Du sang neuf dans les bars de la place

Chan­ge­ments de pro­prié­taires en cas­cade dans les ca­fés de la place de l’Hô­tel­de­ville

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Montbrisonnais - Jean-Fran­çois Ver­net jean-fran­cois.ver­net@cen­tre­france.com

C’est un grand clas­sique : les ter­rasses com­mencent à res­sor­tir sur la place de l’Hô­tel-de-ville, avec le re­tour du prin­temps. La nou­veau­té se trouve sur­tout der­rière les comp­toirs. En quelques se­maines, trois nou­veaux pro­prié­taires ont re­pris des com­merces au­tour de cette place. Un sa­cré et sou­dain coup de jeune pour le centre-ville.

Ciao Ita­lia. Bon­jour L’En­vert. En oc­tobre der­nier, Sé­bas­tien Taillan­dier a ou­vert son bar, rue des Cor­de­liers, en lieu et place du trai­teur ita­lien te­nu par Gra­ziel­la Con­tri­no. Le tren­te­naire tra­vaillait jus­qu’ici dans la grande dis­tri­bu­tion, au rayon bri­co­lage. Mais ce Mont­bri­son­nais d’ori­gine n’avait pas ou­blié que dans une autre vie, il avait oeu­vré dans une dis­co­thèque.

L’en­vie de re­trou­ver l’am­biance des soi­rées fes­tives l’a convain­cu de se lan­cer et d’ou­vrir son propre bar. En plein coeur de Mont­bri­son. « Je sais que l’été, les ter­rasses sont sou­vent pleines sur cette place. C’est l’un des meilleurs em­pla­ce­ments de la ville », as­sure le jeune homme, dans son éta­blis­se­ment où do­mine la cou­leur verte. « On re­trans­met les matches de l’ASSE et les murs font ré­fé­rence au jeu de mots du nom du bar. » L’ou­ver­ture de L’En­vert a in­suf­flé un nou­vel élan au­tour de cette place em­blé­ma­tique du cen­tre­ville de la sous­pré­fec­ture. Comme un vent de fraî­cheur.

Quelques se­maines plus tard, Le Si­roc­co, en vente de­puis plu­sieurs an­nées, a trou­vé ac­qué­reur en la per­sonne de Sa­bri­na Ni­co­lo­si, 35 ans. Ses pré­dé­ces­seurs, An­ge­lo Pir­re­ra et sa femme, Rose, avaient at­teint l’âge de la re­traite. Forte d’une ex­pé­rience de ser­veuse dans dif­fé­rentes boîtes de nuit de la plaine du Fo­rez, cette jeune femme ori­gi­naire de Feurs et ins­tal­lée à Mont­bri­son de­puis 1998 guet­tait la belle af­faire. Fa­ti­guée d’en­chaî­ner les CDD, elle a lan­cé sa pe­tite en­tre­prise. Après avoir « ra­fraî­chi » la dé­co­ra­tion in­té­rieure, Sa­bri­na Ni­co­lo­si a ou­vert N & S ca­fé ­ les fans de George Cloo­ney ap­pré­cie­ront le jeu de mots ­ le 4 fé­vrier. L’en­seigne de­vrait être ins­tal­lée dans les pro­chains jours. « J’ai vu cette op­por­tu­ni­té sur un site de pe­tites an­nonces. Il existe à Mont­bri­son un réel po­ten­tiel qui est mal ex­ploi­té de­puis la fer­me­ture de la dis­co­thèque Le Sil­ver. Les jeunes n’ont pas un choix im­ mense pour s’amu­ser. Et puis la ville est très tou­ris­tique », sou­ligne la jeune femme qui semble at­tendre avec im­pa­tience la ré­no­va­tion de la place pré­vue dé­but 2018. « Je sa­vais qu’il al­lait y avoir cette pé­riode de tra­vaux mais à terme, ça ne peut qu’être un plus pour les com­merces », ré­sume­t­elle.

À quelques en­ca­blures seule­ment, la de­van­ture rouge du Bar de la mai­rie a cé­dé la place à l’en­seigne Le P’ti Jo­ly de­puis une quin­zaine de jours. L’âge de la re­traite a éga­le­ment son­né pour An­ge­lo Ga­li­fi qui cher­chait, lui aus­si de­puis plu­sieurs mois, à vendre son éta­blis­se­ment.

Va­nes­sa et Lu­do­vic Jo­ly ont fran­chi le pas en ce dé­but d’an­ née. Jus­qu’ici com­mer­cial, Lu­do­vic, 33 ans, a dé­ci­dé de se lan­cer dans cette nou­velle aven­ture pro­fes­sion­nelle.

Une for­ma­tion ac­cé­lé­rée à l’ins­ti­tut Paul Bo­cuse

En jan­vier, ce pas­sion­né de cui­sine a sui­vi une for­ma­tion ac­cé­lé­rée de sept se­maines à l’ins­ti­tut Paul Bo­cuse, à Écul­ly. En plus de la par­tie bar, ce Pi­card ar­ri­vé dans la ré­gion en 2010, pro­po­se­ra, à par­tir du 10 avril, des plats à base de pro­duits frais lo­caux. Son épouse, pro­fes­seure de danse à Bon­son, Su­ry­le­Com­tal et Boën­sur­Li­gnon, l’épaule dans le ser­vice. Eux aus­si ont fait le pa­ri du centre­ville de Mont­bri­son. « C’est une “ville­vil­lage”, suf­fi­sam­ment grande… et pas trop grande, ré­sume Lu­do­vic. Il y a tout ce qu’il faut pour bien vivre ici. On veut dé­ve­lop­per la par­tie res­tau­ra­tion car on s’aper­çoit que pour man­ger à Mont­bri­son à mi­di, il faut très sou­vent ré­ser­ver. » Lui aus­si voit d’un très bon oeil la ré­no­va­tion à ve­nir de la place. « On a eu un ren­dez­vous avec le maire. Ces fu­turs tra­vaux ne sont pas un frein. En plus, la mai­rie nous a pro­mis que le chan­tier se­rait réa­li­sé en trois mois, ce qui ne de­vrait pas per­tur­ber la saison des ter­rasses. »

Si, à la mai­rie, on évoque une pure coïn­ci­dence liée à toute une gé­né­ra­tion de bar­men en fin de car­rière ­ Le P’tit comp­toir, tout en bas de la rue des Cor­de­liers, est éga­le­ment à vendre pour les mêmes rai­sons ­ ces nou­veaux pro­prié­taires semblent per­sua­dés qu’il existe un réel po­ten­tiel à Mont­bri­son. La fu­ture place de la mai­rie ne pour­ra qu’être un atout sup­plé­men­taire… ■

« Il existe un réel po­ten­tiel qui est mal ex­ploi­té de­puis la fer­me­ture du Sil­ver

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CHAN­GE­MENT DE PRO­PRIÉ­TAIRES. En moins de six mois, Va­nes­sa et Lu­do­vic Jo­ly, Sa­bri­na Ni­co­lo­si et Sé­bas­tien Taillan­dier ont re­pris trois bars et res­tau­rants au­tour de la place de l’Hô­tel-de-ville.

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