Ils ont choi­si... de ne pas choi­sir

Ch­ris­tophe Ba­zile et Alain Ber­théas pré­servent l’uni­té

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - La ré­dac­tion du Pays

Le maire de Mont­bri­son et le pré­sident de Loire Fo­rez passent leur tour.

Le sys­tème de fil­trage ins­tau­ré par le Con­seil consti­tu­tion­nel concerne en pre­mier lieu les maires (ils re­pré­sentent 73% des parrainages sur le plan na­tio­nal et 61% des voix dans la Loire) rac­co­lés par lettres ou cour­riels, re­lan­cés par té­lé­phone ou dé­mar­chés à do­mi­cile. On no­te­ra l’em­bar­ras de beau­coup à s’en­ga­ger (lire page ci­contre). Leur apo­li­tisme prag­ma­tique, ren­for­cé par les in­cer­ti­tudes du scru­tin, la dé­fiance visà­vis des “élites” ju­gées in­dif­fé­rentes aux pré­oc­cu­pa­tions lo­cales ex­pliquent cette ré­ti­cence. Bien da­van­tage, semble­t­il, que les ri­gueurs de la loi de 2016. Mais les « pe­tits » maires ru­raux ne sont pas les seuls à choi­sir de gar­der le si­lence.

Un manque de clar­té pro­hi­bi­tif

Le maire de Mont­bri­son, Ch­ris­tophe Ba­zile, n’a pas don­né son par­rai­nage et n’ac­cor­de­ra sa voix à... « au­cun can­di­dat. Notre équipe, qui a la charge de la ges­tion de la ville, est di­verse, ex­plique l’édile fo­ré­zien qui, en 2014, a été élu sur une liste sans éti­quette. Elle re­pré­sente un large ras­sem­ble­ment de la droite, du centre et de la société ci­vile et nous sommes tous d’ac­cord sur le fait de sou­te­nir le can­di­dat qui ras­semble tous ces cou­rants de pen­sée quand il y a un can­di­dat unique. Au­jourd’hui ce n’est pas le cas. Les cen­tristes sont di­vi­sés, la droite aus­si. Cha­cun est donc libre de ses opi­nions et op­tions. »

Et quand vous évo­quez le sou­tien de Fran­çois Fillon qui était ve­nu à Mont­bri­son, en 2014, ap­puyer Ch­ris­tophe Ba­zile, le maire est clair et « droit dans ses bottes » : « En 2014, ac­cueillir un an­cien Pre­mier mi­nistre était un hon­neur pour notre ville et nous l’avons re­çu comme nos pré­dé­ces­seurs l’avaient fait avec un autre an­cien Pre­mier mi­nistre, Ray­mond Barre. D’ailleurs, les Mont­bri­son­nais, qui sont as­sez grands pour choi­sir leur can­di­dat, n’at­tendent pas de nous que nous leur don­nions des consignes. Ils pré­fèrent de loin que nous concen­trions notre at­ten­tion et nos ef­forts sur leur quo­ti­dien. »

La feuille de par­rai­nage du pré­sident de la com­mu­nau­té d’ag­glo­mé­ra­tion Loire Fo­rez Alain Ber­théas de­vrait éga­le­ment res­ter vierge d’ici le 17 mars, date à la­quelle le Con­seil consti­tu­tion­nel bou­cle­ra dé­fi­ni­ti­ve­ment la liste. L’élu pon­tram­ber­tois juge le cli­mat de cette cam­pagne « dé­plo­rable et dé­tes­table, très loin des prio­ri­tés de nos conci­toyens. Je suis ex­trê­me­ment dé­çu qu’on n’aborde pas les ques­tions de fond et que les can­di­dats se de­mandent s’il faut plu­tôt por­ter un cos­tume gris ou bleu ma­rine », ca­ri­ca­ture­t­il à peine, sans al­ler jus­qu’à se de­man­der si les­dits cos­tumes étaient ache­tés par les can­di­dats ou of­ferts par de « gé­né­reux amis ».

Le pré­sident de l’in­ter­com­mu­na­li­té pré­cise éga­le­ment que lors­qu’il a re­çu le for­mu­laire, « le Par­ti ra­di­cal était en pleine ré­flexion. Nous avions dé­ci­dé d’at­tendre que les choses se cla­ri­fient. Ce n’est pas le cas et je n’ai pas l’in­ten­tion de ren­trer dans les po­lé­miques ac­tuelles. »

Dé­goû­té par le tour fu­tile de la cam­pagne

Sol­li­ci­té à plu­sieurs re­prises par les équipes des can­di­dats, Alain Ber­théas a tou­jours re­fu­sé d’ap­po­ser sa griffe en bas de la de­mande de par­rai­nage. « J’ai aus­si re­çu quelques de­mandes que je qua­li­fie­rais d’exo­tiques (sic). J’es­time qu’il faut être sé­rieux. On parle de la plus haute fonc­tion de l’État fran­çais. Ce­la mé­rite de la consi­dé­ra­tion et du res­pect. Quand je vois cer­tains can­di­dats, je trouve qu’on dé­na­ture ce que doit être la po­li­tique. » ■

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