus du ter­ri­toire.

Jean-Louis Ga­gnaire : « Le pro­blème, c’est que je tweete trop. » Ce n’est pas le dé­pu­té Jean­Louis Ga­gnaire qui af­fir­me­ra le contraire. Avec plus de 20.700 tweets ­ ces mes­sages de 140 ca­rac­tères maxi­mum ­ à son ac­tif, l’élu sté­pha­nois aux 4.439 abon­nés est in­con­tes­ta­ble­ment le plus ac­tif sur le ré­seau so­cial à l’oi­seau bleu. Il avoue y consa­crer près d’une heure par jour : « Je me sers d’abord de Twit­ter comme d’un fil d’ac­tua­li­té. Ce­la me per­met de ré­agir en temps réel sur des thèmes qui me sont chers et d’at­ti­rer l’oeil des dé­ci­deurs et des jour­na­listes. Mes tweets servent aus­si d’amor­çage pour mon site In­ter­net. Ma news­let­ter touche 9.500 abon­nés alors qu’avec cer­tains tweets, j’ai pu tou­cher jus­qu’à 17.000 per­sonnes. Le pro­blème c’est que je tweete trop », re­con­naît le dé­pu­té li­gé­rien, qui n’hé­site pas, par­fois, à ré­pondre à ses contra­dic­teurs trop vé­hé­ments. « Je suis un peu cash par­fois. Cer­ tains se cachent der­rière des pseu­do­nymes et se per­mettent d’in­sul­ter. Mais quand je vois que ça tourne mal, je bloque la con­ver­sa­tion. Glo­ba­le­ment, ce­la reste un très bon exer­cice. Ré­su­mer une idée en 140 signes, c’est très sti­mu­lant. Je n’hé­site pas à ap­por­ter la contra­dic­tion à Fran­çois Fillon, à Ma­rine Le Pen, etc. C’est un vrai ins­tru­ment de li­ber­té, un moyen d’ex­pres­sion qui per­met à tout un cha­cun de don­ner son avis. »

Di­no Ci­nie­ri : « Les élus doivent vivre avec leur temps. » Pré­sent de longue date sur Fa­ce­book, le dé­pu­té Les Ré­pu­bli­cains Di­no Ci­nie­ri s’est ins­crit sur Twit­ter en fé­vrier der­nier. « Fa­ce­book per­met de rendre compte au quo­ti­dien de mes ac­tions sur le ter­rain et Twit­ter m’offre la pos­si­bi­li­té de ré­agir en di­rect sur l’ac­tua­li­té. C’est une vé­ri­table au­to­route d’in­for­ma­tion entre élus, ad­mi­nis­trés, ac­teurs éco­no­miques et jour­na­listes. Et puis les Fran­çais sont de plus en plus connec­tés. Les élus doivent vivre avec leur temps », ré­sume le dé­pu­té, qui par­tage son compte avec ses col­la­bo­ra­teurs di­rects : « Quand on me pose des ques­tions per­son­nelles, je ré­ponds di­rec­te­ment, mais lors­qu’il s’agit d’un dos­sier tech­nique, je fais confiance à mes col­la­bo­ra­teurs. »

Pier­rick Cour­bon, as­sis­tant par­le­men­taire de Ré­gis Jua­ni­co : « Dis­tin­guer les ac­tions lo­cales et na­tio­nales. » Pré­sent de longue date sur les ré­seaux so­ciaux, Ré­gis Jua­ni­co est l’élu li­gé­rien qui pos­sède le plus de « fol­lo­wers » (com­pre­nez d’in­ter­nautes qui suivent son ac­tua­li­té sur Twit­ter) avec 10.382 membres. Son at­ta­ché par­le­men­taire Pierrck Cour­bon parle d’un « ou­til de com­mu­ni­ca­tion po­li­tique in­con­tour­nable. Ré­gis Jua­ni­co fait beau­coup de choses et il faut le faire sa­voir. On uti­lise Fa­ce­book pour des ac­tions réa­li­sées dans la cir­cons­crip­tion et Twit­ter pour des ac­ti­vi­tés na­tio­nales.

Le dé­pu­té a été tré­so­rier na­tio­nal du Par­ti so­cia­liste et main­te­nant porte­pa­role de Be­noît Ha­mon. Il gé­nère une au­dience. Sur Twit­ter, ses fol­lo­wers sont des élus na­tio­naux, des jour­na­listes de presse na­tio­nale, ils sont moins in­té­res­sés par un tour­noi de foot à Saint­JeanBon­ne­fonds », ré­sume l’un de ses col­la­bo­ra­teurs qui anime la page Fa­ce­book. « C’est prin­ci­pa­le­ment Ré­gis Jua­ni­co qui twee­ te. Dans un sou­ci de ré­ac­ti­vi­té, je prends la main quand je li­vet­weete ses pas­sages ra­dio ou té­lé », pré­cise Pier­rick Cour­bon. Com­pre­nez qu’il écrit en di­rect des tweets lors des in­ter­ven­tions mé­dia­tiques du dé­pu­té.

Ch­ris­tophe Ba­zile : « Un moyen sup­plé­men­taire de gar­der le contact. » Le maire de Mont­bri­son a conser­vé sa page Fa­ce­book qu’il avait ou­verte en 2008, alors qu’il n’était pas en­core élu. « Je l’uti­lise comme un moyen d’in­for­ma­tion pour les 3.000 per­sonnes qui me suivent. Mes pu­bli­ca­tions in­forment des tra­vaux réa­li­sés sur la com­mune. C’est un moyen sup­plé­men­taire de gar­der le contact. Je re­çois beau­coup de mes­sages pri­vés pour ré­gler des si­tua­tions per­son­nelles, des pro­blèmes de voi­rie… Ce­la per­met d’échan­ger et de gar­der de la proxi­mi­té », té­moigne l’édile mont­bri­son­nais.

Pierre-Jean Ro­chette : « Ce qui ne me po­sait pas de pro­blèmes avant m’en pose au­jourd’hui. » Le conseiller dé­par­te­men­tal et maire de Boën­sur­Lignon a connu quelques mésa­ven­tures, ré­cem­ment, à cause de cer­tains mes­sages pos­tés sur sa page Fa­ce­book. « Je n’ai pas chan­gé mon compte quand j’ai été élu. Nous al­lons bien­tôt en créer un nou­veau, très po­li­cé et je gar­de­rai le mien où je n’au­rais que mes amis en contact. Le mé­lange des deux, ça ne marche pas. Ce qui ne me po­sait pas de pro­blèmes avant m’en pose au­jourd’hui. Je n’aime pas trop ce que mes ad­ver­saires po­li­tiques veulent me col­ler comme image, à tra­vers les mes­sages que j’ai pu écrire. Main­te­nant, je tourne plu­sieurs fois ma langue dans la bouche avant de par­ler », re­con­naît le maire boën­nais, qui a con­fié la ré­dac­tion des mes­sages à une élue du con­seil mu­ni­ci­pal et une se­cré­taire. « J’ai confiance en elles et en leur or­tho­graphe. J’ai vu des pro­fils bour­rés de fautes et je trouve ce­la contre­pro­duc­tif », as­sure­t­il.

Jean­Louis Ga­gnaire : « Je suis par­fois un peu cash dans mes ré­ponses »

Avec 10.382 fol­lo­wers, Ré­gis Jua­ni­co est l’élu li­gé­rien le plus sui­vi sur Twit­ter

Pierre­Jean Ro­chette : « Je vais bien­tôt créer une page Fa­ce­book plus po­li­cée »

So­phie Ro­bert : « On est mu­se­lés. C’est un moyen de com­mu­ni­quer. » La conseillère ré­gio­nale FN So­phie Ro­bert compte 2.648 abon­nés sur Twit­ter. Pour elle, « c’est un moyen de com­mu­ni­quer. On est mu­se­lés, on passe très ra­re­ment dans la presse. Twit­ter a une double uti­li­té. Il per­met d’orien­ter les in­ter­nautes sur notre site et on es­saye de re­layer la cam­pagne de Ma­rine (Le Pen, N.D.L.R.). Le mi­li­tan­tisme change et les gens s’in­forment beau­coup via les ré­seaux so­ciaux. Ce­la vient com­plé­ter nos ac­tions sur le ter­rain », pré­cise l’élue fo­ré­zienne, très pré­sente en pho­to sur son fil Twit­ter. « On m’a in­ci­té à faire connaître da­van­tage mes ac­tions. Je tra­vaille énor­mé­ment au sein du par­ti, en me met­tant en pho­to, je montre toutes les ac­tions dont les gens n’avaient pas connais­sance. »

Jo­hann Ce­sa : « Twit­ter reste un cercle res­treint. » Le conseiller ré­gio­nal (PS) et membre de l’op­po­si­tion à Feurs uti­lise ré­gu­liè­re­ment Twit­ter. Sui­vi par 1.057 per­sonnes, l’élu fo­ré­zien uti­lise le ré­seau « pour ré­agir aux dé­bats po­li­tiques té­lé­vi­sés. On est bien ser­vis, en ce mo­ment, avec Fillon. La dif­fi­cul­té, c’est d’ex­pri­mer une idée en 140 ca­rac­tères. Mais l’in­té­rêt, c’est sur­tout de trou­ver la pun­chline (ou phrase choc, N.D.L.R.) et d’ar­ri­ver à créer l’in­ter­ac­tion. Twit­ter reste tou­te­fois un cercle res­treint qui ne doit pas nous exo­né­rer des ac­tions sur le ter­rain. » ■

CAP­TURE D’ÉCRAN

COM­MU­NI­CA­TION. Les élus du ter­ri­toire sont de plus en plus pré­sents sur les ré­seaux so­ciaux.

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