Un col­lègue ab­sent très pré­sent

Le juge or­donne un sup­plé­ment d’en­quête après un ac­ci­dent

Le Pays Roannais (Montbrison) - - Faits Divers - Justice - Ro­dolphe Mon­ta­gnier ro­dolphe.mon­ta­gnier@cen­tre­france.com

Convo­qué pour avoir re­fu­sé de se sou­mettre à un dé­pis­tage d’al­coo­lé­mie après un ac­ci­dent de la cir­cu­la­tion à Saint-Étienne dans le­quel il dit ne pas être im­pli­qué, un quin­qua­gé­naire de Chambles a ob­te­nu un sup­plé­ment d’en­quête. Aux po­li­ciers de vé­ri­fier qui était au vo­lant cette nuit de jan­vier der­nier, lui ou l’un de ses col­lègues de tra­vail, comme il le pré­tend.

Si Mon­sieur Pe­rez existe et qu’il a bien ten­té de s’ex­pli­quer au­près des po­li­ciers char­gés d’en­quê­ter sur un ac­ci­dent de la cir­cu­la­tion sur­ve­nu en jan­vier der­nier dans le quar­tier de Châ­teau­creux, à Saint­Étienne, il a in­té­rêt à se sou­ve­nir de ce qu’il s’est pas­sé dans la nuit du 5 au 6 jan­vier. Son té­moi­gnage est très at­ten­du.

Un vé­hi­cule ac­ci­den­té

Par Fran­çois Bou­riaud d’abord qui pré­si­dait l’au­dience de la 3e chambre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Saint­Étienne le 31 mars der­nier. Après avoir étu­dié le dos­sier, en­ten­du la ver­sion du pré­ve­nu puis les ré­qui­si­tions du vice­pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, An­dré Merle, et en­ fin les ar­gu­ments de Me Louis Cor­nillon, l’avo­cat de la dé­fense, le ma­gis­trat a de­man­dé un sup­plé­ment d’in­for­ma­tion afin d’in­ter­ro­ger ce fa­meux M. Pe­rez, per­son­nage cen­tral ab­sent à l’au­dience mais dont le nom est re­ve­nu tout au long d’une pro­cé­dure ou­verte le 6 jan­vier.

Il est un peu plus de 3 heures du ma­tin quand une pa­trouille de po­lice in­ter­vient près de la gare SNCF. Une Peu­geot 206 est sta­tion­née au mi­lieu de la chaus­sée. Ou plu­tôt aban­don­née car le vé­hi­cule est ac­ci­den­té. Il ap­par­tient à un homme do­mi­ci­lié à Chambles mais qui est sur place. Al­coo­li­sé à en croire deux té­moins qui, sor­tant d’une dis­co­thèque, ont été abor­dés par cet in­di­vi­du qui « sen­tait l’al­cool » et qui « avait un lé­ger ac­cent ». Ils as­surent que l’homme qui « por­tait une écharpe du Por­tu­gal » au­tour du cou, leur a dit qu’il condui­sait quand est sur­ve­nu l’ac­ci­dent. Mais lui af­firme que c’est son fils qui était au vo­lant. Un peu plus tard, il dé­si­gne­ra un col­lègue de tra­vail, un cer­tain M. Pe­rez ­ nous y voi­là ­ qui s’était vo­la­ti­li­sé dans la na­ture quand les po­li­ciers sont ar­ri­vés.

Qui était au vo­lant ?

C’est ce der­nier qui au­rait per­du le contrôle du vé­hi­cule qui lui a été prê­té par le pré­ve­nu. Le­quel pro­met qu’il n’a plus conduit après 17 heures. Sous­en­ten­du, il avait conscience que son état ne lui per­met­tait pas de prendre un vo­lant. Cet état n’a d’ailleurs ja­mais pu être éva­lué puis­qu’il a re­fu­sé de se sou­mettre aux vé­ri­fi­ca­tions des­ti­nées à quan­ti­fier son al­coo­lé­mie. « J’ai pas confiance en leur truc », ba­lance­t­il au pré­sident Fran­çois Bou­riaud.

Le ma­gis­trat sait que ce Cham­blous se dé­bat avec des pro­blèmes d’al­cool de­puis deux ans, qu’il suit un trai­te­ment et qu’il a deux condam­na­tions à son ca­sier ju­di­ciaire. Dont une da­tée d’oc­tobre 2014 as­sor­tie d’une sus­pen­sion du per­mis de conduire pen­dant un an. Il a, de­puis, re­pas­sé l’exa­men et ré­ob­te­nu son sé­same rose. Et il a bien com­pris que tout l’en­jeu tour­nait au­tour de ce titre.

La re­laxe re­fu­sée… pour l’ins­tant

Son es­poir s’ap­pelle M. Pe­rez qui a quit­té les lieux car ils ont « failli se ta­per sur la fi­gure ». Le pré­ve­nu as­sure que son col­lègue de tra­vail a en­suite ap­pe­lé le com­mis­sa­riat pour dire que c’était lui qui condui­sait mais qu’on a re­fu­sé de l’en­tendre.

Fa­daise pour An­dré Merle qui ne croit pas un ins­tant à la dis­pa­ri­tion du col­lègue le soir de l’ac­ci­dent. « Le pré­ve­nu est en ré­ci­dive et il sait qu’il va perdre son per­mis », es­time le vice­pro­cu­reur qui re­quiert la ré­vo­ca­tion d’un pré­cé­dent sur­sis, six mois d’un sur­sis avec mise à l’épreuve (SME) pen­dant deux ans et l’an­nu­la­tion du per­mis avec in­ter­dic­tion de le re­pas­ser avant douze mois ain­si que 300 € pour l’amende.

Après avoir plai­dé la re­laxe au mo­tif que, puisque per­sonne n’avait pu consta­ter l’in­frac­tion de vi­su, cette der­nière n’était pas ma­té­ria­li­sée et ne pou­vait pas être re­pro­chée à son client, Me Louis Cor­nillon a ob­te­nu le com­plé­ment d’ins­truc­tion. « Al­lô, M. Pe­rez ? » ■

Ce Cham­blous risque en­core son per­mis

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