Et ici, elle n’est pas plus belle, la vie ?

Ro­land Mar­chi­sio, ac­teur de ci­né­ma, théâtre et sé­ries TV, vit au Co­teau de­puis août 2016

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Le Portrait - Pas­cal Jac­quet pas­cal.jac­quet@cen­tre­france.com

De­puis son ma­riage à Pra­dines en 2014, l’ac­teur aime à ve­nir se res­sour­cer dans le Roan­nais entre tour­nées théâ­trales et tour­nages. « Un ter­ri­toire à taille hu­maine », bien loin de Mar­seille qui l’a vu naître et de Pa­ris où il a dé­bu­té son mé­tier.

R oland Mar­chi­sio est de ceux dont on re­con­naît le vi­sage lors­qu’il ap­pa­raît sur le pe­tit écran. Sans être for­cé­ment ca­pable de ci­ter avec exac­ti­tude à quels films ou sé­ries té­lé ce sou­ve­nir cor­res­pond.

Plus ha­bi­tué des se­conds rôles que des têtes d’af­fiche, le co­mé­dien pos­sède cette pré­dis­po­si­tion à dé­ga­ger la sym­pa­thie au prime abord. Une bon­ho­mie dont il joue de­vant les ca­mé­ras ou sur les planches de­puis bien­tôt 50 ans. « Dans le pro­chain James Bond, j’ai plus in­té­rêt à pos­tu­ler pour jouer son beau­frère que 007 lui­même », sou­rit­il.

« Seul le sup­port change ; mon mé­tier reste le même : in­ter­pré­ter, faire croire que… »

Ro­land Mar­chi­sio est un homme simple qui a réus­si. Au ci­né­ma, il a tour­né avec Gé­rard Ju­gnot, Claude Le­louch, Ma­thieu Kas­so­vitz et Luc Bes­son ; sur les planches, il a été nom­mé pour le Mo­lière du meilleur co­mé­dien dans un se­cond rôle ; à la té­lé, il a joué dans les sé­ries Blague à part, Cam­ping Pa­ra­dis, Plus belle la vie et bien­tôt Scènes de mé­nages. « Je suis comme un ar­ti­san. Un me­nui­sier fa­brique des com­modes, des fau­teuils ou d’autres meubles. C’est pa­reil pour moi. Seul le sup­port change ; mon mé­tier de base reste le même : in­ter­pré­ter, faire croire que… »

Cette pas­sion du jeu lui est ve­nue à l’époque des an­nées ly­cée. Pour­tant, après avoir fait l’École Nor­male, Ro­land Mar­chi­sio de­vient ins­ti­tu­teur du­rant cinq ans. Il monte quelques pièces de ca­fé­théâtre avec des amis puis l’en­vie de­vient trop forte. « J’étais sur une branche forte, l’Édu­ca­tion na­tio­nale, et j’ai dé­ci­dé de me lan­cer sur une brin­dille en es­pé­rant qu’elle ne soit pas cas­sante ». En 1986, à 26 ans, il prend la di­rec­tion de la ca­pi­tale pour de­ve­nir co­mé­dien. La vie lui a ap­pris à al­ler cher­cher les choses plu­tôt qu’à les at­tendre. Au dé­but des an­nées 1990, il joue sur les planches une pièce qu’il a co­écrite. Il est re­pé­ré par un agent qui le conseille pour tour­ner une pu­bli­ci­té dif­fu­sée dans les salles de ci­né­ma. Le réa­li­sa­teur est Gé­rard Ju­gnot. En 1994, l’an­cien de la troupe du Splen­did lui offre son pre­mier rôle d’im­por­tance sur grand écran avec Casque bleu. Gé­rard Ju­gnot le rap­pel­le­ra pour Fal­lait pas ! en 1996, puis Mon­sieur Ba­ti­gnole en 2002 et Rose et Noir en 2009.

Le pe­tit écran lui fait éga­le­ment les yeux doux pour jouer dans de nom­breuses sé­ries et té­lé­films. « Je se­rai dans le pro­chain prime time de Scènes de mé­nages sur M6. Avec Mi­chaël Youn, nous sommes deux cu­rés et cé­lé­brons un ma­riage », an­nonce Ro­land Mar­chi­sio.

Le Roan­nais, un havre de paix

Mais par­mi ses dif­fé­rentes cas­quettes, c’est celle de co­mé­dien de théâtre qu’il pré­fère tout de même en­fi­ler le plus ré­gu­liè­re­ment. « Il faut sa­voir s’adap­ter, do­ser l’in­ten­si­té du jeu par rap­port au pu­blic. La ré­ponse est im­mé­diate une fois le ri­deau ou­vert. C’est lu­dique. En fait, je conti­nue à jouer aux gen­darmes et aux vo­leurs. J’ai bien­tôt 60 ans phy­si­que­ment mais j’ai 9 ans dans ma tête. » Son ta­lent lui vau­dra une no­mi­na­tion aux Mo­lières en 2004 pour son rôle dans une pe­tite pièce, Por­trait de fa­mille.

Ro­land Mar­chi­sio conti­nue d’ar­pen­ter les planches. En France, Bel­gique, Suisse… Il vient de re­par­tir en tour­née avec Mi­chèle Ber­nier pour Folle Aman­da, après quelques se­maines au calme dans le Roan­nais. Après 20 ans pas­sés à Pa­ris puis Avi­gnon, l’ac­teur s’est ins­tal­lé à Pra­dines en 2014, vil­lage d’ori­gine de son épouse, elle aus­si co­mé­dienne. De­puis 2016, le couple ha­bite au Co­teau. « J’ai pas­sé 20 ans à être un sta­kha­no­viste. Je ne re­grette pas, c’est un ap­pren­tis­sage obli­gé. Mais au­jourd’hui, ma car­rière a bas­cu­lé. Avant, je don­nais tout pour mon mé­tier. Au­jourd’hui, ma no­to­rié­té me per­met d’un peu plus at­tendre les rôles. J’ar­rive ain­si à don­ner une part plus im­por­tante à ma fa­mille. »

Père de quatre en­fants, il ap­pré­cie la « taille hu­maine » et le cadre de la ré­gion roan­naise. « Mes deux pre­miers en­fants sont nés à Pa­ris. Leurs pre­mières ono­ma­to­pées ont été “vroum vroum”. J’es­père que celles de mes deux der­niers se­ront “meuh” ou “cui­cui” », es­ père ce­lui qui se re­ven­dique comme un homme de la cam­pagne. Il aime les plai­sirs simples, les gens ou­verts et dé­couvre pe­tit à pe­tit les atouts de sa ré­gion d’adop­tion. « Je suis dans un mé­tier où il faut sa­voir gar­der les pieds sur terre. Éla­guer un arbre me fait du bien, ce­la per­met de re­la­ti­vi­ser. Nous sommes des co­mé­diens, nous ne sau­vons per­sonne. »

Sur la scène de la vie, nul doute que Ro­land Mar­chi­sio est bien plus qu’un se­cond rôle… ■

PAS­CAL JAC­QUET

SIM­PLI­CI­TÉ. Ro­land Mar­chi­sio sou­haite s’ins­tal­ler du­ra­ble­ment dans le Roan­nais, loin de la vie tu­mul­tueuse des grandes mé­tro­poles. Sa no­to­rié­té lui per­met au­jourd’hui de pro­fi­ter des plai­sirs simples et de sa fa­mille.

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