Couple cherche lo­ge­ment ur­gem­ment

Ch­ris­tian et Jes­si­ca se sentent vic­times du pro­jet d’amé­na­ge­ment de la place Sy­ve­ton

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Vie Départementale - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Il y a deux ans, Ch­ris­tian Bu­chot a ache­té un en­semble im­mo­bi­lier, rue de Lyon, à Boën-sur-Lignon. Sou­hai­tant au­jourd’hui amé­lio­rer son en­trée de ville, la mai­rie a confié le dos­sier à l’Éta­blis­se­ment pu­blic fon­cier de l’ouest Rhône-Alpes (Épo­ra) qui en­tend dé­mo­lir ces deux mai­sons pour re­qua­li­fier la place Sy­ve­ton. Un com­pro­mis de vente a été si­gné mais il se té­les­cope avec un heu­reux évé­ne­ment, l’ar­ri­vée d’un en­fant, et stresse une fa­mille re­com­po­sée qui craint de se re­trou­ver à la rue.

in­quié­tude de Ch­ris­tian Bu­chot et de Jes­si­ca, sa com­pagne, en­ceinte de bien­tôt huit mois, gran­dit un peu plus chaque jour. Ce couple de Mont­bri­son­nais, ins­tal­lé à Boën­sur­Lignon, sait qu’il va de­voir as­sez vite quit­ter son lo­ge­ment du 44 de la rue de Lyon mais ces fu­turs pa­rents ne savent pas où va dor­mir leur fu­tur en­fant.

Une belle plus-va­lue mais…

Le mois der­nier, le gé­ni­teur a si­gné un com­pro­mis de vente pour cé­der un tè­ne­ment im­mo­bi­lier qu’il a ache­té en sep­tembre 2014, deux mai­sons qui sont pro­mises à la dé­mo­li­tion dans le cadre de la re­qua­li­fi­ca­tion pro­gram­mée de l’en­trée de ville de Boën et du ré­amé­na­ge­ment de la place Sy­ve­ton (lire nos édi­tions du 14 jan­vier et du 22 dé­cembre 2016), mais cette fa­mille re­com­po­sée ne par­vient pas à trou­ver un nou­veau lo­ge­ment.

L’Éta­blis­se­ment pu­blic fon­cier de l’ouest Rhô­neAlpes (Épo­ra), man­da­té par la mu­ni­ci­pa­li­té boën­naise pour me­ner ce chan­tier d’ur­ba­nisme, a pro­po­sé 100.000 € à Ch­ris­tian Bu­chot alors que ce der­nier avait in­ves­ti 52.500 € dans son bien qui date des an­nées 50. Ce prix a été éta­bli à par­tir d’une éva­lua­tion de la Di­rec­tion im­mo­bi­lière de l’État (DIE) qui a suc­cé­dé au ser­vice France Do­maine de la Di­rec­tion gé­né­rale des fi­nances pu­bliques (DGFiP), char­gé de la po­li­tique im­mo­bi­lière de l’État, de la ges­tion et de l’éva­lua­tion do­ma­niales. A prio­ri, plu­tôt in­té­res­sant comme plus­va­lue. Le pro­blème, c’est qu’il dis­pose d’en­vi­ron 400 m² dans les­quels ce père d’une jeune femme han­di­ca­pée a amé­na­gé un ap­par­te­ment qu’il a com­men­cé à agran­dir suite à l’em­mé­na­ge­ment de sa com­pagne, à l’été 2015, elle­même ma­man d’un pe­tit gar­çon au­jourd’hui âgé de 8 ans, un vaste ga­rage avec trois places de sta­tion­ne­ment et des mètres car­rés de sto­ckage et une bou­tique de sel­le­rie qui a pi­gnon sur rue. Sans comp­ter le mo­deste mais bien­ve­nu loyer d’un pe­tit lo­cal loué en rez­de­chaus­sée.

La mai­rie prête à ai­der mais…

« Au­jourd’hui, avec les 100.000 € pro­mis, nous n’ar­ri­vons même pas à trou­ver une mai­son avec trois ou quatre chambres », af­firme Ch­ris­tian Bu­chot qui se sent pris en étau et re­grette les mois per­dus. « D’un cô­té, j’étais pra­ti­que­ment obli­gé de vendre car je ris­quais de me voir re­fu­ser toutes les au­to­ri­sa­tions de tra­vaux par la mai­rie qui sou­haite me­ner son pro­jet de ré­amé­na­ge­ment et de l’autre, je ne trou­ve­rai ja­mais un em­pla­ce­ment comme ce­lui­ci, avec toutes les com­ mo­di­tés qu’il nous offre, à un ta­rif abor­dable. Comment al­lons­nous faire ? », s’in­ter­roge le quin­qua­gé­naire.

Le couple a aler­té la mai­rie dès qu’il a ap­pris que la fa­mille al­lait s’agran­dir et la col­lec­ti­vi­té a pro­mis son aide. Bien en­ten­du, il n’est pas ques­tion, pour la mu­ni­ci­pa­li­té et pour l’Épo­ra, de mettre tout le monde de­hors mais le maire de Boën, Pierre­Jean Rochette, concède que « le dos­sier est un peu com­pli­qué. Nous nous sommes en­ga­gés sur l’ac­com­pa­gne­ment de ces deux per­sonnes et nous avions, par exemple, évo­qué l’idée que la ville se porte ga­rant dans le cadre d’un éven­tuel prêt mais ils ne veulent pas em­prun­ter. Leur si­tua­tion fi­nan­cière semble aus­si com­pli­quée. Leurs de­mandes de lo­ca­tion ont été re­fu­sées pour in­suf­fi­sance de re­ve­nus. Nous vou­lons bien ai­der et nous ai­de­rons via le Centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale (CCAS) mais je re­fuse que la mai­rie soit prise au piège. »

L’Épo­ra s’est dé­jà en­ga­gé à prendre en charge les 4.000 € du dé­mé­na­ge­ment. Reste à sa­voir où dé­mé­na­ger. ■

CAM­PING. Ch­ris­tian et Jes­si­ca dorment dans une chambre aux al­lures de sa­lon de­puis qu’ils ont dé­mé­na­gé le buf­fet pour amé­na­ger une chambre pour le fils de la fu­ture ma­man.

RUE DE LYON. Ch­ris­tian Bru­chot af­firme qu’un agent im­mo­bi­lier avait es­ti­mé son tè­ne­ment boën­nais à 200.000 €.

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