Ma­lades in­vi­sibles aux yeux de la so­cié­té

Les élec­tro­sen­sibles qui vivent dans la Loire se battent pour ob­te­nir une exis­tence pai­sible

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Tho­mas Ri­deau tho­mas.ri­deau@cen­tre­france.com

Au­cune re­con­nais­sance, une exis­tence re­cluse et pré­caire… La vie des EHS (élec­tro-hy­per­sen­sibles) est faite de souf­frances et de com­bats pour faire re­con­naître leur ma­la­die.

D’après Col­lin Dial­lo, ils ne sont que trois élec­tro­hy­per­sen­sibles (ou EHS) re­cen­sés dans la Loire. Il est lui­même at­teint de cette af­fec­tion. « Ici plus qu’ailleurs, vivre est dif­fi­cile. Le dé­par­te­ment ne fait rien pour nous », af­firme l’an­cien di­ri­geant de EHS 42, une as­so­cia­tion qui avait pour but de ras­sem­bler, in­for­mer et faire re­con­naître les éléc­tro­hy­per­sen­sibles du dé­par­te­ment. « La struc­ture n’existe plus. J’ai pré­fé­ré la mettre en veille parce que les membres et moi­même avons su­bi des pres­sions, voire des me­naces… », re­grette Col­lin Dial­lo.

En quête des « zones blanches »

Pour les EHS, le dé­fi est de trou­ver des « zones blanches », des zones sans ondes ou « sans pol­lu­tion éléc­tro­sen­sible », comme pré­fère dire Col­lin Dial­lo. Une dé­marche pa­ra­doxale en plein élan des pou­voirs pu­blics (ou des opé­ra­teurs té­lé­pho­niques) pour re­cou­vrir à tout prix l’in­té­gra­li­té du ter­ri­toire d’un ré­seau Wi­Fi ou 4G. « Il y a en­core des fonds de val­lée épar­gnés. Mais à ce ni­veau­là, pour nous, c’est de la sur­vie », pré­cise Col­lin Dial­lo. L’an­cien di­ri­geant d’EHS 42 ha­bite d’ailleurs dans un ha­meau près de Lu­riecq, dans le Fo­rez, et af­firme ne pou­voir vivre que grâce à la « bonne vo­lon­té » de ses voi­sins, qui « ont ac­cep­té de cou­per tous leurs ap­pa­reils avec des ondes et de les rem­pla­cer par des ou­tils fi­laires ».

« Je suis dé­ten­teur d’un cer­ti­fi­cat du doc­teur Bel­pomme (pré­sident de l’Ar­tac, as­so­cia­tion pour la re­cherche thé­ra­peu­tique an­ti­can­cé­reuse et dont l’éléc­tro­sen­si­bi­li­té est l’un de su­jets de pré­di­lec­tion, N.D.L.R) qui at­teste de mon éléc­tro­sen­si­bi­li­té. Pour­tant, la MDPH (Mai­son dé­par­te­men­tale des per­sonnes han­di­ca­pées) ne re­con­naît pas mon han­di­cap et je ne touche au­cune aide. Je sur­vis grâce aux mi­ni­mas so­ciaux », ex­plique Col­lin Dial­lo.

En par­tie re­ti­ré du mi­li­tan­tisme, il es­saie de sen­si­bi­li­ser la po­pu­la­tion à ce mal ca­ché. « Il y a une grande dif­fé­rence entre les hy­per­sen­sibles et les per­sonnes in­to­lé­rantes. Il y a beau­coup de per­sonnes qui souffrent de la pré­sence des ondes sans être dans l’état ex­trême dans le­quel je me trouve. Mais il y a beau­coup de gens qui peuvent aus­si le de­ve­nir », aver­tit Col­lin Dial­lo.

D’après lui, se dé­con­nec­ter de temps en temps des écrans se­rait un geste vi­tal. « Les gens peuvent de­man­der à leur en­tre­prise de tra­vailler dans un en­vi­ron­ne­ment sans ondes. Et ces der­nières doivent ac­cep­ter, c’est la loi. Mais c’est une loi in­con­nue et, la plu­part du temps, les em­ployeurs re­fusent », re­grette Col­lin Dial­lo. Pour lui, une chose est sûre, « les ondes re­pré­sentent un dan­ger réel et pour­tant en­core lar­ge­ment mé­con­nu ». ■

« Se dé­con­nec­ter de temps en temps est un geste vi­tal »

RE­CLUS. Trois élec­tro-hy­per­sen­sibles vivent dans la Loire.

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