« Sur le vrac, on ne peut pas être seul »

Sé­bas­tien Co­quard, nou­veau pré­sident de la co­opé­ra­tive Aga­my

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Lu­do­vic Daim

Sé­bas­tien Co­quard est le nou­veau pré­sident de la co­opé­ra­tive Aga­my. Ren­contre.

■ Où en est le mou­ve­ment

co­opé­ra­tif ? Je pense qu’il a en­core toute sa rai­son d’être. Le vi­ti­cul­teur qui veut tra­vailler en di­rect doit avoir une vraie si­gna­ture, un vrai po­si­tion­ne­ment. Sur le vrac, on ne peut pas être tout seul, sauf à prendre de gros risques. D’où la stra­té­gie de marques sur la­quelle a tra­vaillé Aga­my avec Si­gné Vi­gne­rons qui s’ins­talle bien en grandes sur­faces : Louis Tête ra­che­tée en 2012 pour les ca­fés, hô­tels, res­tau­rants, Le Chat Rouge qui se dé­cline en rouge, ro­sé, blanc et pé­tillants et en­fin Jas­per, une nou­velle bois­son fes­tive aro­ma­ti­sée ef­fer­ves­cente à base de vin. Ces quatre marques ont la pré­ten­tion de s’adres­ser à toutes les tri­ bus de consom­ma­teurs, comme disent les spé­cia­listes du mar­ke­ting.

■ Aga­my qui re­groupe les caves de Bul­ly, de Quin­cié, de Sain-Bel et de Tre­lins dans la Loire, est la plus grosse co­opé­ra­tive du Beau­jo­lais. Oui, nous re­

pré­sen­tons 500 co­opé­ra­teurs ré­par­tis sur 1.300 hec­tares et 97 com­munes avec un po­ten­tiel de pro­duc­tion de 75.000 hec­to­litres dans 16 ap­pel­la­tions d’ori­gine pro­té­gée et in­di­ca­tions géo­gra­phiques pro­té­gées. Nous sommes le pre­mier pro­duc­teur de ga­may en France.

■ Des ru­meurs ont cou­ru le vi­gnoble sur les dif­fi­cul­tés fi­nan­cières d’Aga­my. Oui, c’est ra­dio écha­las (pi­quets de bois ser­vant à sou­te­nir les ceps. N.D.L.R.). On nous a an­non­cé en re­dres­se­ment ju­di­ciaire. On a dit que chaque co­opé­ra­teur de­vait don­ner 2.500 €. C’est vrai que nous avons eu des dif­fi­cul­tés pas­sa­gères dues à des pe­tites ré­coltes au cours de ces cinq der­nières an­nées et à une va­lo­ri­sa­tion de nos stocks qui n’était pas bonne. ■ À quelle hau­teur se si­tuent les dif­fi­cul­tés ? On fait 16 M€ de chiffre d’af­faires sur l’exer­cice 2015­2016.

■ Pour quelles pertes ? Avec un dé­fi­cit im­por­tant. Mais on a rec­ti­fié le tir, on a ren­con­tré nos par­te­naires fi­nan­ciers qui nous ont main­te­nu leur confiance.

■ Le dé­part du di­rec­teur d’Aga­may, Georges Mo­ne­ger, très axé mar­ke­ting, et le pas­sage à une di­rec­tion col­lé­giale ne mar­quen­tils pas un re­tour aux fon­da­men­taux de la coo­pé­ra­tion ? M. Mo­ne­ger a ap­por­té beau­coup pour com­bler notre re­tard en ma­tière de mar­ke­ting. Il a choi­si une autre orien­ta­tion de car­rière. La mise en place d’une di­rec­tion col­lé­giale n’est pas une re­mise en cause de son ac­tion. Mais nous ne sommes plus en mode pro­jet­dé­ve­lop­pe­ment. Nous de­vons conso­li­der nos ac­quis et maîtriser nos pro­cess.

IN­NO­VA­TION. Sé­bas­tien Co­quard, 36 ans, avec Jas­per.

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