Sta­tu quo aux ur­gences de Feurs

L’ARS a re­nou­ve­lé son au­to­ri­sa­tion d’exer­cice pour cinq ans

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lae­ti­tia Co­hen­det lae­ti­tia.co­hen­det@cen­tre­france.com

Les ur­gences de Feurs res­tent ou­vertes entrent mi­nuit et 8 heures du ma­tin. La di­rec­tion ré­flé­chit, et ré­flé­chit seule­ment, à l’ave­nir du ser­vice compte te­nu de la faible ac­ti­vi­té.

La di­rec­trice du centre hos­pi­ta­lier (CH) du Fo­rez, Ma­rie­An­drée Por­tier, nous l’a confir­mé ce mer­cre­di 29 mars : l’Agence ré­gio­nale de san­té (ARS) a re­nou­ve­lé ces der­niers jours son au­to­ri­sa­tion d’exer­cice au ser­vice des ur­gences de Feurs. Une au­to­ri­sa­tion va­lable pour cinq ans et en l’état, au­tre­ment dit pour une ex­ploi­ta­tion H24. De fer­me­ture en nuit pro­fonde, il n’est donc pas ­ ou plus ­ ques­tion. Pour le mo­ment...

Trois pa­tients re­çus de nuit

« Le site de Feurs n’est pas re­mis en cause, pré­cise la di­rec­trice qui re­con­naît conduire une ré­flexion sur le main­tien des deux lignes d’ur­gences (dont une dé­diée au SMUR, le ser­vice mo­bile). Le constat date de mai 2015 et d’une pré­cé­dente vi­site de l’ARS. L’ac­ti­vi­té est re­la­ti­ve­ment faible en nuit pro­fonde. Seuls trois pa­tients, en moyenne, fran­chissent les portes des ur­gences entre 23 heures et 6 heures et nous tom­bons à 0,39 aux heures les plus sombres. »

Une si­tua­tion d’au­tant moins te­nable, d’un point de vue comp­table, qu’il de­vient très dif­fi­cile de trou­ver du per­son­nel. « Nous n’avons plus as­sez d’ur­gen­tistes pour as­su­rer les gardes, dé­plore Ma­rieAn­drée Por­tier, contrainte de re­cou­rir à de nom­breux in­té­ri­maires. Les per­son­nels tournent, ce n’est pas idéal pour la prise en charge mé­di­cale. »

La re­mise en cause du SMUR n’étant pas en­vi­sa­gée, les ef­forts pour­raient por­ter, à terme, sur les mé­de­cins d’as­treinte rue Ca­mille­Pa­ria. Rien n’est ac­té mais les sup­po­si­tions vont bon train. De quoi aler­ter les élus du sec­teur.

Conseiller d’op­po­si­tion sié­geant à Fo­rez­Est, Jo­hann Ce­sa s’est une nou­velle fois ému, mer­cre­di 22 mars en as­sem­blée, d’une pos­sible fer­me­ture par­tielle sur le cré­neau mi­nuit­8 heures. L’élu a pro­po­sé le vote d’une mo­tion « en fa­veur d’un ser­vice d’ur­gence à 100 % », puisque dans la pers­pec­tive d’une ré­duc­tion des moyens et en cas de dé­part du SMUR sur une ur­gence vi­tale à l’ex­té­rieur (ce qui se pro­duit 4 à 5 fois par se­maine pour une du­rée de 3 à 4 heures), les pa­tients se pré­sen­tant à la porte ne pour­raient être exa­mi­nés que par l’in­terne de garde... « Tout à fait à même de trai­ter la “bo­bo­lo­gie”, a es­ti­mé Jean­Pierre Taite. Sa­chant que l’Uni­té de soins in­ten­sifs en car­dio­lo­gie est là pour les cas graves. »

Le maire de Feurs re­fuse de jouer les « alar­mistes » et de « faire fuir les clients ». Son ho­mo­loge de Bus­sières, Georges Su­zan, plus ha­bi­tué sans doute à rai­son­ner en termes de « pa­tients », re­doute, lui, le dé­cès pur et simple des ur­gences. « Le pro­blème n’est pas nou­veau. On a dé­jà fer­mé la ma­ter­ni­té. Mal­heu­reu­se­ment, on fer­ me­ra d’autres ser­vices. »

Une in­quié­tude que par­tage le co­mi­té de dé­fense du centre hos­pi­ta­lier, conduit par le doc­teur Oli­vier Ni­co­las. Se­lon lui, une nou­velle or­ga­ni­sa­tion ne tien­drait pas compte de l’ac­ti­vi­té crois­sante des ur­gences de­puis quelques mois et de l’aug­men­ta­tion de la po­pu­la­tion de Feurs.

Une éco­no­mie dé­ri­soire face aux dé­penses de Mont­bri­son

L’as­so­cia­tion re­jette par ailleurs les causes du dé­fi­cit sur le site de Mont­bri­son. « La fer­me­ture d’une ligne de garde ne rap­por­te­ra que 160.000 eu­ros par an » es­time­t­elle. Une brou­tille com­pa­rée à « l’in­ves­tis­se­ment pha­rao­nique et dé­me­su­ré du pôle mère­en­fant : 19 mil­lions d’eu­ros », aux pertes su­bies par le ser­vice de soins in­ten­sifs (1 mil­lion d’eu­ros an­nuel) et à la perte non com­pen­sée de l’ac­ti­vi­té chi­rur­gi­cale de Feurs suite à sa fer­me­ture éva­luée à 3,2 mil­lions d’eu­ros. ■

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION.

DE 8 HEURES À MI­NUIT. En cas d’ab­sence du SMUR, oc­cu­pé sur une ur­gence vi­tale, les pa­tients se­raient re­çus par un in­terne.

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