Qui par­raine qui ? Vous sau­rez tout !

La loi d’avril 2016 oblige les élus à par­rai­ner un can­di­dat au vu et au su de tous les ci­toyens

Le Pays Roannais (Montbrison) - - La Une - Jean-Paul Gon­deau

ÉLEC­TION. Les dif­fé­rents can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle des 23 avril et 7 mai pro­chains n’ont ras­sem­blé, à ce jour, que107 parrainages dans la Loire.

IN­DÉ­CIS. Apo­li­tiques, re­froi­dis par une cam­pagne dé­ce­vante, fri­leux à l’idée d’af­fi­cher un sou­tien of­fi­ciel à un can­di­dat… Re­trou­vez les té­moi­gnages des élus fo­ré­ziens.

En 1965, il fal­lait 100 parrainages pour se pré­sen­ter à la pré­si­den­tielle. En 1976, leur nombre a été por­té à 500... sans li­mi­ter pour au­tant le nombre de can­di­dats. La nou­velle loi ins­tau­rant la pu­bli­ci­té des si­gna­tures se­ra-t-elle dis­sua­sive ?

Com­bien sont­ils à es­pé­rer 500 si­gna­tures de 47.413 maires, par­le­men­taires, dé­pu­tés eu­ro­péens, conseillers dé­par­te­men­taux, conseillers ré­gio­naux et pré­si­dents d’in­ter­com­mu­na­li­té ? À la louche, en comp­tant les artistes en mal de pro­mo­tion et les hur­lu­ber­lus à l’ego ga­lo­pant tel le «Grand Mo­narque de l’Uni­vers », une bonne qua­ran­taine de can­di­ dats...

Au 23 fé­vrier, date de l’ou­ver­ture des parrainages, beau­coup d’ap­pe­lés, donc, mais au 17 mars, date à la­quelle se­ra éta­blie la liste dé­fi­ni­tive, sans doute une pe­tite di­zaine « d’élus »...

Ce qui res­te­ra tout de même plé­tho­rique au re­gard de la rai­son d’être de la loi du 25 avril 2016 : em­pê­cher le n’im­porte quoi et le laxisme tant du cô­té des élus que des pré­ten­dants... Il s’agit d’« Évi­ ter des can­di­da­tures trop nom­breuses et d’écar­ter les can­di­da­tures “fan­tai­sistes” ou “de té­moi­gnage” ayant pour seul ob­jec­tif de faire connaître une per­son­na­li­té ou les in­té­rêts ca­té­go­riels qu’elle dé­fend », tra­duit le site ins­ti­tu­tion­nel Vie pu­blique.

En 1965, il fal­lait 100 parrainages pour se pré­sen­ter à la pre­mière élec­tion pré­si­den­tielle au suf­frage uni­ver­sel. En 1976, alors que le nombre de can­di­da­tures était pas­sé de six en 1965 à douze en 1974, le lé­gis­la­teur dé­ci­da de mul­ti­plier par cinq les 100 parrainages ini­tia­le­ment re­quis. En pure perte : ils furent dix pos­tu­lants en 1981 mais sur­tout seize en 2002 puis douze en 2007 et dix en 2012...

La loi de 2016 a dé­cré­té la pu­bli­ci­té in­té­grale des si­gna­taires, et ce « en conti­nu, au moins deux fois par se­maine, au fur et à me­sure de la ré­cep­tion des parrainages », dixit le Con­seil consti­tu­tion­nel.

Il in­combe d’ailleurs à ce Con­seil de col­lec­ter de­puis le jeu­di 23 fé­vrier les parrainages par can­di­dat et de pu­blier sur son site In­ter­net le nom des heu­reux élus si­gna­taires « le mar­di et le ven­dre­di » jus­qu’au 17 mars à 18 heures.

À no­ter que ces parrainages doivent im­pé­rieu­se­ment être en­voyés par la Poste, celle­ci fai­sant da­van­tage foi que la voie in­for­ma­tique se­lon nos vé­né­rables gar­diens de la Ré­pu­blique. ■

Six pos­tu­lants en 1965, dix en 2012

DER­NIER DÉ­LAI. Les élus ont jus­qu’à ven­dre­di 17 mars pour ap­por­ter leur par­rai­nage à un can­di­dat à la pré­si­den­tielle.

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