La Poste tra­vaille contre la montre

L’en­tre­prise ré­vo­lu­tionne le ser­vice pu­blic pos­tal à grande vi­tesse pour évi­ter le nau­frage

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Le chan­ge­ment c’est main­te­nant. Et ce n’est qu’un dé­but. La Poste, dont les pre­mières mu­ta­tions ont été en­ga­gées il y a dix ans, ac­cé­lère le pro­ces­sus. Et le Fo­rez suit les di­rec­tives à la lettre.

Le constat est in­dis­cu­table. En quelques an­nées, le nu­mé­rique a ren­ver­sé le mo­dèle pos­tal. Ré­vo­lu­tion­né les usages. Les clients qui, hier, se dé­pla­çaient au gui­chet pour ex­pé­dier un re­com­man­dé s’ac­quittent au­jourd’hui de la dé­marche d’un simple clic sur le Net. Même chose pour les vi­re­ments ban­caires. « Il a fal­lu pro­po­ser de nou­veaux ser­vices en ligne, confie Clo­tilde Bou­cher, di­rec­trice des pro­jets Loire­Drôme­Ar­dèche. Et re­pen­ser notre pré­sence sur ter­rain. »

Des obli­ga­tions lé­gales

La Poste, qui avance une baisse de fré­quen­ta­tion an­nuelle de 7 à 8 % aux gui­chets, ne jure plus que par ses “points de con­ tact”. Se re­ti­rer du monde ru­ral n’est pas à l’ordre du jour. Même si elle le vou­lait, l’en­tre­prise est sou­mise à un contrat d’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire. La loi du 9 fé­vrier 2010 dé­fi­nit ses en­ga­ge­ments : 90 % de la po­pu­la­tion doit se trou­ver à moins de 5 km et 20 mi­nutes en tra­jet au­to­mo­bile d’une of­fi­cine. Mais les bu­reaux te­nus en propre re­lèvent de l’es­pèce me­na­cée. Si la di­rec­tion in­ves­tit en­core dans ses murs (1,4 mil­lion d’eu­ros de tra­vaux ont per­mis, en 2016, d’amé­lio­rer le con­fort et l’ac­cueil des clients à Saint­Étienne), la mode est clai­re­ment à la sous­trai­tance.

« En re­strei­gnant pro­gres­si­ve­ment les ho­raires de ses bu­reaux his­to­riques, La Poste crée les condi­tions d’une baisse de fré­quen­ta­tion pour en­suite jus­ti­fier les fer­me­tures », s’in­digne Sé­bas­tien Sou­lier, se­cré­taire gé­né­ral CGT FAPT Loire. Ré­sul­tat : il ne sub­siste plus que 97 bu­reaux tra­di­tion­nels dans la Loire pour 197 points de contact. En cam­pagne, les clients s’adressent dé­sor­mais en… mai­rie. 63 contrats ont été pas­sés avec les mu­ni­ci­pa­li­tés li­gé­riennes pour la créa­tion d’une agence pos­tale com­mu­nale (dont la der­nier en date à Saint­Georges­en­Cou­zan).

« C’est le point de contact le plus ré­pan­du, constate Clo­tilde Bou­cher. Le per­son­nel com­mu­nal réa­ lise 95 % des opé­ra­tions cou­rantes ce qui per­met à la mu­ni­ci­pa­li­té d’avoir un com­plé­ment d’ac­ti­vi­té et de re­ve­nus. »

Ré­duire la frac­ture nu­mé­rique

Autre mo­dèle très en vogue : le re­lais com­mer­çant. Bu­ra­listes, épi­ciers en­dossent le rôle des gui­che­tiers avec l’avan­tage de l’am­pli­tude ho­raire (cer­ tains sont ou­verts de 10 à 22 heures). L’en­ca­dre­ment ne s’in­ter­dit rien. La ré­flexion en­globe, de­puis quelques mois, l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire : La Poste a ou­vert un point de contact au Comp­toir de cam­pagne à Champ­dieu, en 2016. crois­sance ex­terne n’est plus un ta­bou. La Poste ac­com­pagne les start­up en dé­ve­lop­pe­ment, or­ga­nise l’exa­men théo­rique du per­mis de conduire (300 can­di­dats au code de la route ont été ac­cueillis ces six der­niers mois à Saint­Étienne). De pro­fonds chan­ge­ments que stig­ma­tisent les syn­di­cats mais que va­lide la cour des comptes. L’ins­ti­tu­tion dans son rap­port de dé­cembre 2016, a même in­ci­té l’en­tre­prise à ac­cé­lé­rer les ré­formes. Et pré­ve­nu : « Ces bou­le­ver­se­ments sont loin d’être ter­mi­nés. » ■

49 % des points de contact sont le fruit de par­te­na­riats

POINTS DE CONTACT. Com­merces et mai­ries ont suc­cé­dé aux bu­reaux de poste tra­di­tion­nels (notre pho­to), no­tam­ment en mi­lieu ru­ral.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.